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Mobilité réduite

Publié le 27 juillet 2008 par Malesherbes
La vie en société n’est pas possible en l’absence de loi. Mais la loi se doit d’être la plus générale possible. Il n’est rien de pire que la loi à fins individuelles. Songeons à la décision du Conseil Constitutionnel venant opportunément en 1999 au secours du Président Chirac ou tout récemment à celle du Parlement Italien se portant à la rescousse du Président du Conseil Berlusconi. Rétrograder le droit du travail du niveau national à celui de l’entreprise comme l’a décidé il y a quelques jours notre Parlement est une aberration. Une information récente vient de nous démontrer qu’en ces temps de libéralisme effréné la bonne évolution est en sens inverse, cheminer de l’individuel au supranational : désormais, les aéroports de l’Union européenne devront mettre en place un service d’aide aux personnes à mobilité réduite.
Selon la doctrine chère à Monsieur Bertrand et consorts, on aurait pu laisser à chaque compagnie aérienne le soin de fournir, ou de ne pas fournir, une assistance aux personnes handicapées. Et il ne manquait pas de raisons pour agir en ce sens : ainsi, par exemple, certaines compagnies ont une infrastructure trop légère pour supporter cette charge, tandis que d’autres, les compagnies à bas coût, veillent à facturer sous forme de supplément toute prestation complétant le seul transport brut. Dans une logique commerciale, on pouvait aussi considérer qu’il importait de laisser à chaque compagnie la possibilité de s’accorder un nouvel avantage concurrentiel.
Non, on a préféré confier la responsabilité de cette aide aux aéroports, attitude par ailleurs aisément justifiable par le fait qu’il s’agit de services à fournir au sol. On aurait pu rejeter cette obligation au motif qu’elle risquait d’imposer à des aéroports aux capacités modestes une contrainte pouvant compromettre leur rentabilité. D’autre part, l’occasion d’amener vers le transport aérien une clientèle nouvelle qui n’y avait pas accès jusqu’alors a vraisemblablement été prise en compte mais on aurait pu l’abandonner à la logique du marché, ce juge tutélaire si bienfaisant. Félicitons-nous de ce que la notion d’égalité ait prévalu.
Allons Xavier, mon bon ministre des patrons, si doux, si calme, si gentil, la modernisation tant vantée par nos gouvernants, c’est progresser du particulier vers l’universel, pas l’inverse !

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