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Julien Doré [ Erzatz]

Publié le 28 juillet 2008 par Lulla

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Le premier album de Julien Doré, Erzatz, est parfaitement à son image : tantôt séduisant, tantôt agaçant. On ne sait pas sur quel pied danser. Quand il se la jouecrooner, il est plutôt crédible (Pudding Morphina). Il a ce coté poéte mal-aimé qui lui va bien. On sent très nettement l`influence de Bashung mais c`est une bonne réfèrence alors il n`y a pas de raison de le lui rapprocher. Quand il fait un duo avec Arno (De mots), ma foi, on se dit qu`il se débrouille bien le petit. Il y a un an il triomphait à La Nouvelle Star et maintenant il chante avec un artiste dont il est fan. Après, faut aimer le style d`Arno, ce qui n`est pas mon cas. C`est la chanson qui clôture l`album et j`ai à chaque fois l`impression d`être dans un bar miteux en train d`écouter deux pochtrons qui ne vont pas tarder à s`écrouler sur leur table.

Il y a deux types de chansons dans cet album : les mélancoliques et les délirantes. Ma préfèrence va très nettement pour les mélancoliques. La plupart ont été écrites et composées avec les deux membres du groupe Cocoon (dont je ne me lasse pas de l`album, voir ma critique ICI) On entend d`ailleurs à plusieurs reprises la chanteuse du groupe dans les choeurs. Ca apporte une très jolie douceur à l`ensemble. Ainsi, Los AngelesAcacia et surtout Les bords de mer sont de très belles chansons : simples, dépouillées, gentiment poétiques. "Les bords de mer sont des posters où rien ne bronche" Dans les mélancoliques, c`est certainement Bouche Pute qui se distingue le plus, avec son texte très imagé ("Un jour j`irai pisser sur tes hanches") et sa longue partie instrumentale bien maîtrisée. Piano Lys est pas mal non plus, plus proche de ce que peut faire Benjamin Biolay (et ça, j`aime !).

De l`autre coté, il y a les "délirantes". Et là, je suis beaucoup moins convaincu. First Lady passe encore malgré son coté très ringard (sûrement assumé). La reprise de SS in Uruguay est agaçante à la longue et puis comme je ne connais pas l`originale (excusez mon inculture), ça ne me choque pas. Si en théorie je ne les déteste pas, dans les faits, je les zappe quasi-systématiquement. Figures Imposées est molle et sans grand intérêt, encore assez ringarde façon Alain Chamfort. J`ai rien contre ce dernier mais on ne sort pas en 2oo8 un titre qui semble tout droit venir des années 8o avec un synthé supra cheap. Julien Doré veut nous faire croire que le comble du chic c`est le cheap mais c`est trop facile. Bon et puis ensuite il y a ce que je considére comme des gros ratés, des délires qui ne font rire que Doré et ses potes : Dans tes rêves (une suite de name-dropping qui n`a ni queue ni tête et qui fait très péteux),J`aime pas (d`un ennui intersidéral même quand la musique s`emballe) et Soirées Parisiennes, un trip façon jeunesse dorée auquel je n`adhére pas franchement, du mauvais Philippe Katerine. Quant au single Les Limites, elle est efficace même si l`overdose commence à poindre.

En clair, un album assez inégal mais tout à fait à l`image de Julien Doré. Beaucoup de mélancolie, une touche d`élitisme, des délires hermétiques et une voix intéressante. Cet album est vraiment intéressant, à condition d`être dans le même délire que l`artiste. Un peu plus de sincérité et d`humilité n`aurait pas nuit à l` ensemble.


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