Magazine

Les étés de la danse au Grand Palais, Paris 2008

Publié le 28 juillet 2008 par Magda

“Noces” de Stijn Celis

Ce soir, j’étais à la générale de presse du Programme 2 des étés de la danse au Grand Palais édition 2008. Les étés de la danse, festival vieux de trois petites saisons seulement, ont commencé, cette année, le 21 juillet, et se clôtureront le 9 août.

L’invité de cette programmation? Les Grands Ballets Canadiens. Ok, why not? Et ce soir, qu’est-ce qu’on voit?

TooT, une chorégraphie de la Néerlandaise Didy Veldman, sur une partition de Chostakovitch. Ennuyeuse élucubration qui brode autour du thème du cirque et ne centre pas son propos. Gestes illustratifs, bouffonneries inutiles, scénographie limite ringarde avec morceaux d’alu qui se déplacent au gré des envies des danseurs. Une danse molle, peu technique, et des arrangements douteux avec la somptueuse musique de Chostakovitch.

Noces, du Belge Stijn Celis, sur une musique de Stravinsky. La sauce reprend. Douze mariées aux robes en lambeaux face à leurs époux en costume. Une danse irlandaise qui tourne mal autour de l’impossibilité de communiquer entre hommes et femmes. Une fête macabre. Les corps jaillissent, tous unis dans de beaux mouvements d’ensemble, les femmes deviennent poupées, les hommes chasseurs. Elles fuient toutes - ils finiront par les hypnotiser d’amour, et les emporter comme de délicates statuettes immobiles sur leur épaule… Emouvant. Cela dit… faut aimer Stravinsky. Rude-rude, parfois, l’ami russe, non?

Six dances, de Jiri Kylian, sur une partition de Mozart. Divin, évidemment… c’est Jiri Kylian. Le chorégraphe tchèque qui nous prouve, depuis 1975, que la danse classique ne meurt jamais et que relevée à la sauce épicée, comme lui seul sait la faire, elle a plus d’un tour dans sa demie-pointe! La danse est drôle, violente, désarticulée dans une discipline de fer. Les jambes volent très haut, les têtes se contorsionnent, les mains jouent. Techniquement, c’est inégalable. Et puis, Mozart! Kylian est dans le baroque comme dans un chausson. Voir ces danseurs s’éclater avec autant de niveau, autant de grâce, autant d’humour, dans une prise d’espace aussi magistrale, dans des duos aussi jouissifs, ça m’a fait rentrer illico à la maison pour fouiller mes cartons de déménagement : ils sont où ces p***** de chaussons de danse? Et ce f**** justaucorps noir? C’est décidé, je m’y remets!

En dépit de la première pièce, foirade totale à mes yeux, je vous recommande la soirée pour les deux secondes parties, qui valent le détour. Petit bémol, mesdames et messieurs des Etés de la danse au Grand Palais : qui vous a donné l’idée de fliquer les spectateurs comme dans un aéroport? On ne sort pas avec son verre (de San Pellegrino, ça va, c’était pas de la bibine), on sort sur le côté pour fumer sa clope et on doit revenir au centre sous peine de se faire hurler dessus par un vigile… bon, c’est vrai, j’aurais pas dû m’en griller une en douce au bar.

Sans rancune.

Tout sur les tarifs, les dates, l’accès au Grand Palais : www.lesetesdeladanse.com


Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Magda 59 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte