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S'il n'en reste qu'un...

Publié le 29 juillet 2008 par Joachim
A mon tour de répondre à ce questionnaire. Ou dit autrement: qu'est-ce qui reste de toutes ces heures de cinéma quand on a tout oublié ?
Un film : Il y en a tellement, mais aujourd’hui disons Adieu Philippine (Jacques Rozier) parce que ce film est tout entier fait de l’humeur la plus estivale qui soit.
Un réalisateur : Il y en a tellement, mais aujourd’hui disons Stanley Donen pour avoir eu la chance, l’honneur, le privilège et le bonheur de diriger Fred Astaire et Audrey Hepburn.
Une histoire d'amour : La garçonnière (Billy Wilder)
Un sourire : A peu près tous ceux d’Audrey Hepburn
Un regard : A peu près tous ceux d’Audrey Hepburn
Une actrice : A votre avis...
Un acteur : Ben tiens, Albert Finney puisqu’il a eu la chance, l’honneur, le privilège et le bonheur d’être marié à Audrey Hepburn dans Voyage à deux (Stanley Donen) et puis Mel Ferrer qui a eu la chance, l’honneur, le privilège et le bonheur d’être marié à Audrey Hepburn, mais pour de vrai, lui qui a dû en faire des jaloux…
Un début : Celui de Huit et Demi (Federico Fellini) – peut concourir aussi dans les catégories « scène clé, rêve, révélation, choc tout court ».
Une fin : La règle du jeu (Jean Renoir), pas spécialement la fin d’ailleurs, mais le mouvement dramatique général du film et son accomplissement.
Un générique : Celui de fin de La splendeur des Amberson: « I wrote the script and I also directed this movie (or something like that). My name is Orson Welles (ça, j’en suis sûr) »
Une révélation : Catherine Mouchet dans Thérèse (Alain Cavalier) et le film lui-même aussi.
Un gag : A peu près tous ceux des Vacances de Monsieur Hulot, Mon oncle et Playtime (Jacques Tati).
Un fou rire : Le rire d’Amadeus (Milos Forman), celui qui sied aussi bien au génie qu’à l’imbécile.
Une mort : Celle que l'on croit voir surgir derrière chaque reflet et chaque éclat de cette séquence

The lady from Shanghai (Orson Welles 1947)
Une rencontre d'acteur (et aussi un générique d’ailleurs) : L’éloge de Michel Simon par Sacha Guitry dans La Poison (1951).

Un baiser : Celui qu’on attend dans tout In the mood for love (Wong Kar Wai) et qui ne vient jamais.
Une scène d'amour: La scène d’amour à trois entre Bo Derek, Dudley Moore et le boléro de Ravel dans Ten (Blake Edwards 1979). A ma connaissance, l’une des seules scènes d’amour comique où le burlesque ne tue pas le désirable. Sinon, celle dans le noir charbonneux de Pola X (Leos Carax 1999) aussi. Incroyable. Elle sauve presque le film à elle toute seule.
Un plan séquence :

Touch of evil (Orson Welles 1958) Un plan tout court: Tous les plans de Persona (Ingmar Bergman 1966)… sinon ça:I walked with a zombie (Jacques Tourneur 1943)
Un choc plastique en couleurs: les couleurs des fresques qui s’effacent pendant les travaux du métro dans Fellini Roma. Un choc plastique en noir et blanc : Un chien andalou (Bunuel et Dali)
Un choc tout court: Les sept (huit ? neuf ?) heures de La maison des bois (Maurice Pialat) avalées d’une traite au festival de La Rochelle en 2005.
Un artiste surestimé : Un traumatisme : Un quart d’heure de Passe ton bac d’abord (Maurice Pialat) vu à la télé, alors que je devais avoir 10 ans. Première expérience du naturalisme frontal. Bien que j’y voie Didier Six marquer au stade Bollaert, j’ai l’impression que tout est laid et déprimant. Oui, du haut de mes dix ans d’enfant bourgeois, je me demande comment on peut faire un film sur un environnement pareil. Quelle honte rétrospective. Je n’étais pas préparé. Toujours pas (re)vu depuis. Un gâchis : Catherine Mouchet devrait avoir plus de rôles qu’Isabelle Huppert.
Une découverte récente : Les deux films de Jack Hazan : A bigger splash et Rude Boy.
Une bande son :
Le silence (Ingmar Bergman 1963)
Un somnifère : Le regard d'Ulysse (Theo Angelopoulos 1996)
Un monstre : Leopard man (Jacques Tourneur) Un torrent de larmes : Et la vie continue et Au travers des oliviers (Abbas Kiarostami). Pas de nature très lacrymale au cinéma (mes canaux sont peut-être asséchés) mais ces deux-là m’ont procuré une émotion intense, profonde et incarnée. Sinon After life (Kore-Eda 1998).
Un frisson : La course de Denis Lavant dans Mauvais sang… (mais je ne dois pas être le premier à donner cette réponse)
Un artiste sous-estimé : Au risque de me répéter, Jerzy Skolimowski
Un rêve : Gerry (Gus van Sant)
Un fantasme : Il fera l’objet d’une toute prochaine note, mais je préviens tout de suite, il n’y a rien de polisson là-dedans… Plutôt un fantasme de vie, dans un environnement de cocagne, si loin et si quotidien à la fois, un environnement chimérique que je connais pourtant comme ma poche, proximité rendue possible uniquement par le cinéma.

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