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EP - SUGARFUNGUS - Letting Go, Moving Still

Publié le 03 avril 2022 par Concerts-Review
EP - SUGARFUNGUS - Letting Go, Moving Still

EP - SUGARFUNGUS - Letting Go, Moving Still

(Independent)

michel

Sugarfungus, un nom étrange pour un groupe pop, t'as voulu en savoir plus. Tu imagines que les jeunes de Vancouver ont lu l'oeuvre du botaniste Nicholas Money intitulée "The Rise of Yeast: How the Sugar Fungus Shaped Civilization", un bouquin, paraît-il, lisible, même si la science, la diététique, l'agriculture, la fabrication du pain ou la mycologie sont des notions parasites pour ton cerveau primaire.

Un article publié par Books en 2018 disait:.. Saccharomyces cerevisiae, les champignons unicellulaires qui permettent de faire lever la pâte, sont arrivés sur nos tables dans les premiers vins et bières, explique le microbiologiste Nicholas Money dans The Rise of Yeast....

T'as commandé le bouquin sur Amazon, tu le liras quand on t'aura casé dans un Ehpad.

Revenons à SUGARFUNGUS, le groupe qui nous a proposé d'écouter son EP 'Letting Go, Moving Still' .

Il naît en 2020, durant la pandémie, que les petits Chinois ont eu la bonté de partager avec l'univers entier.

The 5-piece collective describes themselves as "introverts making dance music" , as-tu lu sur Auteur Research.

Line-up: lead singer, Tess Meckling/ bassist, Alex Marr,/lead guitarist, Bradan Decicco/ keyboardist, Jackson Moore, and drummer, Ivan Barbou.

Tess a étudié le jazz piano et pris des cours de chant, on a retrouvé un clip sur lequel, d'une voix suave, elle chante le standard 'These Foolish Things'. Alex, travaillant pour la Driftwood Brewery, a peut-être eu l'idée du nom de groupe. Bradan a fait partie d'un Tribute to Rush:

in a wine yeast genetics lab) et forcément, ils se sont retrouvés dans le combo.

Ivan, qui tient les baguettes, a produit l'album et se définit comme film composer ( e a, la B O de ' Guiltless') et sound designer.

'Letting Go, Moving Still' . tracks

What's A Used One Worth?

Pochette florale ( signée Katrina Wong) : calice, corolle, androcée et gynécée dans les tons bleus, cinq tiges plus sombres, travail épistolaire sous les centaurées ou les scabieuses (t'es pas horticulteur, sorry).

SUGARFUNGUS en caractère majuscule , le titre de l'album est calligraphié.

' Catch & Release' repose sur une ligne de basse qui pulse joliment, là-dessus se greffe un fond synthétique aérien, tandis que la voix caressante de Tess, qui murmure le refrain ...Can't see the forest for the trees, Oh I'm losing focus, Guess this is catch and release, My heart is a lonely hunter... , semble flotter dans un azur cotonneux, transformant la plage en dream pop track délicat.

'Retrospect' baigne dans les mêmes climats éthérés, cet indietronica, finement ciselé, se rapproche des délicates productions de Beach House, London Grammar ou Lush.

Comme sur le titre précédent, la basse caracole joyeusement, un drumming électronique accompagne ses arabesques. Après 2'30", une guitare nébuleuse vient colorer la mélodie, oh, pas question de nous jouer un solo flashy, tout reste dans la modération et la sobriété, juste ce qu'il faut pour engendrer un contrepoint moins alangui aux bruissements sophistiqués façonnés par Tess.

Que répondre à la question, 'What's a Used One Worth?'.

Il faut recycler, d'accord, tu t'es fait larguer, que vaux-tu, qui va te remettre en état quand tu n'es plus que ...ash of your old cigarette...

Il y a de quoi être frustré et dépité, Tess nous raconte tout ça dans une confession imagée, reposant sur un fond sonore synth pop minimaliste et passablement sautillant.

Bizarrement, les gimmicks au synthé évoquent chez toi des images d'un vétéran des eighties, Howard Jones, qui lui aussi montrait de sérieux penchants pour un univers où la mélancolie prévalait.

Non, tu ne verras ni Patrick Swayze, ni Demi Moore, dans le film ' Ghosts' proposé par SUGARFUNGUS, par contre, tu entendras une élégante ballade aux éléments light jazz ( joli piano)/ shoegaze, portés par une voix diaphane convenant à la perfection au sujet romantique.

Et si tu n'as aucune envie de contempler tes pieds, tu peux admirer le ciel où des cirrus filamenteux dégagent un sentiment de plénitude et de félicité, et même si tu ne crois pas aux fantômes, tu reverras celui, ou celle, que tu aimais.

'Contagious Love' présente les mêmes attraits interstellaires que les productions intimistes, en clair-obscur, de groupes tels que M83 ou Air.

Call it ambient, chill trip hop or atmospheric soundscape, aucune importance, la combinaison séduit, en effleurant à peine tes pavillons. Tout est minutieusement arrangé, de l'instrumentation impressionniste, évoquant les compositeurs classiques de Debussy ou Sibelius, à la voix, semblant immatérielle, de Tess Meckling.

Mieux vaut être contaminé par l'amour que par un vilain virus s'attaquant à tes voies respiratoires.

L'extended play s'achève par le nostalgique ' Play Dead' , un titre que le groupe dit être inspiré par Halloween et comment la perception de la fête évolue en fonction de ta condition.

En devenant adulte, tu n'abordes plus la célébration folklorique comme lorsque tu étais enfant.

Musicalement le groupe ne s'éloigne en rien des schémas précédents, "We are all fans of groovy/dreamy songs that explore emotions of sadness and catharsis, a theme carried through our EP" , indiquait-il en te proposant d'écouter un EP, qui doit ravir tous les fans de textures sonores vaporeuses et de voix murmurées.

Un band prometteur, à tenir à l'oeil!


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