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Peau d’homme

Par Belzaran
Peau d’homme

Titre : Peau d’homme
Scénariste : Hubert
Dessin : Zanzim
Parution : Avril 2020


« Peau d’homme » restera hélas comme l’un (le ?) des derniers livres d’Hubert. Paru deux mois après sa mort, il fait office de testament. Au dessin, on retrouve Zanzim dont j’avais apprécié l’ouvrage « L’île aux femmes ». Ici, une jeune héritière peut revêtir une peau d’homme comme l’indique la couverture soignée. Que va-t-elle en faire et pourquoi, voilà ce que les éditions Glénat nous proposent de découvrir dans cet ouvrage de 150 pages.

Un ouvrage féministe, mais pas seulement.

Bianca est une jeune fille de bonne famille. On lui arrange un mariage avec un homme qu’elle ne connaît pas. Elle se réjouit d’être mariée au fils et non au père. Dans cet univers moyenâgeux, seuls les intérêts sont à l’œuvre. Mais la jeune fille va découvrir, grâce à sa tante, la possibilité de revêtir une peau d’homme. L’occasion rêvée pour découvrir qui est réellement son futur mari ?

Peau d’homme

Au départ, on aborde « Peau d’homme » comme une fable féministe. Une femme va pouvoir vivre une existence d’homme et ainsi se libérer des interdits qui l’enchaîne. C’est le cas, mais bien plus que cela. Les auteurs exploitent le thème du tabou sexuel de façon profonde. On le voit dans l’intime, mais aussi dans la société par le prisme de ce frère religieux qui blâme les femmes tentatrices. Prostitution, homosexualité, transformisme… De nombreux thèmes sont abordés avec un esprit très positif. « Peau d’homme » combat clairement le tabou et la censure.

Au-delà de l’aspect féministe (et bien plus), l’ouvrage est aussi une belle histoire pleine de sensibilité entre Bianca et son futur mari. Leurs sentiments à eux deux sont bien amenés dans cette situation ubuesque et on est touché par les personnages. La pagination importante permet aussi ces évolutions et ce traitement. Certes, l’ouvrage est long, mais il ne se regarde pas parler : il développe.

Au niveau du dessin, je ne suis pas un grand fan du trait de Zanzim. Cependant, son dessin est efficace et lisible. On s’y habitue et il fonctionne dans le sens où l’on est touché par les expressions des personnages. Lorenzo, androgyne, est particulièrement réussi : on le voit garçon, fille, on ne sait pas vraiment. Certaines pleines pages permettent de montrer les personnages se déplaçant à différents niveaux dans le décor, à la façon des peintures du Moyen-Âge où une histoire pouvait être racontée sur un seul panneau de bois. On retrouve ce même procédé dans « L’Âge d’Or » dessiné par Pedrosa.

Peau d’homme

« Peau d’homme » est un ouvrage réussi. Partant d’une idée simple, les auteurs la développe pour en faire bien plus. Porté par des idées progressistes, le livre n’en oublie pas pour autant d’être touchant en développant de beaux personnages. À lire !

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