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Effet Hormesis

Par Jperino @Jonoripe

220px-Taipei_Skyline_2020.jpgÀ Taïwan, il y a environ 20 ans, 10000 personnes ont subit de fortes doses d’irradiation pendant plusieurs années. Entre 9 et 200 fois la dose annuelle naturelle et ce pendant une période de 9 et 20 ans.

Cette cohorte à été étudiée et on a constaté chez elle 30 fois moins de décès par cancer que dans une population témoin.

Explication :

180 immeubles, représentant environ 1700 appartements, ont été construits avec du béton dont le ferraillage était contaminé au cobalt- 60, élément radioactif utilisé en médecine comme source de rayonnements. L’irradiateur contenant cette source a été vendu à un ferrailleur qui récupérait ainsi le métal mais supposait, ce qui aurait été logique, que la source radioactive avait été ôtée, ce qui n’était pas le cas.

Il émanait donc des murs de ces immeubles une radioactivité qui irradiait tous les occupants de ces 1700 appartements occupés depuis 20 ans.

Il a été possible d’établir les valeurs de doses reçues par ces 10 000 habitants : les appartements les plus émetteurs de rayonnements présentaient un débit de dose de 500 millisieverts par an (mSv/an)

Ainsi, l’excès de dose moyenne subi par ces habitants a été, compte tenu de la situation de leur appartement et de la durée de leur séjour dans ces lieux, de 400 mSv. Les excès les plus élevés ont été de 6 000 mSv, ce qui correspond à 250 ans d’irradiation naturelle.

Devant cette forte irradiation, les chercheurs ont calculé le nombre de cancers dits « naturels » qui auraient affecté une population témoin identique à celle concernée (même âge, même cadre de vie, ...) puis ont estimé le nombre de cancers attendus dans cette cohorte irradiée.

Les décès par cancers dits « naturels » attendus ont été estimés à 217 ; pour les 10 000 Taïwanais irradiés, les calculs ont donné 287 décès par cancer (217 « naturels » auxquels s’ajoutaient 70 dus à l’irradiation).

Les résultats ont été surprenants : on n’a constaté sur ces 10 000 personnes « que » 39 décès par cancer, soit 18 % par rapport à n’importe quelle autre population identique, mais n’ayant pas subi cette forte irradiation.

Scientifiquement, ces résultats s’expliquent par un phénomène connu depuis longtemps : « l’effet Hormesis ». Depuis la nuit des temps, les organismes vivants «baignent» dans la radioactivité naturelle.

Les cellules vivantes se sont donc naturellement adaptées. Elles ne sont ni passives ni isolées quand elles sont irradiées mais elles réagissent vite et efficacement en mettant en jeu des mécanismes de défense adaptés à la dose.

Ces mécanismes dépendent notamment du nombre et de la nature des lésions cellulaires. Presque le tiers des gênes d’une cellule sont dévolus à ces mécanismes protecteurs.

Plus ces mécanismes sont sollicités, plus ils sont capables de réparer des lésions. C’est un processus identique à l’entraînement du sportif.

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L’effet Hormesis est ce qui permet au vaccin d’être efficace. Un phénomène que les antivax n'arrivent pas à comprendre.

Connu depuis longtemps puisque le roi Mithridate (vers 120 avant JC) avait tenté de s'immuniser contre les poisons ce qui a donné le verbe de mithridatiser et mithridatisation. 

« C'est la dose qui fait le poison » disait Paracelse vers 1500 et quelque.

l'hormèse du grec ancien : ὁρμή / hormḗ, "mouvement rapide d'impatience" est une réponse de stimulation des défenses biologiques à des expositions de faibles doses de toxines ou de stress.


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