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Retour sur notre rencontre avec Olivier Babinet pour Normale

Par Filou49 @blog_bazart
mercredi 12 avril

En salles depuis désormais une semaine, Normale est une fable inégale mais généreuse et romantique, drôlement touchante et une proposition de cinéma intègre où le visuel et l’émotionnel font jeu commun avec délicatesse et originalité et qui mérite assurément le coup d'oeil..  

A la fin du mois de mars, le réalisateur Olivier Babinet la comédienne Justine Lacroix et l'incroyable Benoît Poelvoorde avaient accepté de répondre à nos questions et d'être sous l'objectif de notre photographe...  Résultats en quelques mots et en quelques clichés :   

babinet

polevorde

  « Ce film montre qu’un collège (ou un lycée) peut être un endroit très cinématographique, très coloré, très beau. Mais le film n'est pas du tout dans la réalité, on y flotte un peu. C’est d’ailleurs pour ça que j’aime aller au cinéma : pour ne pas être exactement dans la réalité.

 Il y a  une certaine continuité entre l’approche de David Greig l'auteur de la pièce dont est tiré le film et la mienne. Mon film Swagger est né d’une série d’ateliers cinéma que j’ai animés dans un collège d’Aulnay-sous-Bois : les élèves que j’ai accompagnés sur plusieurs années sont devenus les figures charismatiques du documentaire. Déjà, on voyait de jeunes gens s’essayer à la fiction, se bricoler une rêverie, fantasmer leur vie adulte et leur émancipation de la cité…

Je considère avoir fait avant tout un film sur l’adolescence. Tourner Swagger m’a renvoyé à ma propre adolescence, tout comme l’équipe, qui était constituée de jeunes mais aussi de chefs de postes plus aguerris, qui se sont replongés dans leur propre jeunesse."

PHOTO OLIVIER BABINET

"De même, David Greig a écrit Monster in The Hall au fil d’un atelier théâtre mené dans une banlieue d’Écosse, auprès d’une classe de « jeunes aidants », c’est-à-dire des adolescents qui s’occupent d’un parent isolé, malade, toxicomane ou alcoolique. Ce qui est donc le cas de son héroïne, qui est devenue Lucie dans Normale. Greig a prévenu les élèves qu’il se servirait de cette expérience pour rédiger une pièce.

Plutôt que faire un ersatz de cinéma hollywoodien, j’avais envie de représenter une vie d’adolescente traversée par des mythologies lointaines. Dans la mesure où sa personne, comme la mienne, (et l’actrice qui l’incarne) est nourrie de cet imaginaire, je pense que ces influences n’ont rien d’incompatible avec la véracité du quotidien que j’essaie de mettre en scène."

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"Quand je filme un acteur comme Benoît, qui est presque un genre en soi, j’ai besoin de changer de regard sur lui en déconstruisant ce genre-là.

Cela passe par la transformation physique, montrer ses jambes fines, réinventer sa chevelure avec un mulet — Benoît a mis un certain temps avant de se laisser faire ! —, exposer ses fragilités… Il ne fallait pas seulement le faire boiter, mais aussi le métamorphoser comme on ose peu le faire en France ; alors que les stars hollywoodiennes n’hésitent pas à s’enlaidir. Un de mes exemples préférés, c’est Tom Cruise dans Tonnerre sous les Tropiques… 


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