Deudeuche

Publié le 19 août 2008 par Jfa

Ces derniers temps, sortant mon chien le soir, j’ai vu et revu plusieurs deux-chevaux rutilantes garées autour de chez moi ce qui, à chaque fois, réveille chez moi une vieille nostalgie.

Ma première voiture a été une 2 cv de 15 ans, achetée à l’automne 1968, d’occasion à des cousins qui avaient déjà parcouru 250 000 km avec. La carosserie était dans un état approximatif que j’avais “réparé”, comme la capote qui fuyait,  avec moult couches de peinture de récupération, ce qui donnait un véhicule multicolore du plus bel effet en cette époque où les hippies (dont je n’étais pas) occupaient les médias.

Les 80 à l’heure constituaient une vitesse maximale sur route plate et par vent arrière et je me souviens d’une remontée de la vallée du Rhône par temps de mistral où je ne pouvais passer la 3 ème que dans les descentes. En hiver, une couverture sur les genoux constituait, avec l’anorak un bonnet et des gants, des équipements indispensables.

En cette période très fraichement post-soixante- huitarde, j’étais systématiquement arrêté pour “excès de vitesse” par gendarmes et CRS qui voyaient là le moyen de se venger d’un étudiant ayant vraisemblablement proféré des “CRS: SS” quelques mois auparavant. J’ai néanmoins évité la plupart de ces PV immérités car déjà “prof de gym” à l’époque, ils s’excusaient alors d’avoir persécuté un enseignant sportif lorsque je refusais qu’ils me décrivent (et m’écrivent) comme “étudiant”.

Je déplore que l’époque actuelle ne fasse plus de voiture de ce type, rustique, passant presque partout, réparable la plupart du temps avec du fil de fer, économique, presque inusable, consommant peu et dans laquelle on se sentait à l’aise, sans frime inutile.

Ceci dit, après réflexion, ces accès de nostalgie actuels sont peut être autant dûs à la voiture en elle-même qu’à l’âge que j’avais alors, lorsque j’en étais heureux propriétaire.