Tarifs des banques et assurances en 2024 : il en pense quoi Bruno Le Maire ?

Publié le 12 décembre 2023 par Slovar

 Les banques vont augmenter, pour certaines de façon importante, leurs tarifs en 2024. Les assureurs devraient suivre le même chemin. Bruno Le Maire va t-il une fois de plus se contenter de leur faire « les gros yeux » C'est plus que probable …

Si être titulaire d'un compte en banque n'est pas obligatoire, l'INC (Institut National de la Consommation) et le site Capitaine Banque nous rappellent que cela est limite impossible : « … les paiements des salaires supérieurs à 1 500 € doivent être effectués par chèque ou virement bancaire à un compte bancaire ou postal ... » de plus : « … Les paiements en liquide à un commerçant sont, eux, plafonnés à 3000€. De même, de nombreuses aides comme la CAF ou encore les allocations familiales ne peuvent être versées en liquide … » 

 Donc, nous sommes tous concernés par les augmentations tarifaires de celles-ci en 2024. Le site MoneyVox a publié une intéressante étude à ce sujet. Extraits

«  … Le prix des frais de tenue de compte, payé en direct ou via les packages bancaires, continue d'augmenter … ces frais de tenue de compte, autrefois rares, ont été généralisés au cours des années 2010, et leur prix a explosé. Pourquoi ? Notamment pour compenser les effets de la politique de taux bas, voire négatifs, de la BCE, qui a érodé, jusqu'en 2022, les revenus générés grâce à vos dépôts. Ce n'est plus le cas, loin de là : ce taux de la facilité de dépôt est remonté aujourd'hui à 4%, son plus haut niveau historique … Pire, certaines marques, historiquement peu gourmandes, opèrent un rattrapage. Le prix de la tenue de compte va ainsi augmenter de 21,4% à La Banque Postale .. »

Sur les cartes bancaires

« Entre 2 et 3% d'augmentation … Au-delà des cartes en elles-mêmes, c'est aussi le prix de services connexes qui croît. En particulier, celui des retraits aux distributeurs automatiques de billets (DAB) … Résultat : pour un usager qui effectue 4 retraits hors réseau par mois, la facture va augmenter, en moyenne, de 10% en 2024 ... »

Autre tendance lourde : la hausse, année après année, des frais punitifs, ceux destinés à sanctionner certains comportements des usagers.

« Exemple avec la généralisation progressive du minimum forfaitaire d'agios … Son prix est également en hausse de 3,2%, à 5,90 euros par trimestre en moyenne. Il double, par exemple, à La Banque Postale, passant de 1,5 à 3 euros par trimestre. La « banque citoyenne », qui compte un grand nombre de clients modestes, en profite aussi pour augmenter de près de 15% le prix de la commission d'intervention, facturée 7,90 euros dès le 1er janvier prochain .. »

Justement, attardons-nous sur le cas de la Banque Postale. Contrairement aux autres établissements bancaires, elle est la propriété de l'Etat comme l'indique le schéma le ci-dessous. (Source La Banque Postale)

Ce qui signifie que s'il le souhaitait, Bruno Le Maire pourrait tout à fait intervenir auprès de la Banque Postale et lui demander d'avoir une toute autre interprétation du montant des frais bancaires et de modérer voire geler ceux-ci. Ce qui aurait pour effet d'envoyer un signe à tous les autres établissements bancaires qui, soumis à la concurrence seraient bien obligés de réfléchir à deux fois pour leur hausse de tarifs.

Tout comme il pourrait, d'ailleurs, intervenir de la même façon auprès de CNP assurances (filiale à 100% de la Banque Postale) au moment ou on apprend, par Libération que des : « augmentations de tarifs pour 2024, sont chiffrées à +5 à +6 % en assurance habitation et +3,5 % en assurance automobile » histoire de calmer les ardeurs des autres assureurs.

Que répond-on à Bercy sur cette flambée des tarifs ?

Après plusieurs recherches, nous n'avons trouvé aucune réaction indignée de la part de Bercy concernant les frais bancaires. Concernant les tarifs d'assurances, Libération nous rappelle cette réponse de Bercy : «C’est le marché qui jouera», notait fin novembre une source au ministère de l’Économie, qui cependant «invite amicalement les assureurs à faire des offres intéressantes» aux tarifs «les plus contenus possibles».

Conclusion : le Ministère des l'Economie ne fera rien pour modérer les hausses de tarifs même si certaines vont pénaliser de plein fouet nombre de français. Nul doute que si la grogne monte un peu, Bruno Le Maire nous rejouera « Bruno demande » gentiment aux banques et aux assureurs de prendre en considération la situation … sans toutefois, comme d'habitude, les y contraindre ...

Sources

Moneyvox - Capitaine Banque - Libération- INC