Derrière cette splendide couverture et ce merveilleux titre qui semble vouloir entretenir l’espoir, Zoulfa Katouh dénonce les atrocités de cette guerre qui oppose l’armée libre syrienne aux forces armées de Bachar el-Assad. Des bombardements quotidiens aux arrestations aléatoires, en passant par les tortures, les emprisonnements, les viols et les assassinats, la jeune autrice canadienne aux origines syriennes se place à hauteur d’homme pour nous plonger au cœur de ce conflit qui multiplie les victimes innocentes.
Au cœur de cette horreur qui fait douloureusement écho aux événements qui se déroulent pour l’instant dans la bande de Gaza, Zoulfa Katouh décide néanmoins d’apporter une note d’espoir et une dimension foncièrement humaine. Au milieu de la destruction et de la douleur, elle choisit en effet de faire germer une belle histoire d’amour, où deux jeunes héros qui luttent avec les moyens du bord cherchent à se rapprocher l’un de l’autre tout en essayant de respecter les traditions musulmanes.
Outre cette goûte d’espoir qui nous abreuve dès le titre du récit, il faut également saluer l’excellente idée de l’autrice d’avoir choisi de personnifier le subconscient de Salama. Ce personnage nommé Khawf (« la peur », en arabe) permet en effet de donner vie aux états d’âmes, aux émotions et aux peurs de Salama, permettant aux lecteurs d’encore mieux comprendre ses déchirements et les effets non visibles de cet enfer.
Un premier roman coup de cœur !
Lisez également « Mahmoud ou la montée des eaux » d’Antoine Wauters.
Tant que fleuriront les citronniers, Zoulfa Katouh, Nathan, 416 p., 18,95€
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