L'histoire: Six scientifiques, trois russes et trois américains, travaillent en harmonie à bord de la Station spatiale internationale. Lorsqu'un conflit mondial éclate sur Terre, ils reçoivent des ordres clairs de leurs états-majors respectifs: s'emparer de la station coûte que coûte.
Deux choses à mettre au crédit de ( en version française), modeste récit de science-fiction de l'Américaine Gabriela Cowperthwaite, mieux connue pour son Blackfish de 2013, puissant réquisitoire contre la captivité des orques. Signalons d'abord le travail effectué sur les décors qui reconstruisent avec un grand soucis de réalisme l'intérieur de la station, ses couloirs étroits, ses espaces de vie exigus et ses zones de travail encombrées. On est également séduit par la recréation très efficace des effets de la gravité, chorégraphie visuelle rendue possible par l'emploi de filins au bout desquels étaient suspendus les acteurs.
Hormis cet appareillage technique probant, pas grand chose à se mettre sous la dent. Le scénario de Nick Shafir (premier script en carrière) est d'une grande banalité, prévisible et manque de complexité. Et ce, autant dans sa façon de dépeindre des tensions internationales que l'on ne ressent pas assez, que dans l'opposition manichéenne entre les deux camps. On aurait pu, au contraire, nous proposer un récit un peu plus subversif. En imaginant par exemple une forme de rébellion de la part de ces êtres pas comme les autres, soudés par leur statut exclusif de terriens de l'espace, et qui, du reste, n'ont pas le choix que de s'entendre et coopérer.
En lieu et place, on a droit à quelques combats, tout au plus bien orchestrés, un suspense moribond, des dialogues assez pauvres et une romance aussi improbable que hors sujet. En somme, I.S.S. livre trop peu de marchandise pour captiver réellement.
Sortie en salle au Québec: 19 janvier 2024