Millenium (tome 1) ou quand les riches sont (vraiment) méchants

Publié le 22 août 2008 par Dornbusch

Quoique peu sensible au phénomène “best seller de l’été”, j’ai acheté - à la charmante petite librairie Librairie Monaco de Saint Mandé - le hit de l’été, Millenium.

Indiscutablement l’ambiance qui règne autour de l’ouvrage a joué. Tout ce qui circule sur l’auteur, sa mort juste juste après la fin des 3 tomes, les batailles d’héritage. Surtout je me rend compte que la “marque” Suède, et son double parfum de qualité industrielle et de rigueur sociale démocrate (sans même évoquer les belles blondes) est un argument commercial de premier ordre et permet de vendre des voitures ou de la Vodka au double du prix normal, ou des meubles en contre plaqué fabriqués par des ouvriers chinois comme de la création contemporaine.

Donc, Millenium, une improbable rencontre entre Tintin reporter, RainMan - pour son autiste surdoué- , le “Mystère de la Chambre Jaune”, Sherlock Holmes, les “polars contemporains à la mode”- de Manchette à Montalban. Par contre à part la Suède je n’ai pas vu de point commun avec le commissaire Wallander de Mankell.

On est donc en présence d’un roman qui se lit d’abord très agréablement, je dirai même que les 450 premières pages se dévorent (je reviendrai sur les 100 dernières).

Et pourtant, au final, quelle étrange impression. La trame de l’ouvrage semble en effet tenir sur un seul argument: les riches sont “méchants” - et pour ceux qui ont lu le livre, le terme méchant est un très doux euphémisme, mais je ne vais pas dévoiler le suspens pour les autres.

Arlette Laguiller caricaturée par les Guignols de l’info écrirait un livre que ça ne pourrait pas être pire

C’est certes sympa à lire mais on en sort perplexe. J’avais certes lu que l’auteur - Stieg Larsson - avait été membre d’ un “Parti Socialiste” local - apparemment l’équivalent local de la LCR - mais je n’avais encore jamais vu ou lu, y compris chez des membres de partis d’extrême gauche de charge aussi unilatérale. Je vais prendre des exemples simpliste mais Aragon ou Sartre au pire de leurs dérives stalinistes n’ont jamais écrit de telles choses.

Cependant l’engagement de Stieg Larsson doit être fort puisqu’on sait qu’il aurait cédé son héritage à “la fédération des travailleurs communiste” - qui doit être à mon avis un solide groupuscule trotskyste.

Le fond laisse donc un peu perplexe mais peut être dans notre époque ou les slogans simplistes de Sarkozy ou Besancenot font fureur, peut être est ce la raison du succès de l’ouvrage ?

Quand à la forme, si les 450 premières pages sont agréables -même si l’intrigue policière laisse par moment perplexe, n’importe quel neuneu comprend(rait) au bout de 2 minutes la signification de l’envoi du cadeau annuel - les 100 dernières sont presque une épreuve.

La description de la lutte entre le gentil petit journal et le grand méchant capitaliste tient par moment du gag: il y a même une scène - celle ou le journaliste expose son plan devant la rédaction du journal - qui a mon avis aurait eu toute sa place dans une collection type “Club des 5″, il ne manque que le chien qui jappe et agite la queue.

A ce stade, même si j’ai passé un bon moment pendant une partie du bouquin, on comprendra que j’hésite à attaquer la suite. Un conseil ?

David

PS: puisqu’on est dans la littérature policière j’ai bien ma petite solution à proposer à ce mystère. Notre aimable actuel premier secrétaire du PS avait déclaré “Je n’aime pas les riches” . Se cacherait il en fait derrière S. Larsson ? Dans ce cas l’adhésion au Parti Socialiste (suédois) de Larsson serait en fait un indice pour trouver le vrai dont on connait le gout des blagues et des canulars. Si mon hypothèse est juste, on peut facilement considérer que le journaliste Blomkvist est à l’image de l’auteur, reste à savoir qui serait Lisbeth Skalander( je n’ose le dire…)