Sans ordre précis, comme ils me viennent à l'esprit:
Le photographe de la formation Joy Division, réalisateur de ce film, était lui-même estomaqué de la présence de Sam Riley autour de lui. Il avait l'impression que Ian Curtis était revenu sur terre. Après sa graduation du conservatoire de théâtre, Riley a été chanteur de son band 10 000 Things, band qui, selon lui avait un succès modéré se rapprochant davantage du nul. En spectacle, on a même parfois annoncé Ian Curtis au micro des Rolling Stones pour annoncer son band. Il a été choisi non pas par amour pour la musique de Joy Division, il ne connaissait aucunement le band, et même pas parce qu'il auditionnait pour le rôle, il l'a fait presque par accident en appelant son agent qui se trouvait en compagnie des producteurs du film qui comprenait Corbijn qui a financé 2,5 millions de sa poche, Tony Wilson, qui a fait découvrir le band au monde et la veuve de Curtis, Deborah. Il a même dû reprogrammer son audition car il avait rendez-vous chez le dentiste. Mais avait des dents parfaites pour obtenir le rôle, criant de vérité.
Gainsbourg (Vie Héroïque) de Joann Sfar.
Oppenheimer de Christopher Nolan.
Sid & Nancy d'Alex Cox.
J'ai connu Bruno Ganz par Wim Wenders. Où il était tout en retenue, presque candide sur deux films, incarnant un ange. Mais dans ce film racontant les derniers moments d'Adolf Hitler, il est d'une intensité dictatoriale. Tant que sa crise finale a été reprise des milliers de fois sur les réseaux sociaux, les gens s'amusant à y associer toutes les indignations possibles. Merveilleusement joué et tourné.
Andy Kaufman était si particulier que personne ne savait jamais quand le prendre au sérieux. Il fallait le faire quand il disait qu'il détestait tourner des textes de sitcoms, mais surtout quand il a annoncé avoir une rare condition qui le ferait mourir très tôt. Avant même ses 40 ans. Il y a 40 ans, ce mois-ci. Jim Carrey est parfait dans la peau de ce très inconfortable artiste fourre-tout qui luttait contre les femmes, imitait Elvis, lisait Fitzgerald au complet à un public, faisait jouer des disques afin de n'en mimer qu'un seul segment, feignait tant de choses qu'on confondait le vrai avec le faux. L'hypersensibilité d'Andy était parfaitement rendu par un Jim Carrey étonnamment touchant.
Frida de Julie Taymor.
Mexicaine elle aussi, Salma Hayek incarne à la perfection la peintre du Mexique fétiche. Taymor a eu le talent de faire fondre certaines oeuvres de Frida Kahlo avec des vraies scènes du quotidien dans son film aussi coloré que les oeuvres de la grande artiste surréaliste. Avant de jouer Evita Peron, Madonna souhaitait incarne Khalo, mais Hayek lui ressemble nettement davantage. Ce film a eu des retards de productions et une visibilité restreinte car Hayek avait refusé les avances sexuelles d'Harvey Weinstein.
Dahmer-Monster The Jeffrey Dahmer Story de Ryan Murphy.
C'est drôle quand ce film avait été lancé, je n'arrivais pas à voir un film qui allait raconter un réseau social. Mais le montage, la direction, l'écriture, la distribution, la musique allaient rendre la naissance de ce réseau social, qui a subtilisé mon anniversaire, il y a 20 ans, cette année, passionnante au point que j'en ai acheté le DVD. C'est monté comme un suspense. Et Jesse Eisenberg est nettement plus sympathique que le vrai Zuckerberg, et impressionnant de détermination. Habile.
C'est son excellente partenaire Alisson Janney qui gagnera un Oscar pour sa performance, jouant sa mère, mais Margot Robbie en Tonya Harding est tout aussi remarquable. Elle joue l'envie, l'impulsivité, l'intensité, du paquet de nerfs à vif qu'est l'ancienne patineuse artistique si mal entourée dans sa vie. Robbie s'est fait un nom avec ce film et elle le savait, brillante, elle est parmi les productrices du film. (comme pour Barbie, d'ailleurs)
J'aurais pu parler de Jaime Fox en Ray Charles, Rami Malek en Freddy Mercury, Angela Bassett en Tina Turner ou Taron Egerton en Elton John qui nous faisaient croire les vrais eux aussi, mais ils/elles étaient tous portés par des films moins réussis, selon moi.
Ce qui n'enlève rien à leurs excellentes performances.