Seule, Nesrine Slaoui

Par Maliae

Résumé : Deux vies en parallèle. Celle d’Anissa, une adolescente qui vit à Argenteuil, et celle de Nora, trentenaire parisienne. La première est victime d’un harcèlement scolaire violent. La deuxième lutte sur tous les fronts à la fois, contre le sexisme et le racisme qu’elle endure au quotidien, et pour ne pas se laisser broyer par une relation de couple nocive.
Qu’est-ce qui les lie, sinon bien sûr de subir la brutalité du monde ? Et jusqu’au faudra-t-il aller pour en finir avec la violence des hommes ?

Avis : Ce livre avait tout pour me plaire. Il raconte l’histoire d’Anissa qui subit du harcèlement scolaire que ce soit dans son école ou sur les réseaux sociaux. Elle se sent moche, voudrait ressembler à toutes « les belles filles » sur Instagram. Et puis un jour un garçon va s’intéresser à elle.
D’un autre côté on a Nora, qui gagne un salaire moindre qu’un petit nouveau qui vient d’arriver alors qu’elle a un rôle plus élevé dans l’entreprise. Mais Nora est une femme, pire encore une femme arabe, et elle a peur de faire une esclandre (qui pourtant serait juste) parce qu’elle doit marcher droit, parce qu’elle doit être encore plus parfaite que les autres, parce qu’on la garde à l’œil en raison de son genre et de son origine. Donc Nora se tait. À côté elle vit une histoire d’amour avec Abel, un sale type qui la fait tourner en rond, mais encore une fois Nora est piégée dans cette histoire. Il a si bien joué son jeu qu’elle est accro à lui et n’arrive pas à tourner la page malgré tout ce qu’il lui fait subir.
Les deux histoires vont se rejoindre.

L’écriture est bonne et incisive, l’autrice défend, dénonce, montre la misogynie, le racisme, même dans des petites choses quotidiennes, des comportement qu’on a si bien intégrés qu’ils ne sont même plus remis en cause alors qu’ils devraient. De ce côté là le livre m’a beaucoup plu. Il se lit vite (il est court), et donne un sentiment de révolte face à l’injustice, face à ce monde qui demande aux femmes des choses impossibles. Et aux femmes venant d’une ethnie encore plus.

Mais, malheureusement, je n’ai rien ressenti malgré ce qu’il se passe. J’ai été très peu touché par la violence du livre, comme si j’étais restée à côté. Le message est passé, et pourtant je ne me sentais pas tant investie par l’histoire en elle-même. Je n’ai pas compris la fin non plus (enfin j’ai compris ce qu’il se passait, mais je n’en comprend pas le but). Une chose m’a dérangé, j’ai trouvé Nora très très insensible face à un certain événement.

Du coup, d’un côté j’ai aimé par ses messages, ses dénonciations, de l’autre je suis plutôt déçue car je m’attendais à avoir beaucoup plus d’empathie, à ressentir beaucoup plus de choses. Une lecture en demi-teinte.

Phrase post-itée :
« On ne sera jamais fortes, ni au foot ni à rien, si vous dites dès le départ qu’on n’y arrivera pas. « 

éé