5 films traitant de la paternité. Aussi bien que mal.
The Kid (1921, Charlie Chaplin)
L'acteur, scénariste, réalisateur, metteur en scène, compositeur, pianiste, producteur, monteur, Charles Chaplin, incarne dans ce film le traditionnel clochard trouvant un enfant de 5 ans abandonné à Los Angeles, qu'il choisira de prendre sous son aile et d'élever. Touchant Charlie, mais aussi extraordinaire jeune Jackie Coogan, fort doué dans la comédie comme dans le drame. L'éxécution a beau être sauce Chaplin penchant vers le comique, l'histoire est très douloureuse. Tout juste avant la production, un fils de Chaplin était mort après 3 jours de naissance. Charles sera mentor de Coogan pendant 6 mois après le tournage. Comme si c'était sa manière de faire son deuil après lui avoir signé ce film.
Missing (1982, Constantin Costa-Gavras)
Réalisateur, co-scénariste et acteur dans ce film de guerre, Roberto incarne un italien juif fait prisonnier avec son jeune fils auquel il fait croire que la guerre et leur situation de prisonnier de guerre est un jeu. Avec son imagination, le père joué par Roberto teinte les horreurs du nazisme dans les camps de concentration. Partiellement inspiré du livre autobiographique In The End, I Beat Hitler de Rubino Romeo Salmoni qui y raconte ses deux ans d'internement comme prisonnier dans la Seconde Guerre Mondiale, le film est à la fois drôle et troublant. Le film, comme l'excellent Jojo Rabbit, était un pari risqué mais trouve le bon ton pour équilibrer humour et drame. On traite de côté les Nazis et le fascisme, et on expose davantage l'esprit humain et son contraire.
Big Fish (2003, Tim Burton)
Starred Up (2013, David McKenzie)
Je me reprend tout de suite.
To Kill a Mockingbird (1960, Harper Lee)
Chef d'oeuvre de littérature humaniste et écrit sudiste gothique, a été inspiré librement des gens que la jeune Harper côtoyait, enfant, sa famille, et son admiration pour son père, qu'elle sentait juste et bon. Harper a écrit sur un évènement qui est survenu en 1936, à Monroeville, en Alabama, en 1936, quand elle n'avait que 10 ans et qui l'avait marquée. Un moment d'héroïsme racial, dans lequel elle a placé ce père qu'elle admirait. On y parle de classe sociale, de compassion, d'injustice raciale, de destruction de l'innocence, de courage, de rôles des genres, de tolérances et de son contraire. Plusieurs s'entendent qu'il faille lire ce livre au moins une fois avant de mourir. Les héros n'ont pas tous des combinaisons et des super pouvoirs. Ils sont parfois simplement bons pères sincères.
Affliction (1989, Russell Banks)
Récit de Philip Roth son père et sa relation avec lui. On y suit la vie d'Hermann Roth, son déclin, sa mort, d'une tumeur au cerveau originalement bénigne devenue fatale. Phillip a écrit ceci pendant que son père se faisait traiter à l'hôpital. Il se sentait si impuissant face à lui, voulant l'aider. Il nous y présent affectueusement son père, comme racine de que Phillip allait aussi devenir. Avec sin humour habituel, il dose aussi de charmant passages qui trahissent une forte affection pour cet homme. C'est parfois très cru, mais justement, ça fait encore plus vrai. Le chic s'habille parfois de cuir de cochon. C'est à la fois étonnamment simple tout en étant compliqué entre les deux hommes et souvent là, où on ne s'y attendait pas. Fameux livre qui se lit tout seul.
Heather a été élevée principalement par son drogué de père. À Montréal et ailleurs. Baby, dans son livre, est née quand papa et maman étaient encore étudiant de l'école secondaire. Donc pas encore majeurs. Maman est morte quand elle était très jeune. Papa laisse souvent sa pré-adolescente seule à l'appartement, où elle choisit parfois de quitter le foyer et errer et découvrir la ville de Montréal. Elle sera éventuellement prise en charge par les services sociaux où elle y découvre une nouvelle vie. C'est pas exactement la vie d'Heather mais presque. Sa mère n'est pas morte quand elle était enfant, mais elle habitait la Floride où Heather, vers ses 12 ans, l'a rejointe, maman la présentant comme son "amie de 12 ans". Ce qui rendait tout le monde inconfortable. Les livres d'O'Neill sont aussi charmants qu'inconfortables. Papa a été important chez elle. Ça se lit.
Miracles of Life (2008, J.G. Ballard)
Finalement 5 chansons sur la paternité.
L'une de ses plus belles, l'une de mes préférées tout artiste confondus. Entendue pour la première fois autour de 1988, alors que nous avions terminons une pièce de théâtre en secondaire où j'y était comédien et que maman et papa et mes deux soeurs étaient dans la foule. J'étais beaucoup plus fiers de les savoir là, qu'eux de me voir sur scène, j'en suis certain. Le passage où le fils répond à son père me donne le frisson chaque fois, vers 2:33, "Stay...Stay...Stay..." Je me la chantais par en dedans quand j'ai roulé vers Québec le soir de sa mort en décembre 2009. On avait encore tant de choses à se dire.
La chanson d'Harry raconte un père qui n'a jamais le temps de s'occuper de lui, même si cet enfant voudrait être tout ce que papa est. Seulement très adulte, et à la retraite ne trouves-t-il du temps à lui accorder, toutefois, cette fois, c'est le fils qui n'a plus une minute pour lui. Maintenant qu'il est devenu exactement comme lui. Cette chanson devait faire écho à des tonnes de relations pères-fils, père-fille, car elle a été très aimée lorsque lancée quand j'avais 2 ans.
Ce ne sont pas toutes les relations père/fille qui sont faciles. Spécialement si il y a une précoce maternité dans l'équation. "Daddy, Daddy if you could only see/ Just how good he is treating me" plaide la Madonne disant vouloir garder son bébé. Une chanson immensément populaire alors, chanson de l'année dans certain pays, votée #1 au FM93 qui était la référence musicale du 418 quand j'y habitais. Psychologiquement complexe, le thème en reste controversé. La Madonne en a fait son pain et son beurre de la controverse. Hymne féministe, la chanson a aussi donné une perspective rare sur les relations père-fille. Avec le regretté Danny Aiello incarnant son papa, dans le clip.
The Living Years de Mike & The Mechanics (1988)
Winter de Tori Amos (1992)
Lequel croire ?
Croyons nos instincts. Tant qu'ils soient sains.
Bonne fête des pères aux papas présents, passés, furtifs, parfaits et imparfaits.
Au mien dans l'au-delà aussi, parce que sans lui, no me. Tu m'a appris c'est quoi être bon sur terre. Et sincère.