Rendez-vous poétique : Marcel Thiry

Publié le 06 novembre 2024 par Adtraviata

Cette fois voici un anniversaire en poésie avec un poème belge paru il y a cent ans en 1924 dans le recueil éponyme de Marcel Thiry : Toi qui pâlis au nom de Vancouver. L’auteur liégeois y évoquait un long voyage, celui qu’il fit en 1915, lorsqu’il s’engagea dans le corps expéditionnaire belge des autos-canons, rejoignant alors son frère, Oscar, en Russie.

Toi qui pâlis au nom de Vancouver,

Tu n’as pourtant fait qu’un banal voyage ;

Tu n’as pas vu la Croix du Sud, le vert

Des perroquets ni le soleil sauvage.

—

Tu t’embarquas à bord de maint steamers,

Nul sous-marin ne t’a voulu naufrage ;

Sans grand éclat tu servis sous Stürmer,

Pour déserter tu fus toujours trop sage.

—

Mais qu’il suffise à ton retour chagrin

D’avoir été ce soldat pérégrin

Sur les trottoirs des villes inconnues,

—

Et, seul, un soir, dans un bar de Broadway,

D’avoir aimé les grâces Greenaway

D’une Allemande aux mains savamment nues.

—

Marcel THIRY, Toi qui pâlis au nom de Vancouver, 1924, in Traversées, Anthologie poétique, Espace Nord, 2000

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