Leverage - Review - Critique – Pilot

Publié le 30 août 2008 par Blabla-Series

Créé par Chris Downey, John Rogers (The King of Queens)

Diffusion – TNT

Format 55 minutes (pilote) – 13 épisodes (saison 1)

Cast

Timothy Hutton (Kidnapped), Christian Kane (Angel, Close to Home), Beth Riesgraf (My Name is Earl), Gina Bellman (Coupling, Jekyll), Aldis Hodge (Friday Night Lights, CSI), Saul Rubinek (Frasier, Blind Justice, Julia)

Critique

Dès les premières secondes du pilote, c’est évident : Leverage est une série de divertissement avant tout, mélange d’action et de coolitude second degré. Apprécions-la comme telle, mais dès lors, on a toutes les raisons de craindre le pire : une écriture facile et cliché, se fendant d’une ironie histoire de faire croire au semi-ratage volontaire et parodique ?

We provide… leverage (réplique culte)

Leverage conte les débuts d’une troupe de bienfaiteurs de l’humanité à la limite de la légalité, taquins, chieurs, mais gentils au fond, ne prenant pas leur job bien au sérieux, mais le faisant bien. Des vrais pros, et sympas en plus. Dans le genre, on a déjà vu Hustle, d’ailleurs on se demande encore pourquoi TNT s’acharne à commander tant de projets doublons, copies supposées de séries réussies. Et ici, les dialogues semblent forcés, les intéractions entre les personnages peu charismatiques et tous cliché, superficielles. Bien sûr on peut argumenter que le désastre est parodie, que l’incendie est volontaire, comme le signalent les flash-backs plus ou moins décalés. Mais n’est-ce pas encore pire de se poser comme conscient, et en maîtrise, du désastre de son scénario ?

We know Drama, alors pourquoi Leverage ?

Du scénario, parlons-en. Saul Rubinek, le pauvre, se débat avec un rôle digne – dès le pilote – d’un personnage de la saison 3 de Prison break. Du sous Prison Break saison 3. Comme Lechero, Victor Dubenich est prévisible et naïf pour son rang – juste comme il faut, pas trop, il faut bien remplir l’épisode, et se croire crédible. Tout est fait pour coller au scénario, dès le pilote, remarquez, on peut être curieux, se demander si on peut tomber plus bas.

Ma critique peut aussi être un rien sévère : pour ceux qui n’ont pas connu les joies des tricks de The Riches, Hustle ou Prison Break, peut-être cela vous suffira. Moi, çà me rappelle 24 auquel je n’ai pas accroché,  avec ses bidouillages informatiques qui embrouillent l’esprit, l’action avant tout, la caricature second degré en plus. Jack Bauer, au moins, a l’honnêteté d’assumer son sérieux légendaire de martyr.

Dans Leverage aussi le personnage central est supposé plus profond que les autres. Le seul intérêt de la série, pour moi. Mais bon, un problème moral inintéressant et prévisible, et un traitement lourd plombent la douleur indicible qui accable Nathan. La scène avec le ninja-coiffure-surfer sur l’amitié gâche un rien la seule subtilité du pilote. Parce qu’à moins d’avoir loupé des références qui me sont inaccessibles, ne pas compter là-dessus, tout est clair, tout est dit. Leverage, une pionnière de la série honnête et déceptive ?

Lourd

Bah voyons, remarquez dans ce cas le réalisme criant, autrement dit l’image et les décors ternes et sans identité font l’affaire. Par contre, quel est le but de la réalisation qui donne le tournis (amusez-vous à compter les tours complets de la caméra…) ? Et de la musique façon Ocean’s, omniprésente et lourdingue ? Une sorte de métaphore sur le mouvement nécessaire ? Le manque de charisme des acteurs/persos empêche de toute façon Leverage de prétendre au statut d’Ocean’s des séries.

Conclusion

Une série qui, dès son pilote, pose les bases de son mélange drama assumé / comédie jemenfoutiste avec une honnêteté discutable. Un pilote où, finalement, le mouvement et le bruit sont omniprésents, pour éviter de s’arrêter et de penser, un peu comme Nathan Ford pour oublier sa souffrance. La marque peut-être d’une profondeur minimale, ou simplement d’un style commercial avoué.