Einstein vu par Philippe Concari
... et autres divertissements
Quelle folie de chercher le miel dans l'infime fissure de la plus haute et la plus abrupte falaise! Pourtant, toute folie cultivée longuement devient raisonnable.
Il ignore vers où il court mais il sait vaguement pourquoi
L'impasse, le vent, la raison murmurent la sourdine des renoncements nécessaires.
Il y a dans le garage un inventaire à la Prévert. Une paire de roller, une bicyclette, un kayak, une moto, un cuir qu'il ne ferme plus, des bottes qui lui font mal aux pieds et le raton laveur qui dit:
"- Reste encore un peu, il y a 50% de remise sur les prothèses de hanche pendant le black friday"
Sentinelle passive de la comédie urbaine, je jouis de l'anonymat. J'use jusqu'à la corde d'un langage obsolète pour des oreilles distraites et de mots inconnus découverts au hasard d’une page aussitôt employés et vite oubliés comme le prénom d'un one shot. Puisque tout le monde s'en tape, je cite Bergson sans n'avoir lu rien d'autre que le titre et fais illusion avec une phrase de Parmenide sur son concept de la réalité attablé Café de Flore...
Je persiste à faire usage raisonnable du Bescherelle, mon orthographe artistique définitivement d'une imperfection volontaire à l'instar de Rauschenberg.
Autodidacte de la sémantique comme des amours d’été, je reste une espèce panchronique réfractaire au changement, originellement parfait y compris dans l’outrance.
Je rebouche quotidiennement les fissures du mur des lamentations de la forteresse vide de mon désert des tartares
Je ne crois toujours pas en moi pas plus qu’en dieu, ce serait redondance.
Flexion, extension, vin chaud et planté du bâton - Paris- Novembre 2024