« Vous voyez de jeunes gars et filles émerger, écrire une chanson magnifique, et pourtant ils ne possèdent rien, ils n’ont aucun contrôle. Et quiconque veut, peut leur voler ça. La vérité, c’est que l’argent va quelque part… Quelqu’un est payé, alors pourquoi cela ne serait-il pas celui ou celle qui a écrit Yesterday ? »
– Paul McCartney, extrait de l’interview
Pour l’auteur de Let It Be, cette évolution pourrait amoindrir la valeur de la création musicale au point d’handicaper toute une génération d’artistes. Son message est clair : si l’on autorise l’IA à se nourrir de leurs œuvres sans rétribution équitable, on risque d’observer, à terme, une « perte de créativité » généralisée.
McCartney se souvient de son propre parcours avec les Fab Four, lorsqu’ils étaient des gosses de Liverpool découvrant qu’ils pouvaient vivre de leur musique. Pour lui, le succès n’a pas été seulement un coup de chance : c’était aussi le fruit d’un écosystème où les artistes finissaient par toucher les bénéfices de leurs talents.
Sommaire
- L’impact de l’IA et les débats mondiaux sur le droit d’auteur
- Un appel à protéger les artistes
- Les mises en garde de Ringo Starr
- En définitive…
- Cet article répond aux questions suivantes :
L’impact de l’IA et les débats mondiaux sur le droit d’auteur
La planète musique (et la création artistique en général) se retrouve aujourd’hui à l’épicentre d’une bataille juridique inédite : peut-on, doit-on autoriser les outils d’IA à puiser dans des pans entiers de nos patrimoines culturels, protégés par le droit d’auteur, sans que les créateurs ne touchent la moindre royaltie ?
Plusieurs poursuites judiciaires ont déjà été engagées aux États-Unis et en Europe. Certains labels, photographes, auteurs et musiciens dénoncent une utilisation jugée abusive de leurs œuvres pour « nourrir » les modèles d’intelligence artificielle.
Malgré tout, certaines maisons d’édition et grands médias ont sauté le pas et signé des contrats de licence spécifiques, permettant à des entreprises spécialisées en IA de s’appuyer sur leur contenu. L’enjeu ? Rassurer la création, mais aussi préparer l’industrie à l’inévitable mutation technologique déjà en marche.
Pour y voir plus clair, le gouvernement britannique a lancé une consultation dont la date butoir est fixée au 25 février. Les points en discussion : comment faire émerger la confiance entre les mondes de la création et de la tech ? Comment s’assurer qu’un créateur de musique, de texte, de photo touche une rémunération juste si son œuvre sert à entraîner un algorithme ?
Un appel à protéger les artistes
C’est précisément sur ce point que Paul McCartney donne de la voix. À ses yeux, le Parti travailliste doit jouer son rôle de garant des droits des créateurs.
« Nous sommes le peuple, vous êtes le gouvernement. Vous êtes censés nous protéger. C’est votre travail. Alors, si vous adoptez une loi, assurez-vous qu’elle protège les penseurs et artistes créatifs. Sinon, ils disparaîtront. »
Le message est fort, d’autant plus que McCartney lui-même n’a pas hésité à s’appuyer sur l’IA pour redonner vie à un morceau « inédit » des Beatles, Now and Then, dévoilé en novembre 2023. Cette chanson, enregistrée à l’origine par John Lennon en 1977, a ressurgi grâce à l’extraction d’éléments vocaux et instrumentaux améliorés par l’IA. Ringo Starr et Paul y ont ensuite ajouté de nouvelles pistes pour finaliser l’œuvre, qui vient d’être nommée pour un BRIT Award de la meilleure chanson. Un bel exemple, selon McCartney, de la façon dont l’IA peut, lorsqu’elle est employée de manière respectueuse, transcender le travail des artistes plutôt que de le piller.
Les mises en garde de Ringo Starr
La démarche n’a toutefois pas dissipé toutes les craintes. Ringo Starr, l’autre survivant des Fab Four, s’est également exprimé l’année dernière sur l’avenir du secteur face à l’IA :
« Nous avons tous un peu peur de l’IA, car elle peut vous voler. Toute personne qui sait l’utiliser peut vous voler. Si quelqu’un entre cinq de mes chansons dans un ordinateur, l’IA peut tout comprendre et connaître chacun de mes mouvements vocaux. Elle peut me faire chanter n’importe quoi, et ça ressemblera à moi, car elle aura capté ma personnalité. »
Un constat qui donne froid dans le dos pour tout artiste redoutant de se faire « cloner » numériquement. Mais Ringo a également souligné les aspects positifs de cette révolution technologique :
« Le bon côté, c’est la manière dont nous l’avons utilisée pour Now and Then. Dieu sait où cela va mener. Nous sommes tous inquiets, mais pour l’instant, personne n’a vraiment volé quoi que ce soit. »
Le débat est donc lancé. Dans l’histoire de la musique, les artistes se sont souvent retrouvés en porte-à-faux lorsque la technologie a fait son entrée en force – on se souvient des polémiques autour de Napster et du téléchargement illégal dans les années 2000, de l’avènement du streaming, ou encore des sempiternelles batailles autour de la rémunération sur les plateformes numériques.
Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir si l’IA va s’imposer dans la création musicale, mais plutôt comment s’assurer que cette avancée respecte les droits – et l’esprit – de celles et ceux qui consacrent leur vie à composer la bande-son de notre culture.
En définitive…
Paul McCartney, infatigable défenseur des droits des artistes, a toujours eu le don de flairer l’air du temps. À l’image de l’époque Beatles, où chaque riff novateur redessinait les contours de la pop, cette nouvelle ère de l’IA ne doit pas faire l’économie d’un débat de fond. Car si la technologie promet de repenser la façon de produire, de recréer et même de réinventer la musique, elle suscite aussi une vive inquiétude chez ceux qui ont fait de l’inspiration artistique leur métier.
Pour l’instant, nul ne peut prédire avec exactitude l’issue de cette bataille entre liberté créative, respect du droit d’auteur et révolution numérique. Mais une chose est sûre : tant que des voix comme celles de Paul McCartney et Ringo Starr continueront de porter, la musique ne se laissera pas voler sans combattre. Et, au-delà de l’enjeu légal, on comprend l’urgence : préserver l’âme même de la création musicale pour que les futures générations puissent, à leur tour, rêver d’être les prochains Beatles.
Cet article répond aux questions suivantes :
- Quels sont les dangers de l’IA pour les artistes selon Paul McCartney ?
- Quelle est la position du gouvernement britannique concernant l’utilisation de l’IA et du droit d’auteur ?
- Comment Paul McCartney et les Beatles ont-ils utilisé l’IA pour créer Now and Then ?
- Pourquoi Ringo Starr est-il également préoccupé par l’IA ?
- Quels débats mondiaux l’utilisation de l’IA dans l’industrie créative a-t-elle suscités ?