892_ USHUAIA_ 10_ Puerto Natales – El Calafate

Publié le 26 janvier 2025 par Ahmed Hanifi

À six heures ce 21 janvier matin, le Terminal est pris d’assaut. Plus d’une dizaine d’autocars s’apprêtent à prendre la route vers Torres Del Plaine, El Calafate, Punta Arenas, El Chalten ou Rio Gallegos.

Nous prenons place (n° 63-64 à l’étage, au fond à droite du luxueux « Turismo Zaahj ») pour El Calafate, à 355 km d’ici et cinq heures de trajet. Le temps est brumeux, à peine s’il fait frisquet. La climatisation embue les vitres. À 8 heures nous atteignons, Cerro Castillo, la frontière. Le no-man’s land que nous traversons n’est pas goudronné. Poussière, nids de poules et compagnie. Les champs clôturés, des exploitations, sont immenses, vides d’arbres ou si peu. On y voit des troupeaux de beaux gros moutons argentins, des lincas, des chevaux, des vaches. On arrive à El Calafate, à la grande auberge, vers midi. El Calafate est un gros village, moins typé. Depuis 2001, avec la construction d’un aéroport, il a explosé. Aujourd’hui, transformé, il compte 25 000 habitants. Ses habitations sont horizontales, peu de bâtiments en dur. Comme dans les autres villes, beaucoup de maisons sont faites de tôles et de bois. Et comme dans les autres villes, les chiens, parfois, s’en prennent à des voitures en pleine ville, courent après elles en aboyant. Les chiens en Argentine (comme au Chili) sont très nombreux dans les rues. Ils ne sont pas du tout agressifs et vivent en bonne harmonie avec la population qui les protège. On les trouve souvent allongés près d’un commerce ou d’une habitation. Parfois des gens les caressent, leur parlent même. Ou leur donnent à manger. On a aussi l’impression qu’ils ne sont pas tout à fait abandonnés, gros comme ils sont. Pour revenir aux chiens coureurs, nous avons pensé qu’ils n’aiment pas leurs congénères lorsqu’ils sont transportés. Car dans les véhicules poursuivis il y a souvent des chiens, qui aboient aussi. Mais il arrive qu’il n’y en ait pas. Nous ne comprenons pas très bien, et nous n’avons pas eu à ce jour de réponse à nos interrogations. Il y a ici des rues et même des champs entiers de plantes, notamment de lavande (eh oui) et de marguerites. Partout. Plus encore dans la belle réserve (type Camargue) « Reserva ecologica municipla Laguna Nimez » que nous avons visitée. Elle se trouve devant notre résidence et s’ouvre sur le Grand lac Argentino. Le cœur de la ville ressemble à n’importe quel autre lieu très touristique avec ses cafés, bars, restaurants, boutiques de souvenirs (et de maté !) et autres vêtements. Les touristes sont locaux, Chiliens, Brésiliens et Européens. 

-  And you, where you com from ?

-  Francia y Algeria

-  Algeria ? oh ! 

Tous ces touristes sont ici à El Calafate essentiellement pour le Perito Moreno et El Chalten. Mais qu’est-ce que ? De hauts lieux, très hauts lieux de Trek et de glaciers. Le Perito Moreno est plus proche. À 50 km environs de route en lacets. Et de montagnes. Le climat nous dit la guide est différent selon que l’on se trouve sur les monts à gauche, secs ou à droite avec beaucoup de végétation et froid.

Le Perito Moreno, dont la surface s’élève à 250 km2, est avant tout un glacier dans la région de Santa Cruz (ici-même donc). Il achève une calotte glaciaire de 16 000 km2 à cheval entre l’Argentine et le Chili. Paroles de Routard. Son nom renvoie à un explorateur français, un « expert » (périto) du nom de François Moreno. Un glacier bien vivant. Si les dunes de Béni Abbès ou de Timimoun chantent lorsque ses milliers de grains de sable se laisse glisser vers le sol, le glacier de Perito Moreno lui, claque comme un pétard, un coup de fusil dans la vallée. On a l’impression qu’un pan va s’écrouler. Et nous ne sommes pas seuls. On le devine aux nombreux touristes (peu attentifs à la préservation de la nature – l’écroulement-réchauffement…) qui, au moment même où on entend se claquement terrible, se redressent avec leur appareil-photo prêts à immortaliser un effondrement de mur. Mais il n’en a rien été. Le glacier demeure debout tel un roc fait d’eau, inouï. Le temps change aussi rapidement qu’on prend un verre. En l’espace d’une demi-heure on peut avoir un temps chaud puis froid puis venteux et pluvieux, voire diluvien. On ne sait comment s’habiller. Les locaux eux le savent. Ils sont bras nus en T shirt quel que soit les caprices du temps. Une partie du glacier est d’un blanc radical. Ici et là des traces marron qui s’apparentent à de la pollution mais qui n’en est pas « c’est un phénomène naturel ». Ailleurs des parties recouvertes d’un bleu extraordinaire, pur, translucide, diaphane.

Voyons les photos et vidéos…


El Calafate Le glacier Perito Merino - 25 janv 2025