Ringo Starr et la marque de jouets sexuels Ring O : quand le légendaire batteur des Beatles se retrouve au cœur d’une bataille juridique insolite

Publié le 29 janvier 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

Au long de sa carrière, Ringo Starr a connu plus d’une situation inattendue, mais difficile d’imaginer que le batteur des Beatles se retrouverait un jour à croiser le fer avec une marque de jouets sexuels. Pourtant, en 2019, l’artiste a engagé une action en justice à l’encontre d’une société commercialisant des produits pour adultes sous le nom de « Ring O ». Le motif ? L’entreprise aurait empiété sur la marque « Ringo », déjà déposée par la star, créant ainsi un risque de confusion inacceptable pour le musicien.

Sommaire

  • Un conflit improbable autour d’un nom de marque
    • Les accusations du camp Ringo : un risque de confusion
  • La réaction de Ring O : une riposte musclée
    • Des jouets récompensés… et un nom problématique
  • Un accord à l’amiable après deux années de bataille
  • Un épilogue insolite pour une icône de la musique

Un conflit improbable autour d’un nom de marque

Lorsque Ringo Starr débute avec les Beatles, il est loin de se douter que son pseudonyme ferait un jour l’objet d’une querelle autour d’anneaux vibrants et autres accessoires érotiques. Après la Beatlemania et une carrière solo menée avec succès, on aurait pu croire que le musicien jouirait d’une paisible sérénité loin des salles d’audience. C’était sans compter sur la découverte, en 2019, de la société Pacific Holdings, qui distribue des jouets sexuels sous la marque « Ring O ».

Les accusations du camp Ringo : un risque de confusion

Les avocats de Starr ont immédiatement réagi en faisant valoir que « Ring O » se rapprochait trop de « Ringo » – le surnom déposé par le musicien. « Identique en apparence, en son, en connotation et en prononciation », soutiennent-ils, ajoutant que cette similitude pouvait entraîner une confusion chez le grand public. Starr, de son vrai nom Richard Starkey, avait au préalable déposé « Ringo » pour le protéger dans de multiples domaines : musique, merchandising, instruments, vêtements, etc.

Dans leur argumentaire juridique, les représentants de l’ex-Beatle soulignent le risque d’atteinte à l’image de l’artiste : selon eux, le public pourrait croire que Ringo Starr s’était lancé dans le commerce d’accessoires sexuels. « C’est une association que [Ringo] ne veut pas », précisent-ils. Ils insistent également sur la longue notoriété de Ringo, invoquant son statut d’« artiste de renommée internationale », actif dans de nombreux secteurs du divertissement depuis les années 1960.

La réaction de Ring O : une riposte musclée

Face à la plainte, la société Pacific Holdings (détenant la marque « Ring O » dans la gamme Screaming O) ne s’est pas laissé intimider et a répliqué en décembre 2020 par un communiqué cinglant. Qualifiant Starr de « squatteur de marque » cherchant simplement « à gagner quelques dollars supplémentaires », l’entreprise a défendu le fait que « Ring O » désignait uniquement des jouets sexuels et sprays destinés à un public adulte.

Des jouets récompensés… et un nom problématique

Screaming O, la marque phare de Pacific Holdings, s’est définie comme un « concepteur primé de produits pour adultes » dont certains articles érotiques figurent parmi les plus populaires du marché. Or, selon les avocats de Ringo, ce positionnement haut en couleur risquait d’entacher l’héritage du batteur et de semer une confusion réelle dans l’esprit des consommateurs.

Un accord à l’amiable après deux années de bataille

Après deux ans de passes d’armes juridiques, les deux parties ont finalement trouvé un terrain d’entente en 2021. Cette résolution prend la forme d’un accord détaillant les engagements pris par Ring O pour ne pas empiéter davantage sur la marque de Ringo Starr.

  1. Clarifier l’usage du nom : Afin d’écarter toute ambiguïté, la société reconnaît qu’elle ne pourra utiliser « Ring O » que pour désigner des jouets sexuels et des sprays pour adultes.
  2. Séparation orthographique : Il est exigé qu’un espace ou un signe distinctif sépare l’élément « Ring » de « O », pour bien différencier le produit de la marque « Ringo ».
  3. Respect de l’image de Ringo : Ring O s’engage à ne pas faire référence au musicien, à son œuvre, ni même à des chansons des Beatles, sous peine de se heurter à nouveau à des poursuites.
  4. Exclusion de tout dénigrement : La société a promis de ne pas « dégrader, ternir, déprécier ou dénigrer » la réputation de Ringo Starr ou d’établir un lien entre leurs produits et l’univers Beatles.

Sur la question financière, peu de détails ont filtré. Les avocats de Ringo Starr ont simplement confirmé qu’ils étaient satisfaits des termes de l’accord et que l’essentiel avait été de « préserver son nom, son image et sa marque ».

Un épilogue insolite pour une icône de la musique

Bien loin des studios d’enregistrement et des tournées mondiales, cette querelle montre que la célébrité s’accompagne parfois de litiges inattendus. Il n’est pas rare, cependant, que des artistes protégent leur marque dans différents secteurs (médias, merchandising, etc.). L’action de Ringo Starr témoigne simplement de la vigilance dont font preuve des icônes comme lui pour éviter que leur nom se retrouve associé à des usages commerciaux dérangeants.

Pour la marque Ring O, la conclusion de l’accord entérine la possibilité de continuer à commercialiser ses produits… à condition de respecter scrupuleusement les clauses imposées. Si la société venait à déroger à ses promesses – par exemple en baptisant un nouveau produit d’après une chanson mythique des Beatles –, elle s’exposerait à une nouvelle réaction ferme de la part de l’équipe de Ringo.

Cette histoire pour le moins cocasse restera donc l’un des épisodes juridiques les plus singuliers du parcours de Ringo Starr. Elle prouve que même à plus de 80 ans, l’ex-batteur des Beatles reste attentif à préserver son héritage et son identité face à des entreprises désireuses d’exploiter, même indirectement, la notoriété de son nom.