C'était dans les belles années du scénariste Alan Ball (2001-2005), post-American Beauty (1999), pre-True Blood (2008-2014).
La série que j'ai tant aimée que j'en ai acheté toutes les saisons, et que j'expose dans une de nos pièces car j'en aime les jacquettes, commençait chaque épisode (du moins au début, je pense qu'ils ont éventuellement cessé en cours de saisons) par la mort d'un(e) inconnu(e). Comme la série mettait en vedette une famille ayant hérité du salon funéraire familial, cette mort, toujours un peu absurde, donnait un prétexte à une nouveau "client" (usager?) pour la famille du complexe funéraire.
Un Père Noël en moto qui salue des enfants et, distrait à les saluer, fait un face à face fatal avec une voiture. Une femme décapitée quand elle fait la fête dans une limousine. Un homme qu'on croit qu'il va exploser car il parle au téléphone à un service à la clientèle et la caméra ne nous montre que la main de celui qui parle avec le service à la clientèle, tentant d'allumer sans être trop concentré, un rond de propane dans sa cuisine pour ensuite faire entendre le gars du service à la clientèle hurler au téléphone, et la série d'ensuite nous révéler une tuerie dans les bureaux de ce service à la clientèle où un ancien employé limogé vient régler ses comptes avec ses anciens collègues au pays du fusil (habile détournement d'attention).
"Hey...I'm boring sometimes..."
"...Me too, I can really be..."
Et les deux frères de soudainement réfléchir à leurs couples avec une certaine anxiété.
Ça m'a aussi fait penser à plusieurs morts absurdes de personnalités célèbres.
Tennessee Williams. Dramaturge du Sud des États-Unis d'une majeure importance. Auteur de The Glass Menagerie et de A Streetcar Named Desire, entre autres.
En février 1983, Tennessee a 71 ans. Il doit prendre des comprimés pour lutter contre ses insomnies, mais il doit aussi prendre des vaporisateurs nasaux pour déboucher ses sinus qui le font mal respirer. Toutefois, le couvercle en plastique du petit pot de comprimés lui tombe dans la gorge par mégarde. Cette fois, ce sera si grave qu'il ne respirera plus du tout. Il en meurt. Étouffé gauchement.
Isodora Duncan. Danseuse et chorégraphe Étatsunienne, immense pionnière de la danse contemporaine.
En septembre 1927, à Nice, en France, elle est passagère dans la décapotable du mécanicien Français Benoit Falchetto. On lui avait proposé de porter quelque chose de chaud car l'automne s'annonçait froid, mais elle insiste avec orgueil pour porter un long foulard de l'artiste Russe Roman Chatov. Elle est naturalisée Soviétique à ce moment. Son long foulard de soie se prend dans les roues de la décapotable qui défile, et très rapidement, elle est presque décapitée. Très certainement mortellement étranglée. le cou cassé. Elle avait 50 ans.
Il était aussi, sévère alcoolique. En novembre 1981, il est solidement saoûl, seul chez lui, quand il perd l'équilibre, tombe dans le salon, et se fend la tempe sur un coin de table du salon. Il s'endort. Mais le sang coule pendant 4 jours. Il meurt au bout de son sang. L'autopsie dira que si il avait été à jeun, il se ne serait pas endormi et se serait soigné tout de suite. En fait, il ne serait probablement même pas tombé.
Micheal Hutchence, chanteur de la formation australienne INXS, n'est pas mort d'asphyxiation érotique, mais de dépression. Toutefois l'acteur des États-Unis David Carradine, qui a joué Woody Guthrie, Frankeinstein, et qui a tourné pour Ingmar Bergman, Martin Scorcese et Quentin Tarantino, lui, est bel et bien mort de probable auto-érotisme puisque retrouvé pendu, en juin 2009, dans sa chambre d'hôtel, en Thaïlande, avant le tournage d'un film, avec une corde reliée à ses parties génitales. Il avait 72 ans.
Vic Morrow. Acteur et père de l'actrice Jennifer Jason Leigh.
Ouch...horreur. Mourir au travail par incompétence.
En mai 1999, le lutteur Owen Hart meurt aussi d'incompétence d'autrui. Il fait confiance à ceux et celles qui lui disent que tout sera sécuritaire dans son arrivée aérienne prévu du plafond de l'endroit où un gala de lutte a lieu, à Kansas City, un évènement présenté en direct en plus, à la télévision payante en vogue à l'époque, mais les harnais que le font atterrir du plafond font défaut et il chute mortellement de plus de 60 pieds. Mourant dès son contact au sol. À seulement 34 ans. La mort en direct.
C'est le surintelligent Albert Camus qui disait que nous apprenons l'habitude de vivre avant d'acquérir celle de penser. Que dans cette course qui nous précipite tous les jours un peu plus vers la mort, le corps garde cette avance irréparable.
Dans Le Mythe de Sysyphe.
Camus même absurdement mort passager, rock encore to this day.
Sa pertinence n'est jamais à négliger.