George Harrison et Keith Richards : Deux âmes sœurs du rock ‘n’ roll

Publié le 12 février 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

George Harrison, souvent surnommé “le Beatle tranquille”, incarne l’essence même du guitariste de rock ‘n’ roll. Avec ses riffs mémorables et son style discret mais innovant, il a marqué des générations entières. Pourtant, Harrison n’a jamais cherché à briller sous les projecteurs, préférant laisser la lumière à ses camarades John Lennon et Paul McCartney. Cet effacement volontaire contraste avec son admiration pour d’autres guitaristes qui, eux, acceptaient et maîtrisaient la lumière, comme Keith Richards des Rolling Stones.

Harrison, qui voyait dans la subtilité la clé de l’excellence musicale, trouvait en Richards un modèle et un pair. Retour sur la relation singulière qui unissait ces deux figures légendaires du rock, et sur l’impact qu’ils ont eu, non seulement sur leurs groupes respectifs, mais sur l’histoire du rock en général.

Sommaire

Une admiration réciproque entre deux géants

Bien que l’histoire du rock soit souvent marquée par une rivalité imaginaire entre les Beatles et les Rolling Stones, les relations entre leurs membres étaient, dans les coulisses, beaucoup plus amicales. George Harrison et Keith Richards, tous deux nés en 1943, partageaient des influences musicales communes, nourries par le blues, le rock ‘n’ roll et les pionniers du genre comme Chuck Berry et Buddy Holly. Cette base commune a permis de tisser un lien fort entre eux, au-delà des différences stylistiques.

Keith Richards et George Harrison étaient tous deux conscients de leurs rôles respectifs dans leurs groupes. Richards a décrit ce lien en ces termes : « Ce que George et moi avions en commun, c’était cette compréhension implicite de notre place dans nos groupes. Nous n’étions pas les leaders vocaux, mais nous étions les architectes du son. » Une déclaration qui reflète l’humilité des deux hommes et leur dévouement à la musique plutôt qu’à leur ego.

George Harrison : un soutien décisif pour les Rolling Stones

Harrison a joué un rôle clé dans les premiers pas des Rolling Stones. En 1963, après avoir assisté à l’un de leurs concerts à Richmond, il a recommandé le groupe à Dick Rowe, un producteur de Decca Records, qui avait tristement refusé de signer les Beatles un an plus tôt. Harrison déclarera plus tard : « La musique des Stones me rappelait nos débuts. Ils avaient cette énergie brute et ce goût pour le R&B qui nous animait à nos débuts à Hambourg. »

Ce coup de pouce de Harrison a permis aux Stones de décrocher leur premier contrat avec Decca, ouvrant la voie à leur ascension fulgurante. Cet acte de générosité témoigne de la reconnaissance mutuelle entre les deux groupes, loin de l’idée d’une concurrence acharnée.

L’art de la nuance et le génie de Keith Richards

George Harrison voyait en Keith Richards un modèle de guitariste rythmique. Dans le livre George Harrison on George Harrison, il déclare : « Je pense que Keith est probablement l’un des meilleurs guitaristes rythmiques de rock ‘n’ roll. Il a une manière unique de faire vivre les chansons. » Ce compliment venant d’un musicien de la trempe de Harrison en dit long sur l’estime qu’il portait à Richards.

Harrison admirait particulièrement la capacité de Richards à collaborer avec d’autres guitaristes, comme Brian Jones ou Mick Taylor, et à sublimer les morceaux sans chercher à dominer. Richards n’était pas un soliste flamboyant à la manière d’Eric Clapton, mais il possédait un instinct infaillible pour enrichir la texture des chansons. Harrison voyait dans cette approche une similitude avec la sienne : « Ce que nous faisons, Keith et moi, c’est avant tout créer de bons disques, avec de bonnes parties de guitare, de bonnes chansons. Nous ne cherchons pas à nous imposer comme des leaders, mais à servir la musique. »

Des piliers essentiels à leurs groupes respectifs

Sans George Harrison, il n’y aurait pas eu de Beatles tels que nous les connaissons. Il a introduit des innovations majeures, comme l’utilisation du sitar sur « Norwegian Wood », et a signé des classiques intemporels tels que « Something » et « Here Comes the Sun ». De même, Keith Richards est indissociable des Rolling Stones : son jeu de guitare, à la fois instinctif et précis, est au cœur de morceaux légendaires comme « (I Can’t Get No) Satisfaction » ou « Gimme Shelter ».

Ce qui unit Harrison et Richards, au-delà de leur talent, c’est leur rôle de bâtisseurs. Ils ont créé les fondations sur lesquelles leurs compagnons de route – Lennon et McCartney d’un côté, Jagger et Jones de l’autre – ont pu s’appuyer pour atteindre des sommets. Leur humilité et leur dévouement ont été des forces motrices discrètes mais essentielles.

L’héritage de deux légendes

Aujourd’hui, Keith Richards est encore sur scène, perpétuant la légende des Rolling Stones, tandis que l’héritage de George Harrison continue de briller à travers sa musique, ses contributions aux Beatles et ses albums solo. La relation entre les deux hommes est le reflet d’une époque où, malgré les différences et les rivalités apparentes, la musique était avant tout une source de communion.

Comme l’a si bien dit Harrison : « La musique, c’est une question de connexion. Pas de compétition. » Une phrase qui résume parfaitement le respect mutuel entre ces deux icônes du rock.