John Lennon et Yoko Ono : Un amour tumultueux, entre scandales et réconciliations

Publié le 17 février 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

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Une rencontre hors normes

La relation entre John Lennon et Yoko Ono, née en 1966 à l’Indica Gallery de Londres, défie toute norme. À cette époque, Lennon est au sommet de la gloire avec les Beatles, peut-être l’homme le plus célèbre au monde. Pourtant, il est captivé par l’artiste conceptuelle japonaise. Leur histoire d’amour naissante bouleverse sa vie, non seulement sur le plan personnel, mais aussi artistique, transformant profondément son approche de la musique et de la créativité. Leur relation, publique et controversée dès ses débuts, est ponctuée de scandales, de tensions, mais aussi d’une complicité inébranlable.

Des fissures dans le couple : la soirée chez Jerry Rubin

L’histoire de leur vie commune n’a jamais été simple, et les fissures commencent à se manifester ouvertement dès 1972. Un épisode marquant se déroule lors d’une soirée organisée par l’activiste Jerry Rubin à New York. Alors que la fête devait suivre les résultats des élections américaines, l’ambiance bascule lorsque Richard Nixon, honni par Lennon pour ses positions politiques et sa tentative avérée d’expulsion de l’ancien Beatle des États-Unis, est donné vainqueur.

Sous l’emprise de l’alcool, Lennon se livre à un comportement indigne, quittant la fête pour avoir une relation intime bruyante avec une invitée, dans une pièce où étaient entreposés les manteaux des convives. La scène, décrite par leur ami Elliot Mintz dans son livre We All Shine On: John, Yoko, and Me, est particulièrement douloureuse pour Yoko Ono, qui reste stoïque mais mortifiée devant les autres invités. Un morceau de Bob Dylan, Sad Eyed Lady of the Lowlands, est même joué pour tenter d’étouffer les bruits gênants provenant de la pièce voisine, ajoutant une touche surréaliste à cet incident déjà choquant.

Le “Lost Weekend” : une fuite orchestrée ?

Quelques mois après cet épisode humiliant, Lennon entame son fameux Lost Weekend, une période d’environ 18 mois où il s’éloigne de Yoko Ono et entame une relation avec leur assistante May Pang. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette séparation n’est pas uniquement le fruit des tensions entre Lennon et Ono. Selon May Pang, Yoko elle-même aurait encouragé cette aventure, espérant que l’éloignement apporterait une forme de clarté à leur couple. Dans son livre Loving John, May Pang décrit l’affection durable entre Lennon et Ono, même au plus fort de leur éloignement.

Pendant ce temps, Lennon se perd dans les excès : alcool, soirées débridées, collaborations musicales chaotiques. Pourtant, cette période n’est pas dénuée de créativité. Il enregistre notamment Walls and Bridges, qui inclut le hit Whatever Gets You Thru the Night, ainsi que des collaborations mémorables avec David Bowie et Elton John.

Une réconciliation inévitable

Malgré les blessures et les tumultes, Lennon et Ono semblent liés par une force insaisissable. Lorsqu’ils se réconcilient en 1975, Lennon décrit cette réunion comme un retour à l’essentiel. “C’est comme si j’avais couru la tête en bas, et maintenant j’ai la tête en haut”, confie-t-il au magazine NME. Leur réconciliation est marquée par une petite cérémonie intime et, quelques mois plus tard, par la naissance de leur fils, Sean Lennon, le 9 octobre 1975, jour du 35e anniversaire de John.

Lennon compare cette période à un voyage initiatique : “C’est comme si j’étais allé chercher un journal, et que cela m’avait pris un an”, explique-t-il. Leur séparation, bien qu’empreinte de douleur, semble avoir renforcé leur lien. “Nous savions que nous allions nous remettre ensemble”, déclare-t-il. “Les autres ne le savaient peut-être pas, mais nous le savions.”

Une relation au-delà des conventions

La relation entre John Lennon et Yoko Ono est l’une des plus complexes de l’histoire de la musique. Ils se sont aimés passionnément, se sont détruits mutuellement, mais n’ont jamais cessé de se retrouver. Leur histoire, parfois incomprise, incarne l’union de deux esprits libres, unis par une quête commune de vérité artistique et personnelle. Comme Lennon le dira dans une interview : “Ce n’est pas un mariage parfait, mais c’est le nôtre.”