Lorsque les Beatles se sont officiellement séparés en 1970, le monde de la musique a retenu son souffle. Comment un groupe qui avait redéfini la culture populaire et l’industrie musicale pouvait-il disparaître aussi brutalement ? Parmi les quatre membres, Paul McCartney s’est retrouvé face à un défi monumental : se réinventer en solo et prouver qu’il pouvait exister en dehors de l’ombre des Fab Four. Aujourd’hui, à 82 ans, il revient sur cette période charnière dans un nouveau livre, Wings: The Story of a Band on the Run, qui retrace l’ascension de son groupe post-Beatles, Wings.
Sommaire
- La transition post-Beatles : un saut dans l’inconnu
- Wings : Une ascension progressive
- L’âge d’or de Wings
- Un héritage enfin réévalué
- Un regard nostalgique mais fier
La transition post-Beatles : un saut dans l’inconnu
Après la dissolution des Beatles, McCartney a dû affronter une réalité incertaine. Contrairement à John Lennon, qui s’est lancé dans une carrière solo provocatrice et engagée, ou à George Harrison, qui a connu un succès fulgurant avec All Things Must Pass, Paul a tâtonné. Son premier album solo, McCartney (1970), a reçu des critiques mitigées, bien que certains morceaux comme Maybe I’m Amazed aient prouvé qu’il avait encore un immense talent de compositeur.
Plutôt que de s’enfermer dans le confort d’une carrière solo, McCartney a fait un choix audacieux : reformer un groupe. En 1971, il fonde Wings avec son épouse Linda McCartney, le batteur Denny Seiwell et le guitariste Denny Laine, ex-Moody Blues. Mais contrairement aux Beatles, tout est à reconstruire. Fini les studios d’Abbey Road et la protection de George Martin, Wings doit se forger une identité propre.
Wings : Une ascension progressive
Les débuts de Wings ne sont pas éclatants. Le premier album, Wild Life (1971), est enregistré rapidement et reçoit un accueil tiède. Mais McCartney persévère. Il adopte une approche plus expérimentale et ne cherche pas à recréer la magie Beatles. En 1973, Red Rose Speedway commence à capter l’attention du public grâce au single My Love.
Le véritable tournant arrive avec Band on the Run (1973), enregistré dans des conditions rocambolesques au Nigeria. Paul, Linda et Denny Laine sont victimes d’un vol à main armée à Lagos, perdant ainsi une grande partie de leur matériel. Malgré cela, l’album est un triomphe. Band on the Run, Jet et Let Me Roll It deviennent des classiques instantanés. La presse et le public comprennent alors que McCartney n’a pas simplement recréé un « mini-Beatles », mais bel et bien un nouveau groupe avec sa propre identité.
L’âge d’or de Wings
Entre 1975 et 1978, Wings domine les charts. Venus and Mars (1975) et Wings at the Speed of Sound (1976) regorgent de succès comme Listen to What the Man Said et Silly Love Songs. McCartney prouve qu’il peut toujours remplir des stades avec des tournées phénoménales, notamment le Wings Over America Tour, qui établit Wings comme l’un des plus grands groupes live de l’époque.
Puis, en 1977, un phénomène inattendu survient : Mull of Kintyre. Cette ballade aux accents écossais devient le single le plus vendu de l’histoire du Royaume-Uni à l’époque, dépassant même She Loves You des Beatles.
Un héritage enfin réévalué
Malgré leur immense succès, Wings a souvent été sous-estimé. La critique a parfois jugé le groupe comme un simple projet de transition pour McCartney. Pourtant, leur catalogue reste impressionnant, et de nombreux artistes reconnaissent aujourd’hui leur influence.
Avec la publication de Wings: The Story of a Band on the Run, Paul McCartney souhaite offrir une réhabilitation complète de cette période de sa carrière. Le livre, riche en témoignages et en photos inédites, accompagne également la sortie du documentaire One Hand Clapping et la réédition des albums phares du groupe.
Un regard nostalgique mais fier
« Replonger dans l’histoire de Wings a été une expérience incroyable », confie McCartney. « C’était une époque folle, remplie d’incertitudes et de défis, mais aussi de moments de pure magie musicale. Nous avons prouvé que Wings pouvait exister sur ses propres mérites et conquérir le monde. »
Avec ce livre, McCartney invite les fans à redécouvrir cette aventure hors du commun, rappelant que même après avoir été un Beatle, il est toujours possible de se réinventer et de marquer l’histoire.