Joey Molland, le dernier héritier de Badfinger, s’est éteint à 77 ans

Publié le 02 mars 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

Joey Molland, dernier membre originel de Badfinger, est décédé le 1er mars 2025 à 77 ans. Né à Liverpool, il a marqué le rock britannique avec son talent de mélodiste et sa relation privilégiée avec les Beatles. Son parcours, entre succès avec Badfinger et tragédies, l’a mené vers une carrière solo honorable. Malgré les épreuves, il est resté fidèle à sa musique jusqu’à la fin. Avec sa disparition, c’est un pan de l’histoire du rock qui s’éteint, mais son héritage musical perdurera.


Le rock britannique perd une de ses figures discrètes mais essentielles. Joey Molland, dernier membre survivant du Badfinger originel, est décédé le 1er mars 2025 à l’âge de 77 ans. Guitare en bandoulière, mélodiste inspiré et musicien de l’ombre ayant croisé la route des plus grands, il laisse derrière lui une carrière marquée par l’audace, le talent et les tragédies du rock’n’roll.

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Un parcours musical forgé dans l’effervescence des sixties

Né Joseph Charles Molland le 21 juin 1947 à Liverpool, il grandit dans la ville qui a vu naître les Beatles et bien d’autres groupes mythiques de l’époque. Il se forge une solide expérience musicale en intégrant divers groupes locaux avant de rejoindre en 1967 Gary Walker & The Rain. Le groupe connaît un certain succès au Japon, mais peine à percer en Angleterre et se dissout en 1969.

La même année, Molland intègre Badfinger, un groupe alors en pleine ascension sous l’égide du label Apple des Beatles. Aux côtés de Pete Ham, Tom Evans et Mike Gibbins, il participe activement à l’écriture et l’enregistrement des albums emblématiques du groupe comme No Dice (1970) et Straight Up (1971). On lui doit notamment des morceaux marquants comme “Sweet Tuesday Morning” ou “Better Days”.

Une relation privilégiée avec les Beatles et le faste de Badfinger

Sous la tutelle de Paul McCartney et George Harrison, Badfinger devient l’un des groupes les plus prometteurs du début des années 70. Le succès de titres comme “No Matter What”, “Day After Day” et “Baby Blue” propulse le groupe au sommet des charts. Joey Molland profite aussi de ses liens avec Apple Records pour collaborer avec George Harrison sur All Things Must Pass et The Concert for Bangladesh, ainsi qu’avec John Lennon sur Imagine.

Mais l’histoire de Badfinger vire au cauchemar. Des problèmes de gestion et des conflits internes entraînent son départ en 1974. Il fonde alors le groupe Natural Gas avec Jerry Shirley (Humble Pie), sans retrouver la même notoriété. De son côté, Badfinger sombre dans la tragédie avec le suicide de Pete Ham en 1975.

Un parcours en solo et la malédiction Badfinger

Dans les années 80, Joey Molland tente de faire revivre Badfinger avec Tom Evans. Ils enregistrent deux albums, Airwaves (1979) et Say No More (1981), avant de se séparer. En 1983, la disparition tragique d’Evans marque la fin définitive de Badfinger.

Molland se concentre dès lors sur une carrière solo. Son premier album, After The Pearl (1983), est bien reçu. Il poursuit avec The Pilgrim (1992), This Way Up (2001) et Return To Memphis (2013). En 2020, il publie son ultime opus, Be True to Yourself.

Une fin marquée par la maladie et le dévouement à sa musique

Toujours passionné, Joey Molland continue à se produire sous le nom “Joey Molland’s Badfinger”, rendant hommage à l’héritage du groupe. En 2019, il participe à la tournée hommage It Was Fifty Years Ago Today aux côtés de Todd Rundgren, Micky Dolenz et Christopher Cross.

Mais la maladie le rattrape. En décembre 2024, sa compagne annonce qu’il est hospitalisé en soins intensifs. Il s’éteint finalement le 1er mars 2025, après plusieurs mois de lutte contre une maladie dont la nature exacte n’a pas été révélée.

Avec la disparition de Joey Molland, une page définitive de l’histoire de Badfinger se tourne. Son parcours, jalonné de triomphes et de drames, reste celui d’un musicien dévoué à son art, attaché à perpétuer l’héritage d’un groupe qui aurait dû connaître une destinée bien plus radieuse. Son jeu de guitare et ses compositions continueront de résonner dans le cœur des amateurs de rock et des nostalgiques d’une époque où tout semblait possible.