Les erreurs des Beatles : Quand McCartney qualifie certains titres de « fillers »

Publié le 30 mars 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

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La Beatlemania : Un phénomène qui ne faiblit pas

Depuis leur séparation en 1971, les Beatles continuent d’être une source d’inspiration et de fascination inégalée. Leur courte mais dense carrière a bouleversé l’histoire de la musique et marqué des générations successives. Avec leur capacité à combiner un attrait universel et une créativité audacieuse, les Fab Four ont gravé leur nom dans la légende, alimentant une réputation quasi mythique où chaque note semble touchée par la grâce. Pourtant, au-delà de cette perfection apparente, même les Beatles n’étaient pas à l’abri de moments moins inspirés, comme le reconnaît volontiers Paul McCartney.

Paul McCartney et l’aveu des « fillers »

Dans « Many Years From Now », une biographie rédigée avec Barry Miles, McCartney se livre sans détour sur certaines chansons des Beatles qu’il considère aujourd’hui comme des « fillers » — des morceaux insatisfaisants insérés pour combler des albums. Ces réflexions révèlent un pan souvent méconnu de l’histoire du groupe : leur lutte, surtout au début de leur carrière, pour produire des singles accrocheurs tout en remplissant les exigences d’un format album.

McCartney explique : « Lorsque nous avons commencé, il n’y avait que des singles, et nous essayions toujours d’écrire des singles. » Cette approche, bien qu’efficace pour produire des titres légendaires, a parfois abouti à des chansons qu’il qualifie lui-même de peu mémorables. Parmi elles, « Hold Me Tight » et « What You’re Doing » occupent une place particulière.

« Hold Me Tight » : Un single manqué devenu « bouche-trou »

Composée à l’origine pour le premier album des Beatles, Please Please Me, « Hold Me Tight » n’a pas passé le cap des premières sessions d’enregistrement. Réintégrée et réenregistrée pour leur deuxième album, With The Beatles, la chanson n’a cependant pas rencontré le succès espéré. McCartney se remémore cette tentative avec un certain recul : « C’était une tentative ratée de single qui est devenue un remplissage d’album acceptable. »

Si l’on revient à With The Beatles aujourd’hui, « Hold Me Tight » se distingue moins que des morceaux tels que « All My Loving » ou « It Won’t Be Long », qui témoignent du génie mélodique du groupe. Cette chanson reste cependant un témoignage précieux des débuts du groupe, lorsque leur objectif principal était de livrer des tubes de deux minutes trente, adaptés aux standards radiophoniques de l’époque.

« What You’re Doing » : Un « remplissage » un peu plus abouti

McCartney est tout aussi critique envers « What You’re Doing », un morceau tiré de Beatles For Sale (1964). Il décrit cette chanson comme un exemple d’un processus créatif inabouti : « On commence parfois une chanson en espérant que le meilleur arrivera au moment où l’on arrive au refrain, mais parfois c’est tout ce que l’on obtient. » Malgré tout, il reconnaît des mérites à cette composition : « C’est peut-être un meilleur enregistrement qu’une chanson. »

Si Beatles For Sale est souvent perçu comme un album de transition — marqué par une certaine lassitude du groupe face à leur emploi du temps surchargé — « What You’re Doing » n’en demeure pas moins un morceau qui porte la signature sonore caractéristique des Beatles. L’introduction rythmique de Ringo Starr et le motif de guitare de George Harrison témoignent d’un souci de production qui transcende la simplicité apparente du morceau.

L’humanité derrière le génie

Ces confidences de McCartney offrent un contraste rafraîchissant face à la mythologie des Beatles. Elles rappellent que, derrière le génie indéniable de leurs compositions, se trouvaient quatre jeunes hommes tâtonnant parfois dans leurs créations. Ce sont ces imperfections, ces erreurs, qui rendent leur parcours d’autant plus fascinant.

En réécoutant « Hold Me Tight » ou « What You’re Doing », il est possible de déceler des indices des grandes avancées qui allaient suivre. Les expérimentations et les « fillers » des débuts ne sont pas des failles, mais des étapes nécessaires dans l’évolution de leur musique, une évolution qui allait culminer avec des chefs-d’œuvre tels que Revolver et Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band.

Une production inégale, mais immortelle

Même les morceaux que McCartney qualifie avec dérision de « remplissages » contribuent à la richesse du catalogue des Beatles. Ils révèlent une époque où le groupe s’adaptait aux attentes de l’industrie tout en cherchant à affiner son art. En définitive, ces chansons, même mineures, font partie d’un héritage qui continue d’enchanter et d’inspirer des millions de fans à travers le monde. Les Beatles, avec leurs imperfections humaines, nous rappellent que le génie naît souvent d’une succession d’essais et d’erreurs.