À 80 ans, Eric Clapton reste une icône du rock et du blues. Son parcours est marqué par une profonde amitié avec George Harrison, une collaboration mythique avec les Beatles, et une carrière solo impressionnante. Retour sur une légende vivante dont l’empreinte musicale continue d’influencer des générations.
Aujourd’hui, 30 mars, Eric Clapton fête ses 80 ans. Guitariste de génie, auteur-compositeur accompli et monument incontesté de la musique rock, il a également entretenu au fil des décennies des relations uniques avec les Beatles, tant sur le plan amical qu’artistique. Voici l’histoire d’un homme dont l’influence s’étend bien au-delà des frontières du blues et du rock, en particulier grâce à son amitié indéfectible avec George Harrison et ses collaborations notables avec Paul McCartney.
Sommaire
- Les débuts : le blues comme credo
- L’amitié avec George Harrison : du studio à la scène
- « While My Guitar Gently Weeps » : l’invité d’honneur
- De Cream à « Badge » : l’empreinte de Harrison
- Le Concert for Bangladesh
- Une amitié au-delà des épreuves
- Collaborations avec Paul McCartney : l’entente cordiale
- Autres projets et consécration
- Un guitariste éternel, à l’aube de ses 80 ans
Les débuts : le blues comme credo
Né le 30 mars 1945 à Ripley, dans le Surrey (Angleterre), Eric Patrick Clapton est très tôt sensibilisé à la musique noire américaine, en particulier au blues de légendes telles que Muddy Waters, B.B. King ou encore Robert Johnson. Cette passion l’amène rapidement à intégrer plusieurs formations majeures de la scène britannique des années 1960 : d’abord The Yardbirds, puis John Mayall & The Bluesbreakers, où son jeu de guitare affûté et résolument novateur lui vaut le surnom de « God » dans certaines rues de Londres.
En 1966, Clapton cofonde Cream, groupe légendaire à la croisée du rock psychédélique et du blues. C’est durant cette période que son nom circule de plus en plus auprès d’autres artistes phares de la décennie, et notamment des membres des Beatles, alors au sommet de leur gloire et de leur créativité.
L’amitié avec George Harrison : du studio à la scène
Parmi ces rencontres déterminantes, celle avec George Harrison revêt une signification toute particulière. Les deux hommes partagent une sensibilité commune pour le blues et le rock, s’entendent instantanément et développent au fil du temps une solide amitié, ponctuée de collaborations qui marqueront l’histoire de la musique.
« While My Guitar Gently Weeps » : l’invité d’honneur
En 1968, George Harrison se trouve en pleine composition pour l’album communément appelé The White Album des Beatles (officiellement The Beatles). Il invite Clapton à venir enregistrer sur l’une de ses chansons : « While My Guitar Gently Weeps ». Il s’agit d’un événement notable, car les Beatles font très rarement appel à des musiciens extérieurs pour leurs enregistrements officiels. L’intervention de Clapton apporte une couleur guitaristique inédite, soulignant la profondeur du titre. Cet épisode scelle définitivement l’amitié des deux hommes, tout en inscrivant Clapton dans l’univers musical des Fab Four.
De Cream à « Badge » : l’empreinte de Harrison
L’année suivante, en 1969, George Harrison participe à l’élaboration de la chanson « Badge » de Cream. Son influence s’y fait sentir tant sur la structure du morceau que sur certaines harmonies. Cette collaboration témoigne de l’admiration mutuelle entre Clapton et le Beatle à la guitare solo. Plus tard, lorsque Clapton forme Derek and the Dominos, Harrison n’hésite pas à mettre son studio à disposition et participe à plusieurs sessions, illustrant une nouvelle fois la force de leur complicité.
Le Concert for Bangladesh
En 1971, George Harrison organise le Concert for Bangladesh au Madison Square Garden de New York, afin de venir en aide aux réfugiés fuyant la guerre au Pakistan oriental (futur Bangladesh). Ce spectacle d’une ampleur inédite est l’un des premiers grands concerts de bienfaisance de l’histoire du rock. Clapton y participe, même si sa prestation reste marquée par ses propres tourments de l’époque. Sa présence confirme toutefois l’importance de son amitié avec Harrison et son attachement aux idéaux humanitaires défendus par l’ex-Beatle.
Une amitié au-delà des épreuves
La relation entre Clapton et Harrison sera certes mise à l’épreuve par la vie sentimentale (notamment autour de Pattie Boyd, épouse de George, puis de Clapton), mais leur complicité artistique et leur respect mutuel demeureront. Preuve ultime de cette fraternité : le Concert for George, organisé en 2002 au Royal Albert Hall de Londres, un an après la disparition de Harrison. Clapton en devient l’un des principaux maîtres d’œuvre, honorant la mémoire de son ami disparu et célébrant, aux côtés de Paul McCartney et Ringo Starr, la musique du « Beatle tranquille ».
Collaborations avec Paul McCartney : l’entente cordiale
Si l’on associe souvent Clapton à Harrison, ses relations avec Paul McCartney ne sont pas en reste. De façon plus sporadique, Clapton rejoint McCartney sur scène ou en studio, à diverses occasions marquantes.
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Dans les années 1980, Clapton fait partie des musiciens approchés par Paul McCartney pour des projets ponctuels. Si certaines collaborations restent confinées aux sessions d’enregistrement (et à quelques inédits ou démos), d’autres, plus publiques, soulignent l’estime réciproque des deux artistes.
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Sur scène, le duo se reconstitue à plusieurs reprises lors de concerts de charité ou d’hommages, que ce soit pour célébrer la mémoire de Linda McCartney ou pour des causes humanitaires. À chaque fois, la présence de Clapton apporte une touche blues-rock qui s’allie parfaitement à la pop mélodique de McCartney.
Ces rencontres témoignent de la capacité de Clapton à transcender les étiquettes : d’abord musicien de blues, il demeure, pour McCartney et la sphère des Beatles, un guitariste hors normes dont la sensibilité accompagne aussi bien les ballades que les grandes envolées rock.
Autres projets et consécration
Au-delà de ses liens privilégiés avec les Fab Four, Eric Clapton poursuit une carrière d’une richesse inouïe. Après la période Derek and the Dominos et le mythique Layla and Other Assorted Love Songs (1970), il entame dans les années 1970 une carrière solo couronnée de succès, malgré des problèmes personnels (dépendances, drames familiaux). Reconnu comme l’un des plus grands guitaristes de tous les temps, Clapton alterne entre albums studio et tournées triomphales, explorant toujours plus profondément ses racines blues.
Dans les années 1990, l’album « Unplugged » (1992) marque un retour en force auprès du grand public, grâce à la version acoustique de « Layla » et à des reprises de classiques du blues. L’opus rencontre un succès phénoménal et consolide la place de Clapton parmi les grandes figures de la musique mondiale. Durant cette même période, Clapton participe à de nombreux concerts-bénéfice et projets spéciaux, dont certains avec Ringo Starr ou Paul McCartney, renforçant ses liens historiques avec l’univers Beatles.
Un guitariste éternel, à l’aube de ses 80 ans
Aujourd’hui, à l’heure où Eric Clapton souffle ses 80 bougies, il demeure un artiste incontournable, ayant su marquer chaque décennie de son empreinte. Son style de jeu, reconnaissable entre tous, continue d’influencer de jeunes musiciens et de ravir les amateurs de rock, de pop et de blues. Sa relation privilégiée avec les Beatles – et plus particulièrement avec George Harrison – constitue une facette inestimable de son parcours.
Bien qu’il ait évolué dans sa propre galaxie artistique, Clapton n’en a pas moins contribué à enrichir l’héritage laissé par les Fab Four, que ce soit dans le mythique solo de « While My Guitar Gently Weeps », lors des concerts caritatifs mémorables ou au fil de collaborations plus discrètes mais non moins sincères avec Paul McCartney.
Au-delà du jeu de guitare envoûtant, Eric Clapton incarne cette passerelle entre le blues originel et la pop révolutionnaire des années 1960, démontrant que l’amitié, la musique et le respect mutuel peuvent transcender les époques et les bouleversements de l’existence. En ce jour anniversaire, il est plus que jamais temps de saluer la carrière d’un musicien prodigieux, dont la virtuosité et la sensibilité ont façonné la bande-son du XXᵉ siècle… et continuent de résonner, avec grâce, au XXIᵉ.