Née d’une jam session spontanée entre Paul McCartney et Steve Miller, Used To Be Bad s’impose comme une pépite blues de Flaming Pie. Enregistré en une seule prise, ce duo vocal capture l’essence du blues texan dans une approche brute et sincère. Au-delà de la musique, la chanson incarne un hommage à la simplicité créative et un engagement philanthropique, puisque les royalties sont reversées au Liverpool Institute for Performing Arts (LIPA).
L’albumFlaming Pie, dixième projet solo de Paul McCartney, regorge de moments d’authenticité et de découvertes musicales. Parmi les joyaux qui le composent, « Used To Be Bad » se distingue non seulement par sa composition collaborative mais aussi par son approche spontanée du blues, un genre dans lequel McCartney ne s’aventure pas souvent. Coécrite avec Steve Miller, cette chanson résulte d’une session d’improvisation à Hog Hill Mill, le studio de McCartney, après l’enregistrement de « Young Boy ». Retour sur une collaboration unique qui nous plonge dans l’univers d’un blues décomplexé et énergique.
Sommaire
- L’origine d’un riff et l’alchimie d’une jam session
- La naissance d’un duo vocal mémorable
- Un hommage au blues et à la simplicité créative
- La philanthropie derrière la chanson
- Le contexte deFlaming Pieet son impact
- Le souvenir d’une session impromptue et son héritage musical
L’origine d’un riff et l’alchimie d’une jam session
Le processus créatif derrière « Used To Be Bad » commence comme une aventure musicale purement instinctive. Paul McCartney, connu pour son génie mélodique et sa capacité à embrasser des genres variés, n’avait jamais été un fervent adepte du blues. Pourtant, lorsqu’il a reçu Steve Miller, le guitariste légendaire deThe Steve Miller Band, ce dernier est arrivé avec une idée audacieuse : « Je veux te faire chanter du blues texan ». Une proposition qui n’a pas mis longtemps à séduire McCartney.
Dans une interview accordée àClub Sandwichen 1997, McCartney se souvient avec enthousiasme de cette rencontre musicale. « J’aime le blues, mais je n’en fais pas beaucoup. Alors, quand Steve Miller a dit qu’il voulait m’entendre chanter du blues texan, ça m’a paru être une excellente proposition. Je me suis installé derrière les batteries, lui a pris sa guitare, et nous avons joué ensemble, tout en direct, pour le plaisir. »
L’énergie de la session, décrite comme une véritable jam, a permis à McCartney et Miller de se lâcher, chacun apportant sa propre touche au morceau. « Used To Be Bad » n’est ainsi qu’une réponse spontanée à un appel du blues. Il n’y a pas eu de planification stricte ; c’était une jam, basée sur un riff de Steve, où la création a émergé naturellement, sans contrainte ni préconception.
La naissance d’un duo vocal mémorable
La particularité de « Used To Be Bad » réside aussi dans son approche vocale. Dès les premières notes de la chanson, McCartney et Miller se partagent le micro, chantant chacun une ligne à tour de rôle. C’est McCartney qui a suggéré ce jeu de duettistes alternants : « J’ai eu l’idée qu’il devrait chanter la première ligne et que je chanterais la seconde, un peu comme si nous nous répondions l’un à l’autre. Et nous avons continué ainsi tout au long de la chanson. »
L’aspect improvisé de la performance se reflète dans l’interprétation vocale, enregistrée en une seule prise. Ce défi de capturer l’instant, de saisir l’énergie brute d’une prestation spontanée, fait de cette chanson un moment inoubliable deFlaming Pie. « Quand nous avons commencé à chanter en alternance, j’ai vu les visages des ingénieurs s’illuminer dans la salle de contrôle. Ils étaient excités – ‘Oh, ça va marcher’. Et c’est ce qui s’est passé : un petit duo chanté sur un seul micro, tout cela dans une seule prise. »
Un hommage au blues et à la simplicité créative
Le texte de « Used To Be Bad » s’inspire des thèmes classiques du blues : la rédemption, le regret et la liberté retrouvée. McCartney, dans ses paroles, se joint à la tradition du blues avec une ligne simple mais puissante : « I used to be bad but I don’t have to be bad no more » (« J’avais l’habitude d’être mauvais, mais je n’ai plus à l’être maintenant »). Ce refrain, qui pourrait sembler simpliste, traduit une émotion brute et sincère, fidèle à l’esprit du blues texan.
Derrière cette simplicité, il y a un message universel de transformation personnelle, un thème qui a résonné profondément chez McCartney. Ce n’est pas simplement une chanson sur le blues, mais une chanson qui parle de l’évolution de l’homme et de l’artiste. En collaborant avec Miller, McCartney se réconcilie avec des influences qu’il n’avait pas explorées depuis ses débuts, et s’aventure dans un terrain musical qu’il n’avait jamais vraiment exploré de manière aussi directe.
La philanthropie derrière la chanson
Au-delà de la musique,Used To Be Badest également une chanson porteuse de valeurs humaines. En effet, Paul McCartney et Steve Miller ont décidé de reverser les royalties générées par la chanson à une cause commune : le Liverpool Institute for Performing Arts (LIPA), une institution éducative fondée par McCartney. Cet engagement philanthropique illustre l’aspect généreux de l’artiste, soucieux de contribuer à la formation des jeunes talents.
« Steve et moi avons décidé de donner nos royalties sur cette chanson à LIPA », a précisé McCartney dans une interview de l’époque. Cette contribution souligne l’esprit de solidarité et de partage qui accompagne souvent les projets de McCartney, et son désir constant de soutenir l’éducation musicale.
Le contexte deFlaming Pieet son impact
Flaming Pie, l’album auquel appartient « Used To Be Bad », représente un tournant dans la carrière de Paul McCartney. Après plusieurs années marquées par des expérimentations et des productions plus personnelles, McCartney revient ici à un son plus direct, tout en explorant des sonorités plus variées. L’album, sorti en mai 1997, fait un écho aux grands classiques du rock tout en intégrant des éléments plus modernes.
« Used To Be Bad » s’intègre parfaitement dans cet album, alliant l’esprit d’un McCartney plus rock à une certaine légèreté, presque enfantine, tout en étant profondément ancrée dans l’héritage musical qu’il porte. La capacité de McCartney à naviguer entre les genres, à transcender les époques et à intégrer de nouvelles influences est l’une des raisons qui font deFlaming Pieun album aussi apprécié par les fans et les critiques. Dans « Used To Be Bad », il prouve une fois de plus que la simplicité peut être aussi un moyen d’exprimer la vérité musicale de manière profonde.
Le souvenir d’une session impromptue et son héritage musical
En repensant à cette session d’enregistrement avec Steve Miller, McCartney se souvient avec nostalgie du processus créatif qui a conduit à « Used To Be Bad ». « C’était un moment de pure magie musicale », confie-t-il. « Nous étions juste là, à jouer pour le plaisir, sans aucun objectif précis. Et pourtant, une chanson est née de ce moment. »
Cet enregistrement, comme tant d’autres dans la carrière de McCartney, témoigne de sa capacité à tirer parti de la spontanéité et de l’instant présent pour créer des morceaux de grande qualité. Il ne s’agit pas seulement de l’écriture de « Used To Be Bad », mais d’un moment d’union musicale entre deux grands artistes, dans un cadre informel et libre.
Used To Be Badn’est donc pas seulement une chanson de blues, ni un simple morceau de plus surFlaming Pie. C’est une œuvre née de l’improvisation, de l’harmonie musicale, et du plaisir pur de jouer. Ce n’est pas une œuvre grandiose, mais elle porte en elle une vérité simple : la musique, avant tout, est faite pour être partagée et vécue dans l’instant. Un message que Paul McCartney, à travers toute sa carrière, n’a cessé de défendre.
Les deux artistes, McCartney et Miller, ont su créer quelque chose de spécial, sans prétention, mais ô combien authentique.Used To Be Badreste un exemple parfait de la façon dont la musique peut être un acte spontané et sincère, capable de capturer l’âme du moment. Et, dans un monde où l’industrie musicale devient parfois trop calculée, cette simplicité retrouve sa place.