Sam Mendes revisite la légende Beatles : un événement ciné hors normes

Publié le 11 avril 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

Sam Mendes va réaliser quatre films sur les Beatles, chacun dédié à Lennon, McCartney, Harrison et Starr. Soutenu par Apple Corps, ce projet autorise l’utilisation de leurs chansons et histoires personnelles. Le casting réunit Paul Mescal, Barry Keoghan, Harris Dickinson et Joseph Quinn, pour explorer personnalités et tensions. En misant sur un concept de binge-watching en salle, Mendes promet une immersion totale dès 2028. Fruit de négociations délicates, cette fresque offre un accès complet aux archives, promettant des révélations inédites et un regard sur les Fab Four, pionniers musicaux !


Les fans du légendaire quatuor de Liverpool s’apprêtent à découvrir un nouveau pan de l’histoire des Beatles grâce à une série de quatre films biographiques réalisés par Sir Sam Mendes. L’annonce officielle est tombée récemment, accompagnée d’un casting qui a déjà fait couler beaucoup d’encre. L’idée : proposer une immersion inédite dans l’univers de chacun des membres du groupe, avec un long-métrage dédié à John Lennon, un autre à Sir Paul McCartney, puis à George Harrison et enfin à Sir Ringo Starr. La société Apple Corps Ltd, qui gère l’héritage des Beatles, a accordé son feu vert pour la première fois à un projet cinématographique d’une telle envergure, autorisant l’utilisation des chansons et des histoires personnelles des quatre musiciens. Cette décision, fruit de négociations longues et délicates, est considérée comme un véritable événement culturel tant les Beatles demeurent un monument dans le monde de la musique.

Plus de cinquante ans après leur séparation officielle en 1970, le groupe de John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et Ringo Starr demeure une référence incontestable pour des générations entières de mélomanes. Au fil des décennies, les films, documentaires et écrits les concernant se sont multipliés, mais l’ampleur du projet que s’apprête à réaliser Sam Mendes n’a pas d’équivalent : pour la première fois, un réalisateur de renom s’attèle à raconter l’histoire de chaque membre en détail, dans ce qui s’apparente à une véritable « série » destinée au grand écran.

Sommaire

  • Une ambition cinématographique hors normes
  • Un casting qui fait sensation
  • Barry Keoghan et l’ombre de Ringo Starr
  • La transformation de Paul Mescal en McCartney
  • Harris Dickinson et Joseph Quinn au service de Lennon et Harrison
  • La parole de Richard E Grant
  • Le rôle de Sir Sam Mendes, artisan d’une fresque immersive
  • Retour sur un héritage musical inégalé
  • Un projet déjà encensé par les professionnels
  • L’attente des fans et la promesse de nouveaux regards
  • Des précédents mémorables et une marche à suivre exigeante
  • Vers un succès populaire et critique ?
  • Une fin ouverte sur l’héritage des Fab Four

Une ambition cinématographique hors normes

Le pari est audacieux : proposer au public quatre longs-métrages distincts, susceptibles de se suivre comme une fresque continue. Décrit par Mendes lui-même comme le « premier événement cinématographique que l’on peut binge-watcher en salle », ce projet attise la curiosité des fans et des simples amateurs de cinéma. On sait que Sam Mendes a longtemps nourri l’envie de raconter l’épopée des Beatles, mais il lui a fallu convaincre la famille et l’entourage de chaque membre de lui ouvrir les portes d’archives privées, tout comme il a dû acquérir les droits de reproduction des chansons qui ont fait la renommée du groupe.

Cette approche, qui consiste à découper l’aventure collective en quatre récits indépendants, marque une rupture par rapport aux films existants. Alors que Nowhere Boy, réalisé en 2009, évoquait déjà la jeunesse de John Lennon à Liverpool, Mendes veut aller plus loin en révélant des facettes intimes de chacun des Beatles, tout en restituant le contexte musical, culturel et social de l’époque. Les aficionados y verront sans doute l’occasion d’assouvir leur soif de connaissances, tandis que ceux qui connaissent seulement les grands tubes auront l’occasion de découvrir l’histoire de ces quatre Britanniques devenus des icônes mondiales.

Un casting qui fait sensation

Au cœur de ce projet cinématographique, on retrouve une distribution exceptionnelle, réunissant certains des jeunes acteurs les plus en vue du moment. Sir Paul McCartney sera incarné par Paul Mescal, rendu célèbre par la série Normal People et bientôt sous le feu des projecteurs pour sa participation à Gladiator II. John Lennon prendra vie à travers Harris Dickinson, comédien qui a déjà attiré l’attention pour ses rôles dans des productions plus confidentielles, notamment le film Babygirl. George Harrison sera campé par Joseph Quinn, dont la popularité a explosé avec la série Stranger Things avant de se confirmer sur grand écran.

Néanmoins, l’annonce qui a particulièrement retenu l’attention du public concerne Barry Keoghan : l’acteur irlandais de 32 ans, déjà récompensé d’un Bafta pour son rôle dans The Banshees Of Inisherin, se glisse dans la peau de Ringo Starr. Selon Richard E Grant, qui a partagé l’affiche avec lui dans Saltburn, l’acteur est un talent rare, « complètement instinctif », capable d’adopter le jeu naturel et légèrement pince-sans-rire associé à l’ex-batteur des Beatles. Barry Keoghan aurait déjà entamé des répétitions à la batterie, pour s’approprier le style reconnaissable de celui qui fut parfois moqué pour sa simplicité, mais qui demeure un pilier essentiel du son Beatles.

Barry Keoghan et l’ombre de Ringo Starr

L’interprétation de Ringo Starr constitue un défi singulier, parce que le batteur a longtemps pâti d’une image moins prestigieuse que celles de Lennon et McCartney. Dans l’histoire des Beatles, son rôle est pourtant incontournable : sa frappe si particulière, simple mais terriblement efficace, a imprimé un groove inoubliable à des chansons devenues mythiques. De même, son humour et sa bonhomie ont contribué à l’esprit de cohésion du groupe pendant une décennie marquée par une créativité et une pression médiatique hors normes.

Pour Keoghan, endosser ce personnage pourrait être l’occasion de prouver, une fois de plus, l’étendue de son registre. L’acteur irlandais s’est révélé en 2017 dans The Killing Of A Sacred Deer, où son jeu, à la fois mystérieux et magnétique, a impressionné la critique. Il a ensuite confirmé son talent dans des œuvres aussi variées que Dunkerque ou Calm With Horses. Avec The Banshees Of Inisherin, où il incarne un jeune homme naïf et tourmenté, il a dévoilé toute sa sensibilité. D’aucuns supposent qu’il saura mêler cet éventail émotionnel à la légèreté et à l’excentricité d’un Ringo Starr à la fois discret et facétieux.

La transformation de Paul Mescal en McCartney

Si Barry Keoghan suscite la curiosité, Paul Mescal n’est pas en reste. Beaucoup se demandent comment l’acteur irlandais, qui a connu une ascension fulgurante ces dernières années, va s’approprier le rôle du cofondateur des Beatles. Mescal a déjà prouvé sa capacité à incarner des personnages sensibles et complexes, comme l’atteste sa performance saluée dans Normal People. Dans ce nouveau défi, il devra non seulement apprendre à chanter (ou du moins à interpréter des séquences musicales de façon crédible), mais aussi s’imprégner de la personnalité de Paul McCartney, marqué par un perfectionnisme artistique et un optimisme constant.

Sur un plan musical, la transformation de Mescal en McCartney sous-entend un travail de reconstitution historique. En effet, les premiers Beatles, ceux du Cavern Club de Liverpool, ont un son brut et énergique, très éloigné de la sophistication qu’on leur connaît à partir de 1965. L’acteur devra ainsi explorer l’évolution vocale de McCartney, depuis les cris rock and roll de Twist and Shout (même si c’est Lennon qui la chante, l’énergie collective de l’époque est similaire) jusqu’aux envolées pop plus raffinées de Yesterday ou Let It Be.

Harris Dickinson et Joseph Quinn au service de Lennon et Harrison

La curiosité se porte également sur Harris Dickinson, appelé à incarner John Lennon. S’il est sans doute le plus controversé et le plus médiatisé des Beatles, Lennon possède une personnalité complexe, oscillant entre rébellion, pacifisme, ironie mordante et quête spirituelle. Le défi pour Dickinson : ne pas tomber dans la caricature, tout en respectant l’aura légendaire de Lennon. Il devra jouer un individu qui a connu des fractures familiales pendant son enfance, des tumultes amoureux et des débats intérieurs autour de la célébrité et de l’engagement social.

De son côté, Joseph Quinn, dont on sait qu’il est attaché à la ville de Liverpool (il a lui-même mentionné ses racines familiales et des passages réguliers dans certains pubs de West Derby), prend en main le rôle de George Harrison. En choisissant cet acteur, Sam Mendes semble vouloir mettre l’accent sur la dimension spirituelle et discrète de Harrison, qu’on surnommait souvent le « Beatle tranquille ». Harrison a développé au fil du temps un goût pour la méditation et la musique indienne, tout en démontrant un talent de compositeur qui n’avait parfois rien à envier au duo Lennon-McCartney.

La parole de Richard E Grant

L’enthousiasme autour du casting a été renforcé par la prise de parole de Richard E Grant, lui-même acteur de renom qui a côtoyé Barry Keoghan dans le thriller Saltburn. Interrogé sur la performance à venir de son ancien partenaire de jeu, E Grant n’a pas tari d’éloges, saluant la spontanéité et l’authenticité de Keoghan. Selon lui, c’est justement l’absence de formation classique chez l’acteur irlandais qui le rend si singulier, voire déstabilisant, pour ses confrères. Cette approche basée sur l’instinct rappelle parfois celle des Beatles eux-mêmes, qui ont intégré très tôt des influences variées sans passer par des écoles de musique renommées.

Le choix de casting ne doit pas seulement convaincre les fans ; il doit aussi convaincre Sir Ringo Starr et Sir Paul McCartney en personne. Déjà, Ringo a confié avec humour que Barry Keoghan était probablement en train de prendre des cours de batterie, tandis que Paul McCartney avait exprimé des réserves à propos de précédentes adaptations filmées, se montrant soucieux de la crédibilité des reconstitutions. À en croire les déclarations publiques, tous deux se disent finalement prêts à offrir leur confiance à Sam Mendes, conscients de son talent de conteur.

Le rôle de Sir Sam Mendes, artisan d’une fresque immersive

Sam Mendes a prouvé sa capacité à plonger le public dans des univers forts, comme en témoigne 1917, qui plaçait le spectateur au cœur de la Première Guerre mondiale grâce à un plan-séquence virtuose. Dans ces biopics consacrés aux Beatles, il ne s’agira pas uniquement de reproduire l’ambiance des années 1960, avec ses costumes et ses décors mythiques. L’objectif est de rendre compte des coulisses de l’une des plus grandes aventures musicales du XXe siècle, et de révéler la dynamique de groupe, les tensions et les complicités qui ont façonné la légende.

Certains observateurs évoquent l’influence du documentaire Get Back, réalisé par Peter Jackson, qui a permis de découvrir des images inédites des Beatles en studio. Cette plongée de plusieurs heures dans l’intimité du groupe a suscité un enthousiasme phénoménal, prouvant que le public en redemande. Sam Mendes pourrait s’inspirer de ce genre d’archives, tout en y ajoutant une mise en scène plus scénarisée. Les collaborations étroites avec Apple Corps Ltd et les proches des Beatles laissent présager un accès à de nombreuses sources, y compris des lettres, des journaux personnels ou des enregistrements sonores rares.

Retour sur un héritage musical inégalé

Depuis leur formation en 1960, les Beatles ont révolutionné la pop et le rock, au point de se hisser au rang d’icônes planétaires. Avec 18 titres classés numéro un dans les charts britanniques et 16 albums arrivés en tête des ventes, ils ont battu des records qui tiennent encore debout aujourd’hui. Au-delà des chiffres, c’est l’extraordinaire diversité de leur répertoire qui les rend si uniques : du rock incisif de leurs débuts aux explorations psychédéliques de l’album Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, en passant par les ballades émouvantes de Let It Be et Abbey Road.

Dans le sillage de cette révolution, de nombreux groupes et artistes ont été influencés par les Beatles, qu’il s’agisse des Rolling Stones, d’Oasis ou d’innombrables formations de pop-rock à travers le monde. Leur héritage culturel va bien au-delà de la seule musique : ils ont contribué à façonner l’esthétique et les aspirations d’une génération, du look mod à l’émergence des mouvements contestataires de la fin des années 1960. Leur séparation, en 1970, n’a fait que renforcer leur mythe, chaque ex-Beatle poursuivant par la suite une carrière solo plus ou moins fructueuse.

Un projet déjà encensé par les professionnels

Au moment de l’annonce à la CinemaCon de Las Vegas, la présence du casting sur scène a déclenché un véritable engouement parmi les journalistes spécialisés et les distributeurs. Sir Sam Mendes a souligné qu’il travaillait depuis longtemps à l’élaboration d’un récit permettant de révéler la dimension individuelle de chaque Beatle, sans pour autant sacrifier la force du groupe. Pour y parvenir, il mise sur une équipe technique de haut vol, incluant des conseillers musicaux et des chefs opérateurs familiers des reconstitutions historiques.

Par ailleurs, l’idée d’une sortie échelonnée sur le grand écran, proposant quatre films à quelques semaines ou mois d’intervalle, suscite l’intérêt des exploitants de salles de cinéma. Dans un contexte où le public est habitué à consommer les séries sur les plateformes, Sam Mendes espère encourager un retour en salle, en donnant envie aux spectateurs de découvrir la suite de l’histoire. Cette stratégie se rapproche de celle des grandes sagas, mais appliquée à un univers biographique et musical.

L’attente des fans et la promesse de nouveaux regards

Pour les inconditionnels des Beatles, cette série de films pourrait être l’occasion de revisiter la trajectoire de leurs idoles sous un angle plus intime. Les amateurs de Lennon, férus de ses textes engagés ou de son humour caustique, pourront se pencher sur les coulisses de sa rencontre avec Yoko Ono ou sur ses conflits avec McCartney. Les fans de George Harrison découvriront peut-être les détails de son voyage spirituel en Inde et son rôle dans la diversité musicale du groupe. Quant aux aficionados de Paul McCartney, ils verront comment il a composé des mélodies éternelles, jonglant avec une créativité débridée et un sens inné de la pop.

Le long-métrage consacré à Ringo Starr, souvent moins mis en avant, offrira l’occasion de réévaluer la contribution du batteur et de s’intéresser à sa personnalité chaleureuse. Des témoignages évoquent un musicien fédérateur, capable de détendre l’atmosphère dans les moments de tension, et qui a su imposer son style tout en restant en retrait des projecteurs. Sam Mendes et Barry Keoghan promettent de mettre en lumière le destin de celui qui, bien que moins prolifique en tant que compositeur, n’en demeure pas moins un pilier de la légende Beatles.

Des précédents mémorables et une marche à suivre exigeante

Les Beatles n’en sont pas à leur première incursion sur grand écran : dans les années 1960, ils ont tourné A Hard Day’s Night, Help! et Magical Mystery Tour, des films musicaux où ils jouaient leurs propres rôles. Plus tard, des biopics tels que Nowhere Boy ou Backbeat se sont concentrés sur des périodes spécifiques de leur existence. Sans oublier des documentaires marquants, comme l’Anthology de 1995 ou plus récemment le déjà cité Get Back de Peter Jackson.

Pour Sam Mendes, l’enjeu est donc de se distinguer de ces réalisations précédentes en offrant une véritable plongée narrative, un roman filmique où l’on verra évoluer chaque membre sur son propre chemin. Les spectateurs suivront probablement la trajectoire de Lennon, d’un adolescent rebelle élevé par sa tante Mimi à l’icône contestataire qu’il est devenu pendant et après l’époque Beatles. Ils verront l’ascension rapide de McCartney, jeune talent perfectionniste aux côtés de Lennon, et la lente affirmation de George Harrison, dont les premières compositions marquent peu à peu la fin du monopole du tandem Lennon-McCartney.

Vers un succès populaire et critique ?

La fascination pour les Beatles ne s’est jamais démentie, comme en témoignent les sorties récentes d’albums remixés ou restaurés, systématiquement accueillies avec ferveur par le public. Chacun de ces films pourrait donc s’avérer un succès commercial. Les plus optimistes anticipent déjà une vague d’intérêt semblable à celle suscitée par Bohemian Rhapsody, le biopic dédié à Queen, ou encore Rocketman, focalisé sur Elton John.

Toutefois, l’attente est à la hauteur du risque : le public sera intraitable sur la crédibilité des accents, la véracité des anecdotes ou la restitution de la magie musicale des Beatles. Certains puristes se souviennent des controverses qui entourent régulièrement les reconstitutions historiques, avec des libertés scénaristiques parfois nécessaires pour fluidifier le récit. Sam Mendes, connu pour son exigence, aura probablement à cœur de préserver l’authenticité, tout en ménageant la dimension dramatique propre à un film de cinéma.

Une fin ouverte sur l’héritage des Fab Four

Les quatre films sont programmés pour sortir en avril 2028, ce qui laisse encore du temps à l’équipe pour peaufiner chaque détail, de la distribution secondaire à la gestion des droits musicaux. Il faudra aussi voir comment seront abordées certaines zones d’ombre de l’histoire du groupe : les divergences artistiques, l’influence de certaines substances sur leur créativité, ou encore les rivalités internes qui ont mené à leur séparation.

Même si on ne sait pas dans quel ordre sortiront les films, l’idée d’une expérience immersive et complète sur grand écran séduit d’ores et déjà un large public. L’intérêt mondial pour les Beatles reste intact, et la curiosité autour du casting est à son comble. Il est rare de voir un tel alignement des planètes : un réalisateur oscarisé, des acteurs montants à la fois charismatiques et crédibles dans leurs rôles, et l’aval de ceux qui gèrent l’héritage des Beatles depuis des décennies.

Au final, les prochaines années s’annoncent passionnantes pour les mélomanes et pour tous ceux qui s’intéressent à la pop culture. La portée de ces biopics dépasse le simple hommage : elle reflète l’influence persistante d’un groupe qui a changé la face de la musique, à une époque où tout semblait possible et où chaque nouvel album ouvrait de nouvelles perspectives. Les défis sont immenses, mais la promesse de redécouvrir Lennon, McCartney, Harrison et Starr sous un nouveau jour suffit à nourrir l’attente, tandis que la machine à rêves hollywoodienne se met en branle pour célébrer à nouveau la légende des Beatles.