Kelley Kupfer : l’Américaine qui a veillé sur la mémoire de John Lennon

Publié le 24 avril 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

Kelley Kupfer, bienfaitrice américaine, s’est investie corps et âme dans la mémoire de John Lennon à Liverpool, en soutenant Strawberry Field et en restaurant la maison d’enfance de Julia Lennon.


C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès de Kelley Kupfer, figure lumineuse et engagée, survenu le 16 avril dernier. Originaire de San Diego, aux États-Unis, cette infirmière retraitée au cœur généreux était devenue au fil des années bien plus qu’une amie de Liverpool : elle en était devenue une âme familière, une présence chaleureuse et active, notamment à Woolton, ce quartier emblématique où vécut un jeune garçon prénommé John Lennon.

Kelley Kupfer restera dans les mémoires comme l’une des mécènes les plus investies de Strawberry Field, centre communautaire emblématique de l’Armée du Salut, construit sur les fondations spirituelles et culturelles de ce lieu mythique. Son soutien indéfectible à la campagne de financement a permis de concrétiser une vision chère aux Liverpuldiens comme aux fans du monde entier : faire de Strawberry Field un lieu d’espoir, d’inclusion et de mémoire vivante.

Le retour d’une maison d’enfance

Mais l’engagement de Kelley Kupfer ne s’arrêtait pas à Strawberry Field. En 2006, elle fit l’acquisition du Cottage du 120a Allerton Road, une petite maison pleine d’histoire. Là-même où John Lennon, tout jeune, vécut un temps auprès de sa mère Julia. Déterminée à rendre hommage à cette époque oubliée, Kelley entreprit une restauration minutieuse, avec pour ambition de recréer fidèlement l’atmosphère de cette maison d’enfance.

Ce projet, loin d’être anecdotique, touchait au cœur même de la légende Lennon. Julia Baird, sœur de John et marraine d’honneur de Strawberry Field, se souvient avec émotion de leur première rencontre :

« Ce fut une rencontre surprenante. Kelley venait d’acheter The Cottage, avec l’intention de le rénover de manière rétro. Elle voulait recréer l’endroit de notre enfance. Elle a été minutieuse, attentive, posant des centaines de questions. Nous sommes revenus dans ce lieu chargé de souvenirs, guidés par une vraie Wonder Woman. »

Kelley Kupfer ne cherchait ni gloire ni reconnaissance. Elle cherchait à préserver une mémoire collective. Elle le fit avec humilité, rigueur et passion. Grâce à elle, un fragment intime de l’histoire des Beatles a pu être sauvé de l’oubli, redonné à la communauté, et offert aux générations futures comme un espace de contemplation.

Une vision portée par l’empathie

Lors de sa nomination comme marraine du projet Strawberry Field, Kelley déclara avec une sincérité désarmante :

« Ce projet réunit, par un heureux hasard, mes deux plus grandes passions : l’aide à autrui et l’héritage de John Lennon. C’est une initiative qui apportera espoir à certains, paix et réconfort à d’autres. Tout cela en honorant la mémoire, les paroles et l’esprit de John. Je ne doute pas une seconde qu’il l’aurait approuvé. »

Il ne s’agissait pas d’un mécénat lointain. Kelley connaissait chaque recoin du centre, chaque avancée, chaque bénéficiaire. Lors de sa dernière visite en Angleterre, elle se rendit à Strawberry Field, savourant avec émotion les fruits d’un engagement de longue haleine. Kathleen Versfeld, actuelle directrice du centre, confia :

« J’étais heureuse de voir Kelley visiter le nouveau centre et partager ce moment de célébration. C’était une femme gracieuse, au cœur immensément compatissant. Elle nous manquera terriblement. »

Un héritage vivant

La disparition de Kelley Kupfer laisse un vide. Mais elle laisse aussi une trace indélébile. À Liverpool, son nom est désormais lié à deux lieux hautement symboliques : Strawberry Field, comme une promesse de rédemption sociale, et The Cottage, comme une arche de mémoire, à quelques pas de Mendips, la maison où John Lennon grandit avec sa tante Mimi.

Elle avait fait de Liverpool sa seconde maison, et Liverpool l’a adoptée comme l’une des siennes. Sa démarche, transatlantique et transgénérationnelle, incarne cette idée simple et puissante : la mémoire n’est pas un fardeau, mais un pont. Entre les continents, entre les époques, entre les cœurs.

À travers son action, Kelley Kupfer n’a pas seulement honoré le passé. Elle a semé des graines d’avenir. Des graines de bienveillance, de beauté, de culture partagée.

Merci, Kelley. Merci pour ta générosité, ton enthousiasme, ton respect des lieux et des êtres. Liverpool se souviendra de toi. Strawberry Field continuera à porter ton empreinte invisible, mais si profondément présente.

Repose en paix. Et comme John l’aurait chanté : « Shine on… like the moon and the stars and the sun. »