Beatles : quatre films pour une légende – le projet fou de Sam Mendes

Publié le 25 avril 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

Quatre films biographiques sur les Beatles sortiront en 2028, chacun centré sur un membre du groupe. Réalisés par Sam Mendes, ils mêleront récit individuel et fresque collective, avec l’approbation officielle des ayants droit.


C’est un projet à la démesure du groupe qu’il entend célébrer. Les Beatles, monument inébranlable de la culture populaire du XXe siècle, auront bientôt droit non pas à un, mais à quatre films biographiques distincts, tournés simultanément, racontant chacun l’histoire d’un membre du groupe. Jamais encore une telle entreprise n’avait vu le jour dans l’histoire du cinéma musical. Un pari aussi insensé que génial, porté par un réalisateur de renom, un casting de jeunes talents en pleine ascension, et surtout, avec la bénédiction officielle des Beatles eux-mêmes.

Le lancement de ce que certains appellent déjà avec une ironie tendre le Beatles Cinematic Universe — clin d’œil aux franchises modernes — promet une immersion sans précédent dans l’univers de John, Paul, George et Ringo. Une fresque à quatre voix pour raconter l’odyssée du groupe le plus célèbre de tous les temps. Retour sur une annonce qui a fait frémir les fans du monde entier.

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Quatre films, quatre points de vue, une seule histoire

Le projet, dont la sortie est fixée à avril 2028, se distingue par son format : chaque Beatle aura son propre long-métrage, dirigé par un seul réalisateur, Sam Mendes, qui supervisera l’ensemble comme un chef d’orchestre veillant à l’harmonie générale tout en respectant les singularités de chacun.

Les films seront conçus pour se croiser et s’enchevêtrer, formant une fresque biographique cohérente, mais aux tonalités distinctes. Une idée audacieuse, qui rappelle les récits choraux du théâtre shakespearien ou les constructions narratives complexes des séries contemporaines.

La productrice Pippa Harris a résumé l’ambition de l’entreprise : « Quatre films, racontés de quatre points de vue différents, pour raconter une seule histoire : celle du groupe le plus célébré de tous les temps. »

Ce n’est plus un simple biopic. C’est une épopée à plusieurs voix, une mosaïque d’émotions, de souvenirs et de contradictions, à l’image du groupe lui-même.

Sam Mendes à la réalisation : élégance et gravité

Aux commandes de cette saga, un nom prestigieux : Sam Mendes, oscarisé pour American Beauty, réalisateur des James Bond Skyfall et Spectre, ou encore de l’impressionnant 1917. Avec son sens de l’esthétique, sa rigueur narrative et sa capacité à diriger des performances d’acteurs profondes, Mendes semble être l’homme de la situation.

Lui-même l’a résumé avec ferveur : « Je suis honoré de raconter l’histoire du plus grand groupe de rock de tous les temps, et enthousiasmé par l’idée de remettre en question ce que signifie “aller au cinéma”. »

Un casting audacieux, entre respect et incarnation

Le 31 mars 2025, à CinemaCon, le casting tant attendu a été révélé. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la production n’a pas lésiné sur la qualité ni sur la modernité :

  • Harris Dickinson incarnera John Lennon. Connu pour ses performances nuancées et son intensité, il aura la lourde tâche de donner chair à l’âme la plus contradictoire du groupe.
  • Paul Mescal sera Paul McCartney. Révélé dans Normal People puis couronné par Aftersun, Mescal apporte sensibilité, charisme et musicalité à l’un des plus grands mélodistes de l’histoire.
  • Barry Keoghan, phénomène irlandais révélé par The Banshees of Inisherin et Saltburn, campera Ringo Starr, avec cette capacité rare à mêler étrangeté et humanité.
  • Joseph Quinn, acclamé pour son rôle dans Stranger Things, interprétera George Harrison, le “quiet Beatle”, mélange de profondeur spirituelle et de discrétion déterminée.

Ce casting jeune, affûté et inattendu, laisse espérer une approche incarnée, loin des caricatures ou des imitations forcées. Il ne s’agira pas simplement de “ressembler” aux Beatles, mais de les comprendre de l’intérieur, dans leurs doutes, leurs joies, leurs conflits et leur génie.

Une sortie événement : la “binge culture” appliquée au cinéma

Tous les films seront diffusés en avril 2028, mais la forme exacte reste à préciser. Sony Pictures a évoqué un mode de diffusion “innovant et révolutionnaire”, suggérant une sorte de marathon cinématographique, voire une sortie groupée, digne des plus grandes franchises hollywoodiennes.

Tom Rothman, président de Sony Pictures, a déclaré : « Il n’y a jamais eu un projet comme celui-ci auparavant. Il faut une stratégie audacieuse à la hauteur de l’idée. Ce sera le premier “moment bingeable” de l’histoire du cinéma. »

En d’autres termes : regarder les quatre films d’affilée pourrait devenir une expérience collective, un rite pour fans comme pour cinéphiles.

Et la musique ? L’enjeu capital

Toute entreprise cinématographique consacrée aux Beatles se heurte toujours au même obstacle : l’accès au catalogue musical. Apple Corps, la société fondée par les Beatles eux-mêmes, est réputée pour sa vigilance extrême quant à l’exploitation des droits.

Mais cette fois-ci, c’est officiel : l’ensemble des droits musicaux et biographiques a été accordé. Paul McCartney, Ringo Starr et les familles de John Lennon et George Harrison ont donné leur bénédiction. Ce sont les premiers films à bénéficier du soutien complet des ayants droit, pour l’image et la musique.

Ce feu vert ouvre la voie à une bande-son exceptionnelle : des originaux des Beatles, bien entendu, mais aussi peut-être des réinterprétations par les acteurs eux-mêmes. Aucune décision définitive n’a encore été annoncée à ce sujet, mais la rumeur court : les acteurs pourraient jouer et chanter eux-mêmes certains morceaux, dans une approche plus immersive.

Une occasion unique de revisiter le mythe

Ce projet est plus qu’une série de films : c’est une réinvention de la narration musicale à l’écran. Il ne s’agira pas d’un catalogue de tubes mis bout à bout, ni d’une hagiographie convenue. L’approche par individualité — John, Paul, George et Ringo — permettra d’explorer les contradictions internes du groupe, les points de tension, les subjectivités multiples.

C’est aussi l’opportunité de raconter ce que fut réellement être un Beatle : l’ivresse de la célébrité, le poids des attentes, les blessures d’enfance, les élans créatifs, les trahisons, les moments de grâce. En croisant les récits, les regards et les versions, ces films permettront d’explorer la part humaine derrière l’icône.

Un moment d’histoire à venir

Depuis Backbeat (1994) sur les débuts du groupe à Hambourg, jusqu’à Nowhere Boy (2009) sur l’adolescence de Lennon, en passant par les innombrables documentaires (Let It Be, Get Back, Eight Days a Week…), le cinéma n’a jamais cessé de tourner autour des Beatles. Mais jamais encore le cœur même de la légende n’avait été exploré avec une telle ampleur.

Il ne s’agit plus de réinterpréter l’histoire, mais de la raconter de l’intérieur. Avec la parole donnée, enfin, aux quatre membres — chacun dans son intégrité, dans sa voix, dans sa lumière. Une expérience cinématographique totale, où le rêve, la mémoire et la musique ne feront plus qu’un.

L’attente est immense. La promesse, inédite. Le rendez-vous est pris : avril 2028, dans les salles obscures, pour renouer avec l’histoire d’un groupe qui, une fois encore, pourrait bien tout changer.