Le projet The Beatles Anthology, lancé au milieu des années 1990, a été une véritable plongée dans les coulisses de l’histoire du groupe. Entre un documentaire captivant, un livre richement illustré et surtout trois doubles albums, les fans ont eu accès à un trésor d’enregistrements inédits. Ces compilations ont révélé des versions alternatives de chansons bien connues, offrant un aperçu unique du processus créatif des Fab Four.
Parmi toutes ces pépites, voici cinq prises de vue alternatives qui ont marqué les esprits à leur sortie et qui continuent de fasciner aujourd’hui.
Sommaire
- 1. « And Your Bird Can Sing » (Take 2) – Anthology 2
- 2. « A Day in the Life » (Prises 1, 2, 6 et Orchestre) – Anthology 2
- 3. « Your Mother Should Know » (Take 27) – Anthology 2
- 4. « Ob-La-Di, Ob-La-Da » (Take 5) – Anthology 3
- 5. « The Long and Winding Road » (Take 5) – Anthology 3
- Pourquoi ces prises alternatives sont essentielles pour comprendre les Beatles ?
- Un voyage au cœur du mythe Beatles
1. « And Your Bird Can Sing » (Take 2) – Anthology 2
L’album Revolver (1966) regorge de chansons complexes et sophistiquées, mais cette version alternative de « And Your Bird Can Sing » montre un moment rare de pure complicité entre John Lennon et Paul McCartney.
Alors qu’ils tentent d’enregistrer les voix, les deux compères sont pris d’un fou rire incontrôlable, ce qui transforme cette prise en un instant spontané et joyeux, loin des tensions qui marqueront la fin des Beatles. On ignore la raison exacte de ce fou rire – certains avancent une blague en studio, d’autres suggèrent que la fatigue en était la cause –, mais ce moment rappelle à quel point les Beatles pouvaient encore s’amuser ensemble, même au sommet de leur gloire.
Pourquoi c’est fascinant ?
Parce que c’est un rare témoignage sonore de leur amitié et de leur bonne humeur avant les tensions de la fin des années 60.
2. « A Day in the Life » (Prises 1, 2, 6 et Orchestre) – Anthology 2
Ce chef-d’œuvre issu de Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band (1967) est une expérience en soi, et l’écouter en version décomposée révèle toute la minutie du travail du groupe.
L’Anthology 2 propose une progression captivante de cette chanson emblématique, en rassemblant plusieurs prises pour montrer comment elle a pris forme. On peut notamment entendre John Lennon chantant sur une version dépouillée, puis l’ajout progressif de l’orchestration spectaculaire dirigée par George Martin.
Pourquoi c’est fascinant ?
Parce qu’on entend l’évolution progressive de l’un des plus grands morceaux des Beatles, jusqu’à sa version finale, monumentale.
3. « Your Mother Should Know » (Take 27) – Anthology 2
Dans sa version finale sur Magical Mystery Tour (1967), « Your Mother Should Know » est une chanson joyeuse et nostalgique, aux allures de cabaret. Mais cette prise alternative nous plonge dans une atmosphère beaucoup plus étrange.
Dès les premières secondes, on est frappé par un orgue lancinant et pesant, qui donne une tonalité beaucoup plus sombre que la version officielle. La voix de McCartney semble presque fantomatique, et la chanson prend des allures mélancoliques, très éloignées de la légèreté de l’enregistrement final.
Pourquoi c’est fascinant ?
Parce qu’elle nous montre comment un arrangement différent peut totalement transformer l’ambiance d’une chanson.
4. « Ob-La-Di, Ob-La-Da » (Take 5) – Anthology 3
Les tensions au sein des Beatles durant l’enregistrement du White Album (1968) sont bien documentées, et « Ob-La-Di, Ob-La-Da » en est un parfait exemple. Paul McCartney, perfectionniste, a fait enregistrer plusieurs versions de la chanson, irritant ses camarades.
Mais cette prise alternative surprenante nous présente une approche totalement différente, loin du rythme sautillant de la version finale. Ici, la chanson repose sur un groove plus fluide et plus détendu, inspiré des rythmes latins, contrastant avec le style reggae plus marqué de la version finale.
Pourquoi c’est fascinant ?
Parce qu’elle illustre comment McCartney a expérimenté différentes approches rythmiques avant d’arriver à la version définitive.
5. « The Long and Winding Road » (Take 5) – Anthology 3
Ce titre de Let It Be (1970) est l’un des plus célèbres de Paul McCartney, notamment pour la controverse entourant son arrangement orchestral imposé par Phil Spector. McCartney a toujours détesté cette version « surchargée » et a même tenté des démarches légales pour en récupérer le contrôle.
Dans Anthology 3, on découvre une prise dépouillée, sans l’ajout des cordes et chœurs grandiloquents de Spector. Accompagné simplement d’un piano et de quelques instruments en fond, McCartney livre une interprétation intime et poignante, bien plus proche de ce qu’il avait initialement imaginé pour cette chanson.
Pourquoi c’est fascinant ?
Parce qu’elle nous permet d’entendre « The Long and Winding Road » dans sa forme la plus pure, sans la lourdeur de l’arrangement final.
Pourquoi ces prises alternatives sont essentielles pour comprendre les Beatles ?
Les albums Anthology ne sont pas seulement une compilation d’inédits : ils permettent de plonger au cœur du processus créatif des Beatles. Ces cinq prises révèlent :
- Leur esprit d’expérimentation (Ob-La-Di, Ob-La-Da en version latine).
- Leur dynamique de groupe, parfois joyeuse (And Your Bird Can Sing), parfois tendue (The Long and Winding Road).
- Leur capacité à transformer des esquisses en chefs-d’œuvre (A Day in the Life).
- Le rôle essentiel de la production et des arrangements (Your Mother Should Know).
En écoutant ces versions alternatives, on prend conscience du travail méticuleux qui se cache derrière chaque chanson des Beatles, et de la façon dont leurs choix artistiques ont façonné l’histoire de la musique.
Un voyage au cœur du mythe Beatles
The Beatles Anthology a offert aux fans un accès sans précédent aux coulisses de l’œuvre des Fab Four. Ces prises alternatives nous rappellent que derrière chaque chef-d’œuvre, il y avait un processus de recherche, d’expérimentation et parfois d’erreurs, mais toujours avec cette alchimie unique qui a fait des Beatles le plus grand groupe de l’histoire du rock.
Que vous soyez un fan inconditionnel ou un simple curieux, ces versions alternatives valent la peine d’être écoutées, car elles révèlent les coulisses fascinantes de la création musicale d’un groupe dont l’influence est encore bien vivante aujourd’hui.