En 1975, après le triomphe de Band On The Run, Paul McCartney et Wings sortent Venus And Mars, un album ambitieux enregistré entre Londres, La Nouvelle-Orléans et Los Angeles. Intégrant de nouveaux membres, dont Jimmy McCulloch et Joe English, le groupe explore un son éclectique mêlant rock, ballades et influences jazzy. Malgré quelques tensions internes et critiques contrastées, l’album est un succès commercial, porté par le hit Listen To What The Man Said, et sert de tremplin à la tournée triomphale Wings Over The World.
En 1975, Paul McCartney et son groupe Wings se trouvent à un moment clé de leur trajectoire. Le succès planétaire de Band On The Run, paru fin 1973, a redonné à McCartney la légitimité et la visibilité qu’il cherchait depuis la séparation des Beatles. L’album a conquis le public et raflé divers prix, dont deux Grammy Awards. Il a, en outre, permis à Wings de s’imposer comme un groupe à part entière, transcendé par la figure de McCartney mais affranchi d’un certain scepticisme ambiant. Dans ce contexte, la suite, forcément, est attendue au tournant.
Sommaire
- Venus And Mars
- Une nouvelle ère pour Wings : recrutement et objectifs
- Genèse du projet et premiers enregistrements à Abbey Road
- « Letting Go »
- « Love In Song »
- « Medicine Jar »
- La Nouvelle-Orléans : un creuset musical entre jazz et rock
- L’ambiance de Mardi Gras
- Le départ de Geoff Britton
- D’autres chansons mises de côté
- Une arrestation retentissante : la parenthèse judiciaire
- Structure musicale et diversité stylistique
- Venus And Mars
- « Venus And Mars »
- « Rock Show »
- « Love In Song »
- « You Gave Me The Answer »
- « Magneto And Titanium Man »
- « Letting Go »
- « Venus And Mars (Reprise) »
- « Spirits Of Ancient Egypt »
- « Medicine Jar »
- « Call Me Back Again »
- « Listen To What The Man Said »
- « Treat Her Gently – Lonely Old People »
- « Crossroads »
- Pochette et visuels
- La sortie et l’accueil critique
- « Listen To What The Man Said »
- Tête des charts, mais critiques plus contrastées
- Une passerelle vers la tournée mondiale Wings Over The World
- Venus And Mars
- Les points forts et les critiques de l’album
- éclectisme musical
- Production soignée
- Ouverture vers les autres musiciens
- Comparaison inévitable avec
- Band On The Run
- La pochette et son esthétisme
- Un bilan commercial sans équivoque
- Singles et notoriété
- « Listen To What The Man Said »
- « Letting Go »
- « Venus And Mars / Rock Show »
- Le lancement de la tournée et l’impact scénique
- Après la parution : suites et évolutions
- Venus And Mars
- Rééditions et postérité
- Analyse titre par titre
- « Venus And Mars »
- « Rock Show »
- « Love In Song »
- « You Gave Me The Answer »
- « Magneto And Titanium Man »
- « Letting Go »
- Face B :
- « Venus And Mars (Reprise) »
- « Spirits Of Ancient Egypt »
- « Medicine Jar »
- « Call Me Back Again »
- « Listen To What The Man Said »
- « Treat Her Gently – Lonely Old People »
- « Crossroads »
- Réception critique : nuances et succès
- Accueil des médias
- Comparaison avec
- Band On The Run
- Tournée promotionnelle et retombées
- Analyse de l’impact global
- Points de vue rétrospectifs
- Postérité et rééditions
- 1984
- 1993
- 2014
- Focus sur la version Archive Collection (2014)
- Après
- Venus And Mars
- : la machine Wings en route
- Venus And Mars
- Conclusion
Venus And Mars
, quatrième album de Wings, s’apprête à sortir en mai 1975. Pour Paul, Linda et Denny Laine, l’enjeu est double : confirmer la réussite de Band On The Run tout en évoluant vers de nouveaux horizons musicaux. Avec l’arrivée de deux nouveaux membres, Jimmy McCulloch (guitare) et Geoff Britton (batterie), le groupe prend un tournant plus collectif. Dès lors, chaque étape de la conception de l’album – du choix des studios à la forme des chansons – devient cruciale pour maintenir la flamme qui a valu à Band On The Run une reconnaissance critique et commerciale.
Une nouvelle ère pour Wings : recrutement et objectifs
Fin 1974, Wings a déjà un line-up fluctuant depuis sa création. Après avoir enregistré Band On The Run à Lagos (Nigeria) à trois seulement (Paul, Linda, Denny Laine), McCartney décide qu’il est temps de stabiliser la formation. Jimmy McCulloch, ancien des groupes Thunderclap Newman et Stone the Crows, rejoint la formation avec un style de guitare plus mordant. Le batteur Geoff Britton, quant à lui, est recruté pour asseoir une base rythmique solide. Ces changements doivent donner à Wings un élan collectif, capable de soutenir la créativité multiforme de Paul, qui compose, produit et arrange la plupart des morceaux.
Cependant, la greffe ne prend pas toujours aisément. McCulloch se montre parfois caractériel, et Britton peine à trouver sa place au sein du groupe. Les tensions persistent, notamment entre Jimmy et Geoff, si bien que l’harmonie interne est fragile. Malgré ces remous, Paul mise sur la pluralité des talents : un batteur à la frappe énergique, un guitariste jeune et déterminé, Denny Laine comme fidèle allié sur scène et en studio, et Linda comme partenaire musicale et compagne de vie.
L’ambition reste la même : réitérer l’exploit de Band On The Run, voire l’amplifier. à ce moment, la réputation de Wings est florissante : le groupe remplit déjà de grandes salles et prépare une tournée internationale. Pour couronner le tout, McCartney vient de signer un nouveau contrat avec Capitol aux états-Unis (et poursuit son entente avec EMI au Royaume-Uni), marquant la fin de son lien contractuel avec Apple. Les enjeux financiers et artistiques sont donc immenses.
Genèse du projet et premiers enregistrements à Abbey Road
Si McCartney souhaite, comme pour Band On The Run, enregistrer en dehors du Royaume-Uni, l’idée initiale n’est pas de reproduire l’aventure africaine. En effet, l’épisode de Lagos a laissé des souvenirs à la fois exaltants et éreintants, et Paul se tourne d’abord vers les états-Unis. Pourtant, Wings n’ira pas directement en Amérique. Au mois de novembre 1974, le groupe entame les premiers enregistrements à Abbey Road.
Trois chansons y prennent forme dans leur version initiale :
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« Letting Go »
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« Love In Song »
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« Medicine Jar »
Sur ces titres, Geoff Britton tient la batterie, apportant un jeu précis. « Medicine Jar » est d’ailleurs signée de la plume de Jimmy McCulloch et Colin Allen, un proche de McCulloch : c’est la première fois qu’un autre membre de Wings que McCartney (ou Denny Laine) compose un morceau pour l’album. Ce geste, a priori, illustre la volonté de McCartney de rendre Wings plus collaboratif, même si Paul demeure l’architecte principal du projet.
La suite des travaux doit se dérouler aux états-Unis. Pour des raisons fiscales et d’inspiration, McCartney décide de se poser à La Nouvelle-Orléans, métropole culturelle renommée pour son foisonnement musical, entre jazz, blues et R&B. Après Thanksgiving, en janvier 1975, Wings embarque donc pour la Louisiane, afin d’enregistrer au studio Sea Saint, propriété du pianiste et producteur Allen Toussaint.
La Nouvelle-Orléans : un creuset musical entre jazz et rock
Sea Saint Studios, à La Nouvelle-Orléans, devient le QG de Wings à partir du 16 janvier 1975. Pendant près de six semaines, Paul, Linda, Denny, Jimmy et Geoff investissent les lieux chaque soir, jusqu’aux petites heures du matin. L’objectif : peaufiner les morceaux déjà commencés et en enregistrer de nouveaux. Parmi les nouveautés, on note l’entrain d’Allen Toussaint lui-même, qui intervient au piano électrique sur « Rock Show », ainsi que la présence de musiciens locaux, conviés à participer à des jams informelles.
L’ambiance de Mardi Gras
La période est celle du Mardi Gras, célèbre carnaval de La Nouvelle-Orléans, et l’effervescence de la ville se reflète dans l’atmosphère des sessions. Les brass bands défilent dans les rues, les clubs sont animés par le funk, la soul, le zydeco. McCartney, friand de mélanges, s’inspire de cet univers pour insuffler des touches festives. Les sessions sont marquées par quelques collaborations impromptues : Dr John, Professor Longhair, Dave Mason (ex-Traffic), voire Allen Toussaint lui-même, qui figure sur l’album.
Le départ de Geoff Britton
Cependant, l’aventure n’est pas exempte de conflits. La tension entre Jimmy McCulloch et Geoff Britton, déjà perceptible à Londres, s’exacerbe. Certains témoignages font état de différends sur la manière de jouer ou de l’attitude à adopter face au chef d’orchestre qu’est Paul. Finalement, Britton quitte brusquement le groupe, après seulement six mois. Il aura participé à « Medicine Jar », « Letting Go » et « Love In Song », mais ne pourra assurer le reste. McCartney réagit promptement en embauchant Joe English, jeune batteur américain recommandé par Tony Dorsey (arrangeur et musicien). English achève donc la plupart des prises de batterie de Venus And Mars, devenant par la suite membre à part entière de Wings.
D’autres chansons mises de côté
Comme souvent avec McCartney, les sessions produisent plus de titres que nécessaire. Figurent notamment « My Carnival », festif et jazzy, qui ne sortira officiellement qu’en 1985 en face B de « Spies Like Us ». « Lunch Box/Odd Sox », enregistré tôt dans le processus, sera finalement utilisé en 1980 sur la face B de « Coming Up ». D’autres embryons, comme « Crawl Of The Wild », « Karate Chaos » ou « Sea Dance », restent enfouis dans les tiroirs. Linda McCartney compose aussi « New Orleans », qui apparaîtra après sa mort dans l’album Wild Prairie (1998).
Dans la foulée, McCartney organise une conférence de presse le 13 février 1975 à bord d’un vieux bateau à aubes sur le Mississippi, histoire d’entretenir la légende Wings et de partager l’avancée du travail. Puis, l’album progresse jusqu’à fin février. Le mixage se termine à Los Angeles, dans les studios Wally Heider, où l’on peaufine les arrangements de cuivres, les chœurs, et certains overdubs. Pour clore l’enregistrement, un grand événement est organisé sur le paquebot Queen Mary, amarré à Long Beach. Plus de 200 invités prestigieux assistent à la fête, parmi lesquels George Harrison, Bob Dylan, Joni Mitchell, Carole King, Marvin Gaye, Tony Curtis, Cher… Un concert improvisé réunit Professor Longhair, The Meters et d’autres figures emblématiques de la Nouvelle-Orléans.
Une arrestation retentissante : la parenthèse judiciaire
Juste après avoir finalisé le mixage, Paul et Linda McCartney sont arrêtés sur la route du retour vers leur maison louée à Malibu. Un policier prétend sentir l’odeur de marijuana dans leur véhicule. Paul, Linda et leurs enfants sont conduits au poste, et Linda assume la responsabilité de la possession de drogue, réduisant ainsi les complications légales pour Paul. Finalement, Linda se voit imposer quelques séances chez un psychiatre, puis les charges sont effacées. Cet incident, de plus en plus banal pour les musiciens rock des années 70, ne retarde heureusement pas la sortie de l’album.
Structure musicale et diversité stylistique
Venus And Mars
se compose de 13 pistes (dont une reprise du thème de la série britannique Crossroads), où McCartney affiche à nouveau son éclectisme musical :
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« Venus And Mars »
: courte introduction acoustique posant un climat rêveur, évoquant deux planètes (symbolisant parfois Paul et Linda, ou homme/femme) sur fond spatial.
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« Rock Show »
: enchaînée directement depuis la précédente, c’est un morceau rock plus dynamique, célébrant la magie de la scène et du concert. Allen Toussaint y glisse des touches de piano, renforçant l’énergie du titre.
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« Love In Song »
: ballade mélancolique sur laquelle Paul adopte un registre vocal sensible. Geoff Britton joue la batterie sur cette pièce avant son départ.
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« You Gave Me The Answer »
: clin d’œil nostalgique aux comédies musicales hollywoodiennes des années 1930, façon music-hall. McCartney aime ce style rétro depuis ses années Beatles (on songe à « Honey Pie »).
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« Magneto And Titanium Man »
: morceau pop-rock ludique, inspiré de l’univers Marvel (Magneto, Titanium Man). McCartney affiche son côté fan de BD, et la chanson se révèle accrocheuse.
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« Letting Go »
: un rock plus sombre, avec lignes de basse appuyées, cuivres robustes. Geoff Britton y figure également. C’est l’un des titres phares, retenu comme single ultérieur.
Sur la face B (au format vinyle) :
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« Venus And Mars (Reprise) »
: rappel de l’ouverture, prolongeant l’idée d’un album conceptuel et reliant les pistes en un tout.
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« Spirits Of Ancient Egypt »
: chantée par Denny Laine, morceau rythmé, teinté d’éléments égyptisants dans le texte, si ce n’est dans la musique.
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« Medicine Jar »
: seule contribution de Jimmy McCulloch en lead vocal, co-écrite avec Colin Allen. Elle aborde le thème de l’addiction.
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« Call Me Back Again »
: ballade bluesy, où la voix de Paul se fait plus puissante, parfois comparée à son registre soul.
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« Listen To What The Man Said »
: single efficace, armé d’une mélodie pop limpide et enrichi d’un solo de saxophone par Tom Scott.
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« Treat Her Gently – Lonely Old People »
: ballade en deux parties, évoquant la solitude des personnes âgées, avec une coloration orchestrale et une conclusion poignante.
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« Crossroads »
: version courte (une minute) du thème du soap-opera britannique éponyme. L’idée surgit comme un clin d’œil ironique, un brin kitsch. McCartney confie que c’est juste un « petit gag » pour clôturer l’album sur une note légère.
L’ensemble se caractérise par sa variété : le rock côtoie la pop, le rétro, le jazz-funk (via quelques cuivres), le tout sous l’étendard d’une production léchée. McCartney n’hésite pas à renouer avec la technique des transitions fluides entre morceaux, comme il l’avait fait sur Band On The Run ou, plus anciennement, dans le medley d’Abbey Road chez les Beatles.
Pochette et visuels
La pochette de Venus And Mars, conçue par Hipgnosis et George Hardie, affiche deux billes de billard, l’une rouge, l’autre jaune, sur un fond noir. Linda McCartney en est l’autrice. L’idée est de symboliser la dualité des planètes Vénus (rouge) et Mars (jaune) dans un décor épuré. En outre, le contraste chromatique attire le regard.
L’intérieur du gatefold propose une photo du désert (en réalité prise en Caroline du Nord, parfois décrite comme « Mojave Desert » de manière approximative par certains journalistes), donnant un côté cosmique ou intersidéral. L’album se veut un objet raffiné, avec une pochette ouvrante, deux posters et deux stickers inclus, prolongeant la tradition d’édition luxueuse amorcée avec Band On The Run.
En plus, Venus And Mars est le premier disque de McCartney à arborer le logo MPL (McCartney Productions Ltd) et non plus Apple, puisque le contrat Beatles-EMI est arrivé à terme. Désormais, Paul est libre de signer directement avec Capitol pour le marché américain. Cette évolution témoigne de sa consolidation en tant qu’entité économique autonome, soutenue par une équipe marketing et logistique solide.
La sortie et l’accueil critique
Le single
« Listen To What The Man Said »
paraît en mai 1975, deux semaines avant l’album. C’est un choix malin : le morceau est frais, optimiste, porté par un solo de saxophone mémorable. Il monte rapidement numéro 1 aux états-Unis, atteignant la sixième place au Royaume-Uni. Cet élan public jette les bases d’un accueil massif pour Venus And Mars, qui sort le 27 mai 1975 aux états-Unis, et trois jours plus tard en Grande-Bretagne (30 mai).
Tête des charts, mais critiques plus contrastées
Commercialement, le disque grimpe instantanément en haut des classements : numéro 1 au Billboard, numéro 1 au UK Albums Chart, dans divers autres pays également. Sur le plan des ventes, le succès est au rendez-vous. Cependant, les journaux musicaux se montrent plus réservés qu’au moment de Band On The Run. Beaucoup saluent la qualité de production et la variété, mais certains estiment que l’album manque de l’homogénéité et de l’élan qui avaient porté son prédécesseur. Rolling Stone se montre même plus critique, jugeant l’effort plaisant mais inférieur à l’excellence attendue.
Malgré ces nuances, Wings conforte son statut de formation phare, avec une large fanbase. « Letting Go » sort en single à l’automne ; il se classe modestement (#39 aux états-Unis, #41 au Royaume-Uni). Un troisième 45-tours, « Venus And Mars / Rock Show », parvient jusqu’à la 12ᵉ place aux états-Unis, mais n’entre pas dans les charts britanniques. Quoi qu’il en soit, l’album s’écoule à plusieurs millions d’exemplaires, décrochant la certification platine des deux côtés de l’Atlantique.
Une passerelle vers la tournée mondiale Wings Over The World
Au-delà de l’album,
Venus And Mars
est le tremplin pour l’immense tournée Wings Over The World, qui s’étalera de septembre 1975 à octobre 1976. Paul et ses musiciens sillonnent une dizaine de pays, offrant des concerts fastueux où les nouveaux morceaux (dont « Rock Show », « Letting Go », « Magneto And Titanium Man ») côtoient les classiques des Beatles (« Lady Madonna », « The Long And Winding Road », etc.). L’album se révèle donc conçu pour la scène : Venus And Mars… Are Alright Tonight ! On sent l’envie de McCartney de créer un show spectaculaire, de réunir le rock, la pop, le rétro, le tout ponctué de solos de guitare ou de cuivres.
Cette tournée consolide la popularité de Wings : les stades se remplissent, le groupe bat des records d’affluence, notamment lors d’un passage mémorable au Kingdome de Seattle ou au Forum de Los Angeles. Les images filmées circulent dans divers documentaires, bien que McCartney ne sorte pas immédiatement de film officiel sur cette tournée (les plans filmés serviront plus tard pour des émissions ou des compilations vidéos).
Les points forts et les critiques de l’album
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éclectisme musical
: Venus And Mars reflète le goût de Paul pour des styles variés. On y croise du rock musclé (« Rock Show »), de la ballade sensible (« Love In Song », « Call Me Back Again »), un soupçon de fanfare jazzy (« Listen To What The Man Said »), et même des réminiscences rétro (« You Gave Me The Answer »). Cette diversité séduit une partie du public, qui apprécie la capacité de McCartney à marier légèreté et efficacité.
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Production soignée
: le son est chaud, luxuriant, grâce au studio Sea Saint et aux ajouts de cuivre, ainsi qu’à la participation d’Allen Toussaint. Les ingénieurs du son veillent à une cohérence globale, et l’album s’écoute comme un ensemble cohésif, notamment via les « Venus And Mars (Reprise) » qui relient les plages.
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Ouverture vers les autres musiciens
: le fait que Jimmy McCulloch signe et chante « Medicine Jar » montre un embryon d’ouverture de McCartney à la collaboration, plus que sur Band On The Run. Denny Laine dispose de son moment de gloire sur « Spirits Of Ancient Egypt ». Cependant, cette ouverture reste partielle, tant Paul demeure central dans la conception et la finition des titres.
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Comparaison inévitable avec
Band On The Run
: nombreux sont ceux qui trouvent Venus And Mars moins impactant, moins compact. La critique pointe parfois un manque de tranchant, voire une certaine facilité dans les enchaînements. Paul y répondra en soulignant que l’album est pensé comme un voyage plus léger, moins « prison break » que Band On The Run. Certains titres, comme « Magneto And Titanium Man » ou « You Gave Me The Answer », arborent une veine ludique, presque insouciante, déplaisant à ceux qui cherchaient une intensité comparable à celle du précédent opus.
La pochette et son esthétisme
Comme évoqué, la pochette conçue par Hipgnosis met en avant deux billes de billard (une rouge, une jaune) sur fond noir, symbolisant les planètes Vénus et Mars. à l’intérieur du gatefold, des photos de désert participent à l’atmosphère « spatiale ». Le packaging inclut posters et stickers, suivant une tradition de plus en plus élaborée. D’ailleurs, Venus And Mars reçoit le prix de la « Meilleure Pochette de l’Année » du magazine Music Week, preuve que l’attention portée au visuel fait partie intégrante de l’expérience.
Sur la face arrière, figurent les paroles des chansons, tandis qu’en Angleterre, l’album est commercialisé directement sous l’étiquette Wings, sans mention de « Paul McCartney and… », validant ainsi la dimension plus « groupe » chère à Paul, encouragé par la réussite de la formation.
Un bilan commercial sans équivoque
Aux états-Unis, l’album sort le 27 mai 1975, arborant un logo Capitol d’inspiration rétro (années 1950) spécialement pour McCartney. Il grimpe au sommet du Billboard Top 200, s’y installe une semaine, puis reste classé 77 semaines (soit près de 18 mois). Au Royaume-Uni, Venus And Mars paraît le 30 mai ; après une courte période de montée, il prend la première place le 28 juin, la cède deux semaines à « Horizon » des Carpenters, puis la retrouve pour une semaine supplémentaire. L’album reste 29 semaines dans les charts, devenant platine dès août 1975.
Si le public suit, la critique se montre moins unanime. L’album n’apparaît pas comme un échec, mais on note qu’il est parfois jugé moins spontané, un peu « trop léché ». Certaines revues comme Rolling Stone ou Record Collector estiment qu’il manque un souffle novateur. D’autres, au contraire, saluent la maîtrise de McCartney, capable d’offrir un disque familial et festif. Sur la durée, Venus And Mars atteint malgré tout un statut respectable, s’écoulant à plus de 4 millions d’exemplaires dans le monde.
Singles et notoriété
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« Listen To What The Man Said »
(sorti en mai 1975) : numéro 1 aux USA, numéro 6 au Royaume-Uni. Véritable locomotive du projet, il appuie la dynamique de l’album.
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« Letting Go »
(septembre 1975) : ne fait pas d’étincelles dans les classements, autour de la 39ᵉ place aux états-Unis, 41ᵉ au Royaume-Uni, mais devient un titre apprécié en concert.
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« Venus And Mars / Rock Show »
(novembre 1975) : pic à la 12ᵉ place du Billboard, inconnu au bataillon dans les charts britanniques. Titre plus long, plus orienté rock scénique.
Dans ce schéma, la stratégie est claire : l’album s’impose commercialement via son lead single. Les extraits suivants maintiennent un niveau d’intérêt honnête, sans atteindre la force de frappe de « Listen To What The Man Said ».
Le lancement de la tournée et l’impact scénique
Dès septembre 1975, Wings se lance dans une série de concerts à travers le Royaume-Uni, point de départ d’une longue tournée mondiale (Wings Over The World) qui durera un an, sillonnant dix pays sur trois continents. Lors de ces shows, plusieurs morceaux de Venus And Mars s’invitent dans la setlist :
- « Rock Show » comme ouverture punchy,
- « Venus And Mars (Reprise) » pour maintenir le fil conducteur,
- « Magneto And Titanium Man » pour le côté fun,
- « Letting Go » pour une dose de rock plus sombre.
Le public adhère, consolidant la réputation scénique de Wings comme un groupe capable de remplir des arènes et de proposer un spectacle généreux, avec feux d’artifice, projections, medleys Beatles (Paul insérant régulièrement des classiques comme « Lady Madonna » ou « Yesterday »).
Après la parution : suites et évolutions
Une fois l’album et la tournée lancés, Wings profite de l’élan pour enchaîner en 1976 sur l’album Wings at the Speed of Sound, enregistré en pleine tournée. Mais, dès la fin 1975, on remarque déjà l’évolution de la formation. Joe English s’intègre parfaitement, remplaçant de manière plus harmonieuse Geoff Britton. Denny Laine poursuit son rôle de bras droit. Jimmy McCulloch, malgré son apport, demeure un électron libre, confronté à des problèmes de dépendance qui compliquent le fonctionnement du groupe.
Venus And Mars
se retrouve parfois éclipsé par Band On The Run (1973) et par l’engouement autour de la tournée 1975-1976. Pourtant, il sert de passerelle. Comme le dira Paul : « Cet album, c’était un peu plus détendu, plus varié, un peu comme une fête où chacun apporte sa spécialité.» L’intention assumée n’est pas de rivaliser avec la perfection pop de Band On The Run, mais plutôt de donner à Wings un répertoire scénique solide, de la matière pour embraser les foules.
Rééditions et postérité
Au fil des ans, Venus And Mars connaît plusieurs rééditions. En 1987, il paraît en CD (avec parfois un mastering discutable). En 1993, dans le cadre de la collection The Paul McCartney Collection, on y ajoute des bonus : « Zoo Gang », « Lunch Box/Odd Sox », « My Carnival ». En 2014, c’est l’Archive Collection de Paul McCartney qui lui offre un lifting complet, incluant mixage remasterisé, DVD de footage inédit (séances à la Nouvelle-Orléans, répétitions à Elstree), livret exhaustif, et un second disque riche en raretés (dont « Junior’s Farm », « Sally G », etc.).
Malgré l’enthousiasme autour de ces rééditions, on maintient généralement l’idée que Venus And Mars n’est pas le sommet absolu de la discographie de McCartney, mais un album important qui illustre sa capacité à diversifier son style. Les fans reconnaissent qu’il recèle de grands moments pop, en particulier « Listen To What The Man Said », considérée comme l’une des ritournelles les plus efficaces du Paul des années 70.
Analyse titre par titre
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« Venus And Mars »
- Durée : 1:16
- Contexte : Morceau d’ouverture, introduction douce et planante, Paul y évoque les planètes comme un univers onirique. L’idée est de plonger l’auditeur dans un « voyage spatial », suggérant la complémentarité de Vénus (amour) et Mars (force, guerre).
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« Rock Show »
- Durée : 5:35
- Style : Rock énergique, riff de guitare prononcé, paroles célébrant la vie de tournée, la scène. évoque des références pop-culturelles comme Jimmy Page, etc. L’intervention d’Allen Toussaint ajoute une touche funky au piano électrique, même si la patte principale demeure rock. C’est un point fort en concert, souvent joué en ouverture de spectacle.
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« Love In Song »
- Durée : 3:04
- Ambiance : Ballade introspective, chant délicat de McCartney, guitare acoustique, nappes de claviers. La batterie de Geoff Britton apparaît. Paroles romantiques, typiques de Paul quand il s’adresse à Linda ou qu’il évoque l’amour sous une forme poétique.
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« You Gave Me The Answer »
- Durée : 2:15
- Essence : Pastiche de style music-hall, évoquant les années 1920-1930. Paul affectionne ces retours dans le passé (cf. « Honey Pie » chez les Beatles). Le morceau tranche avec le rock ambiant, introduisant une respiration rétro, un brin kitsch assumé.
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« Magneto And Titanium Man »
- Durée : 3:16
- Particularité : Référence explicite aux comics Marvel (Magneto, Titanium Man, Crimson Dynamo). Paul s’amuse à dérouler un scénario de bande dessinée. Musicalement, c’est un mid-tempo pop-rock, mélodique et accrocheur, soutenu par des harmonies légères.
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« Letting Go »
- Durée : 4:33
- Teneur : Titre plus sombre, riff de basse épais, guitares appuyées, cuivres denses. On y sent un groove puissant, la voix de Paul se faisant plus grave, évoquant le désir et l’abandon. Les cuivres rappellent une vibe soul/blues. Sans être un gros hit, c’est un titre marquant de l’album, valorisé dans certaines setlists de la tournée.
Face B :
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« Venus And Mars (Reprise) »
- Durée : 2:05
- Fonction : Création d’un lien conceptuel, retour du thème d’ouverture, cette fois en version plus complète, avec quelques arrangements supplémentaires, suggérant la continuité de l’album.
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« Spirits Of Ancient Egypt »
- Durée : 3:04
- Chant : Denny Laine en lead vocal. Son timbre diffère de celui de Paul, apportant une touche alternative. Les paroles évoquent vaguement des images d’égypte antique, bien que le style musical reste ancré dans le rock.
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« Medicine Jar »
- Durée : 3:37
- Composition : Jimmy McCulloch et Colin Allen. Jimmy chante, traitant du danger de la drogue (ironiquement, McCulloch aura des problèmes d’addiction). C’est un rock direct, énergique, qui prouve la volonté de McCartney de laisser un espace à Jimmy pour s’exprimer.
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« Call Me Back Again »
- Durée : 4:57
- Couleur : Ballade blues, on y retrouve Paul dans un registre vocal plus soul, avec des intonations proches de ses performances sur « Oh! Darling » (Beatles). La section de cuivres souligne la profondeur émotionnelle.
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« Listen To What The Man Said »
- Durée : 3:57
- Single : Le grand tube de l’album, avec un solo de saxophone par Tom Scott. Ambiance joyeuse, message positif (« écoute ce que dit l’homme »). Succès immédiat, parfait pour la radio, entraînant, signature d’un McCartney pop.
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« Treat Her Gently – Lonely Old People »
- Durée : 4:21
- Thématique : Ballade double abordant la vieillesse, la solitude. Arrangement soigné, orchestrations douces, claviers et harmonie vocale, conférant un ton émouvant.
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« Crossroads »
- Durée : 1:00
- Gag final : Reprise succincte du thème du soap britannique Crossroads. Paul assume la facétie, expliquant que c’est un clin d’œil à ces « vieilles personnes solitaires » qui regardent la télé. Conclusion inattendue, d’où la dimension humoristique.
Réception critique : nuances et succès
Accueil des médias
à sa sortie, l’album jouit d’un contexte très favorable : Wings est redevenu synonyme de succès, Paul McCartney est adoubé par la presse grâce à Band On The Run. Venus And Mars culmine en tête des ventes, tant en Amérique qu’en Europe. Le public y trouve son compte, mais la critique se montre moins unanime. Certains journalistes soulignent l’effort de variété, la capacité de McCartney à explorer différents registres. D’autres regrettent un manque d’unité, reprochant à l’album son éclectisme sans cohérence profonde. Des voix affirment que, malgré des sommets (e.g. « Listen To What The Man Said », « Letting Go »), l’ensemble n’atteint pas la force d’inspiration de Band On The Run.
Comparaison avec
Band On The Run
Il est quasiment impossible d’évoquer Venus And Mars sans le mettre en regard avec son prédécesseur. Band On The Run est salué comme l’une des meilleures productions post-Beatles, et a bénéficié d’une longue durée de vie dans les charts. Venus And Mars, sorti 18 mois plus tard, arrive après un temps d’attente où la curiosité du public est à son comble. Les avis tendent à considérer le disque comme « un cran en dessous » du précédent, mais globalement réussi. Au fil du temps, Venus And Mars est parfois jugé trop « léger », ou pas assez novateur. Quoi qu’il en soit, il s’inscrit dans la continuité logique de la progression de Wings.
Tournée promotionnelle et retombées
Contrairement à la sortie de Band On The Run, McCartney, cette fois, anticipe une tournée massive, la fameuse tournée Wings Over The World, qui débutera en septembre 1975. En amont, il organise des répétitions au Studio 5 d’Elstree (Londres), où le groupe présente en avant-première quelques chansons de l’album le 6 septembre 1975. Les concerts britanniques de septembre-octobre, puis ceux d’Australie et des états-Unis en 1976, confirment la popularité de Venus And Mars, dont plusieurs extraits (particulièrement « Rock Show » et « Listen To What The Man Said ») deviennent des pivots scéniques.
Paul McCartney profite aussi de la notoriété de l’album pour renforcer l’identité visuelle de Wings sur scène : décor de planètes, lasers, etc. Les enregistrements de ces performances circuleront ultérieurement, parfois diffusés à la télévision, renforçant le rayonnement de l’album.
Analyse de l’impact global
Si Venus And Mars ne fait pas l’unanimité parmi les critiques, il demeure un jalon important de la discographie de Paul McCartney. Non seulement il perpétue l’élan commercial enclenché par Band On The Run, mais il assoit Wings comme un groupe solide, prêt à conquérir les stades du monde entier. La diversité des styles prouve la volonté de Paul de ne pas se cantonner à un schéma unique, et de servir un répertoire adapté aux grands spectacles en arène.
Par ailleurs, l’arrivée de Joe English, qui va devenir un pilier rythmique, prépare le terrain à la formation la plus stable et performante de Wings (1975-1977). On voit dans Venus And Mars une sorte de puzzle musical, où chaque titre répond à une facette de l’univers de McCartney : le rock énergique, la ballade romantique, la nostalgie pour l’entre-deux-guerres, l’hommage humoristique à la pop culture.
Points de vue rétrospectifs
Avec le recul, plusieurs historiens du rock et fans de McCartney reconnaissent à Venus And Mars un charme particulier : celui d’un album « de transition », mais alignant quelques classiques. « Listen To What The Man Said » reste un joyau de la pop seventies, « Rock Show » fait partie des pièces maîtresses pour ouvrir un concert, et « Call Me Back Again » révèle un Paul vocalement impressionnant.
Les critiques les plus sévères pointent quelques fillers, comme « You Gave Me The Answer » (jugée trop désuète) ou « Crossroads » (considérée comme un simple gimmick). Néanmoins, la cohérence d’ensemble, portée par le motif récurrent « Venus And Mars », confère au disque un fil rouge plaisant. On évoque aussi le rôle de Linda dans les arrangements de claviers et chœurs, l’intégration de Laine et McCulloch, et la place accordée à la rythmique (Britton/English).
Postérité et rééditions
Au fil des décennies, Venus And Mars est souvent inclus dans les classements des albums marquants de la carrière de McCartney, sans atteindre le statut emblématique de Ram ou Band On The Run. Il fait toutefois partie des albums dont les titres rejaillissent en tournée. Paul reprend parfois « Rock Show » ou « Letting Go » lors de concerts contemporains, suscitant l’enthousiasme des fans nostalgiques.
Les rééditions se suivent :
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1984
: Première version CD (chez Columbia), parfois critiquée pour sa qualité sonore.
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1993
: The Paul McCartney Collection, avec bonus tracks (« Zoo Gang », « Lunch Box/Odd Sox », « My Carnival »).
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2014
: Intégration à la Paul McCartney Archive Collection. Remaster haute définition, ajout de titres rares ou inédits, DVD documentaire (séances à La Nouvelle-Orléans, répétitions à Elstree, etc.), livre richement illustré.
Ces ressorties renforcent la perception d’un album clé pour comprendre la genèse de la grande tournée Wings Over The World, et la période la plus faste de Wings en termes de popularité mondiale.
Focus sur la version Archive Collection (2014)
Dans le coffret Deluxe, on retrouve :
- Le remaster de l’album original (13 pistes).
- Un second CD compilant 14 bonus : « Junior’s Farm », « Sally G », etc., plus des démos. On note « Walking In The Park With Eloise » (un clin d’œil à James McCartney, père de Paul), ou encore la version live de « Soily ».
- Un DVD regroupant des vidéos rares : images de La Nouvelle-Orléans, interviews, publicités TV, répétitions de Wings à Elstree, etc.
- Un livre de 128 pages, agrémenté de photos de Linda et Aubrey Powell, retraçant l’histoire de la conception de l’album.
Cette édition met en lumière la volonté de Paul de documenter la genèse de l’album dans ses moindres détails, s’adressant à un public de fans férus d’archives et de raretés.
Après
Venus And Mars
: la machine Wings en route
La sortie de l’album coïncide avec la période la plus dynamique de Wings. Le groupe, désormais fort d’un line-up stable (Paul, Linda, Denny Laine, Jimmy McCulloch, Joe English), part à l’assaut du monde. Les concerts triomphent en Europe, en Australie, en Amérique, donnant lieu à des enregistrements ultérieurs comme Wings Over America (1976).
Venus And Mars
aura donc été la rampe de lancement d’une véritable offensive scénique : la setlist inclut plusieurs morceaux phares de l’album, couplés aux classiques Beatles que McCartney commence à réintégrer (après s’être longtemps refusé à les jouer). Au final, 1975-1976 demeure l’apothéose de Wings, mêlant succès commercial, tournées impressionnantes et reconnaissance internationale.
Conclusion
En dépit d’une critique partagée, Venus And Mars s’inscrit comme l’un des albums pivots de la carrière de Paul McCartney post-Beatles. à la fois prolongement direct de Band On The Run et amorce de l’ère des grandes tournées, il consacre Wings comme une formation scénique redoutable. Les collaborations avec Allen Toussaint et divers musiciens de La Nouvelle-Orléans témoignent de l’ouverture musicale de Paul, friand de croisements de styles.
Commercialement, l’album atteint rapidement la première place dans plusieurs pays, prouvant la popularité intacte de McCartney. Les singles, en particulier « Listen To What The Man Said », marquent les esprits par leur facilité mélodique. Certes, on ne retrouve pas l’unanimité critique qui avait couronné Band On The Run, mais la vitalité de Wings s’affiche dans la diversité des compositions, la mise en valeur de chaque membre (Jimmy McCulloch sur « Medicine Jar », Denny Laine sur « Spirits Of Ancient Egypt ») et la sophistication grandissante de la production.
Aujourd’hui, Venus And Mars reste un album cher à de nombreux fans, synonyme d’une période faste pour McCartney. Il cristallise la volonté d’offrir un show total, d’emporter l’auditeur dans un univers coloré, entre planètes, bandes dessinées, effluves jazzy et ballades sentimentales. Ultérieurement, la tournée Wings Over The World concrétisera ce potentiel scénique, faisant de Venus And Mars la bande-son d’une année mémorable pour Paul McCartney et son public, avant l’enchaînement avec Wings at the Speed of Sound et l’apogée de 1976.
à travers les décennies, l’album conserve cette aura de joyeux melting-pot, reflet d’un artiste et d’un groupe en pleine expansion, résolus à propager la positivité et la virtuosité pop. Qu’on l’aime pour ses tubes, pour ses accents funky ou pour son ambiance festive, Venus And Mars a sans conteste marqué une étape-clé dans la saga de Wings, permettant à Paul McCartney de consolider l’après-Beatles et de régner sur les charts internationaux en cette première moitié des années 70.