George Harrison, guitariste des Beatles et artiste solo accompli, a marqué l’histoire du rock par son jeu subtil et mélodique. Dès ses débuts, il impose un style raffiné, influencé par le rockabilly et la musique indienne. De l’intro cristalline de A Hard Day’s Night au solo poignant de Something, il sublime chaque morceau. En solo, il atteint la consécration avec My Sweet Lord et Isn’t It A Pity. Son toucher unique transparaît jusque dans Marwa Blues, dernier témoignage d’un maître de la six-cordes.
Parmi les légendes de la guitare rock, George Harrison occupe une place unique. Discret mais audacieux, technique sans jamais être démonstratif, il a forgé une approche musicale où chaque note servait l’émotion et la mélodie plutôt que la virtuosité pure. Son jeu de guitare, tant au sein des Beatles que dans sa carrière solo, témoigne d’un talent rare : celui de sublimer une chanson avec un simple solo ou un motif inoubliable. Retour sur les moments où George Harrison a fait chanter sa guitare comme nul autre.
Sommaire
- L’émancipation d’un guitariste au sein des Beatles
- La quête mélodique et spirituelle
- La consécration en solo
- L’âge de la maturité et les collaborations inoubliables
- L’héritage d’un maître de la six-cordes
L’émancipation d’un guitariste au sein des Beatles
Si Lennon et McCartney formaient le noyau créatif des Beatles, Harrison, dès les premières heures du groupe, imposa son style raffiné et méticuleux. A une époque où les guitaristes de rock s’inspiraient des bluesmen américains ou des pionniers comme Chuck Berry, lui préférait ajouter une touche mélodique et lumineuse, influencée par le rockabilly et la musique indienne.
L’un de ses premiers moments de grâce intervient sur Til There Was You, extrait de l’album With The Beatles (1963). Cette reprise d’une chanson de Broadway lui permet de démontrer une technique bien plus élaborée que celle de ses contemporains. Son solo, empreint d’élégance et de nuances jazz, témoigne d’une maîtrise déjà impressionnante et d’un goût pour l’expérimentation harmonique.
En 1964, A Hard Day’s Night marque un tournant. Harrison adopte la Rickenbacker 12 cordes, dont le son cristallin devient immédiatement une signature du groupe. L’introduction et le solo du titre éponyme définissent une esthétique sonore qui influencera profondément des artistes comme The Byrds, Tom Petty ou encore REM. Son jeu précis et scintillant fait alors école, prouvant que la guitare rock pouvait aussi être subtile et aérienne.
La quête mélodique et spirituelle
A partir de 1965, Harrison commence à s’affirmer davantage en tant que compositeur et explorateur sonore. Avec Rubber Soul, il intègre pour la première fois le sitar sur Norwegian Wood, mais c’est sur Nowhere Man qu’il livre un solo d’une pureté inégalée. Chaque note y semble pesée avec soin, ajoutant une dimension introspective à la mélodie de Lennon.
En 1969, alors que les tensions au sein des Beatles atteignent leur paroxysme, Harrison signe Something, un chef-d’œuvre qui prouve définitivement qu’il est bien plus qu’un simple accompagnateur. Son solo, tout en fluidité et en émotion, est considéré par de nombreux musiciens comme l’un des plus beaux jamais enregistrés. Même Frank Sinatra qualifia cette chanson de « plus belle chanson d’amour des cinquante dernières années ». Harrison, souvent dans l’ombre du tandem Lennon-McCartney, venait de prouver qu’il pouvait les égaler, voire les surpasser.
La consécration en solo
Après la séparation des Beatles en 1970, Harrison se libère et laisse enfin éclater son génie musical. Son album All Things Must Pass est une démonstration de sa créativité foisonnante, et My Sweet Lord en est le joyau. Dès les premières notes, sa slide guitar envoûte l’auditeur et l’emporte dans une ascension spirituelle. C’est l’un des solos les plus iconiques de l’histoire du rock, où l’émotion pure prime sur toute démonstration technique.
Autre perle de cet album, Isn’t It A Pity est une véritable complainte où Harrison exprime ses désillusions sur la nature humaine. Inspiré de Hey Jude, ce morceau s’étire dans une coda poignante où la guitare, une fois encore, prend la parole là où les mots ne suffisent plus.
L’âge de la maturité et les collaborations inoubliables
Dans les années 80, Harrison retrouve le plaisir de jouer avec d’autres artistes au sein des Traveling Wilburys, un supergroupe composé notamment de Bob Dylan, Tom Petty, Roy Orbison et Jeff Lynne. Sur Handle With Care, il délivre un solo aussi élégant que ludique, rappelant qu’il n’a rien perdu de son toucher unique.
L’un de ses derniers grands moments de guitare se trouve sur Marwa Blues, titre instrumental de son album posthume Brainwashed (2002). Ici, la guitare slide devient une voix céleste, méditative, presque mystique. Harrison, déjà affaibli par la maladie, y dépose son ultime message musical, comme une prière adressée à l’univers.
L’héritage d’un maître de la six-cordes
George Harrison ne cherchait pas à être le plus rapide ou le plus technique. Il voulait que sa guitare chante, qu’elle raconte une histoire, qu’elle touche le cœur des auditeurs. C’est cette approche unique qui fait de lui une figure intemporelle du rock.
Que ce soit à travers ses compositions ou ses solos iconiques, il a marqué l’histoire par son intelligence musicale et son goût du beau. Si Lennon et McCartney ont souvent occupé le devant de la scène, Harrison a su imposer un style inimitable, prouvant qu’un solo de guitare pouvait être bien plus qu’une démonstration : une véritable déclaration d’âme.