Barry Keoghan incarnera Ringo Starr dans le biopic audacieux signé Sam Mendes, qui prévoit quatre films distincts sur les Beatles. Le jeune acteur irlandais, ému par sa rencontre avec la légende vivante, s’investit pleinement dans ce rôle exigeant.
Il y a des rôles qui forgent une carrière. D’autres qui la consacrent. Et puis, il y a ceux qui engagent l’acteur dans une forme de pacte tacite avec l’Histoire. Pour Barry Keoghan, jeune prodige du cinéma irlandais, c’est bien dans cette dernière catégorie que s’inscrit son nouveau défi : incarner Ringo Starr, batteur des Beatles, dans le projet de biopics que le cinéaste britannique Sam Mendes consacre au groupe légendaire.
La tâche est immense, à la hauteur du mythe qu’il s’apprête à revêtir. Et le comédien ne le dissimule pas : « Je suis nerveux », a-t-il confié à Entertainment Tonight, lors de l’avant-première de son prochain film Hurry Up Tomorrow. Une nervosité sincère, teintée d’admiration : « C’est une icône », déclare-t-il simplement en parlant de Ringo. Peu de mots, mais un poids énorme.
Sommaire
- Une rencontre avec la légende
- Un projet inédit : quatre Beatles, quatre films, une vision
- “I’m off to drumming now” : Keoghan à l’école de Ringo
- Un regard bienveillant de la légende
- Une responsabilité collective
- Une sortie prévue pour 2027 : vers une tétralogie événement
- Entre fiction et vérité : le pari de l’incarnation
Une rencontre avec la légende
C’est une chose d’interpréter un personnage historique disparu. C’en est une autre d’interpréter une légende vivante… et de l’avoir rencontrée. Car Barry Keoghan a bel et bien rencontré Ringo Starr. Et cette entrevue, il la décrit comme un moment de sidération pure.
« Je crois que je suis encore sous le choc. »
Sur le plateau de Jimmy Kimmel Live, Keoghan, visiblement ému, avait déjà raconté une anecdote mémorable :
« Il a joué de la batterie pour moi. Puis il m’a demandé de jouer… mais je n’allais pas jouer de la batterie devant Ringo Starr. »
Ce moment de grâce, anecdotique en apparence, résume tout le défi auquel fait face Keoghan : trouver l’équilibre entre respect, justesse et incarnation. Ne pas singer, ne pas caricaturer, mais traduire l’homme derrière le musicien. Rendre justice à une vie sans le poids de la révérence paralysante.
Un projet inédit : quatre Beatles, quatre films, une vision
Le projet, annoncé début 2024 par Sam Mendes, a immédiatement suscité l’attention et l’enthousiasme du monde du cinéma. Il ne s’agit pas ici d’un biopic traditionnel, mais d’une expérience narrative à quatre voix. Chaque membre des Beatles aura son propre long-métrage, racontant les mêmes événements mais selon son propre prisme subjectif. Un procédé audacieux, digne du Rashōmon de Kurosawa, transposé dans l’univers pop des années 1960.
C’est un pari rare dans l’industrie contemporaine : Mendes, oscarisé pour American Beauty et acclamé pour 1917, dirigera lui-même les quatre volets, chacun centré sur Lennon, McCartney, Harrison et Starr. L’objectif ? Capturer non pas une vérité historique figée, mais quatre regards intimes sur la même épopée.
Le casting, révélé officiellement le 1er avril 2025 — et auparavant fuité par une déclaration impromptue de Ringo lui-même — réunit des noms prometteurs :
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Paul Mescal sera Paul McCartney.
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Harris Dickinson, John Lennon.
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Joseph Quinn, George Harrison.
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Et donc, Barry Keoghan, dans le rôle du batteur philosophe, Ringo Starr.
Tous quatre, déjà acclamés pour leurs performances respectives, se retrouvent embarqués dans l’une des entreprises cinématographiques les plus ambitieuses de la décennie.
“I’m off to drumming now” : Keoghan à l’école de Ringo
Quand Entertainment Tonight lui demande s’il se prépare activement, Keoghan plaisante :
« Je pars répéter la batterie. »
Avant de reconnaître en riant qu’il ne le faisait qu’“à moitié”.
Et pourtant, il travaille bel et bien. Car si Keoghan possède le don rare d’habiter un rôle de l’intérieur — comme il l’a prouvé dans Saltburn ou The Banshees of Inisherin — il sait que l’interprétation de Ringo Starr exigera plus que du mimétisme.
« Je cherche les petites nuances », explique-t-il, « sans donner l’impression de les traquer. »
Il s’agit d’étudier un homme qui, derrière son flegme humoristique, cache une profondeur rarement célébrée. Le Ringo cool, pince-sans-rire, mais aussi celui qui a vécu dans l’ombre du tandem Lennon-McCartney. Celui qui, dans With a Little Help From My Friends, chantait la fraternité avec pudeur. Celui qui, assis derrière sa batterie, fut le métronome de la plus grande aventure musicale du XXe siècle.
Un regard bienveillant de la légende
Si Barry Keoghan est intimidé par son sujet, ce n’est pas réciproque. Ringo Starr, interrogé par la même émission, s’est montré à la fois amusé et enthousiaste :
« Je crois que c’est super. J’ai entendu dire qu’il prenait des cours de batterie… enfin, j’espère pas trop quand même ! », a-t-il lancé avec son humour inimitable.
Derrière la boutade, un vrai feu vert. Starr n’a jamais été hostile à sa propre représentation. Contrairement à Lennon ou Harrison, il a toujours abordé la postérité avec un mélange d’humour et de recul. Sa réponse à Keoghan, c’est une bénédiction légère, mais sincère.
Une responsabilité collective
Barry Keoghan n’est pas seul dans cette aventure. Il travaille déjà, selon ses dires, « avec les gars », désignant Paul Mescal, Harris Dickinson et Joseph Quinn. La chimie entre les quatre acteurs sera cruciale. Plus encore que la ressemblance physique ou l’exactitude des accents, c’est l’alchimie émotionnelle qui fera naître, ou non, la magie des Beatles à l’écran.
Sam Mendes, en réunissant ce quatuor, entend restituer non pas une série de faits historiques, mais une expérience humaine : les complicités, les conflits, les doutes, les éclats de rire, les déchirures. La grandeur, mais aussi la fragilité de ces quatre jeunes hommes qui ont changé le monde.
Une sortie prévue pour 2027 : vers une tétralogie événement
Les quatre films sont annoncés pour une sortie conjointe en 2027. On ne sait pas encore s’ils sortiront simultanément ou de façon échelonnée, mais l’événement s’annonce déjà comme une révolution dans le genre du biopic musical.
Jamais une formation n’a été racontée de cette manière. Jamais le récit d’un groupe n’a été envisagé comme un kaléidoscope de subjectivités croisées. Ce choix narratif résonne avec la complexité même des Beatles : ils furent un bloc, une entité unique, mais aussi quatre univers distincts, chacun avec ses blessures, ses envies, ses vérités.
Entre fiction et vérité : le pari de l’incarnation
Pour Barry Keoghan, ce rôle est une chance, mais aussi un saut dans l’inconnu. Comment incarner Ringo sans réduire sa personne à un stéréotype bonhomme ? Comment faire sentir son rôle essentiel dans l’équilibre du groupe ? Comment rendre justice à sa trajectoire unique — de garçon de Liverpool à chevalier de l’Empire britannique ?
Le défi est de taille. Mais Keoghan possède une arme rare : la sensibilité à fleur de peau. Dans chacun de ses rôles, il capte ce qui se murmure plutôt que ce qui se proclame. Et c’est peut-être cela, au fond, qui le rend apte à incarner Ringo : ce mélange de discrétion et de profondeur, de vulnérabilité cachée derrière une blague.
Ringo Starr est bien plus qu’un batteur. Il est une pulsation. Un sourire discret. Une énigme bienveillante au cœur du cyclone Beatles. En le portant à l’écran, Barry Keoghan prend le pari de rendre visible ce que l’histoire avait parfois relégué à l’arrière-plan. Et en retour, le cinéma pourrait bien faire de lui l’un des acteurs majeurs de sa génération.