Je parle quelquefois « cheveux » avec une de mes collègues et force est de constater que nous ne partons pas tous dans la vie avec les mêmes problématiques dans ce domaine. C’est ce qui m’a intéressé avec ce livre, comprendre la perception d’une métisse aux cheveux crépus dans un pays où les cheveux lisses sont la norme à atteindre. En réalité, Estelle-Sarah Bulle nous parle également de son chemin vers l’écriture. Le fil du récit est d’ailleurs une rencontre sur ce thème, marquante, avec des élèves d’un CAP coiffure, dans le cadre d’une résidence d’écriture. J’ai vraiment beaucoup aimé ce moment de lecture en compagnie d’une autrice authentique et captivante, qui évoque non seulement les cheveux, mais également la Guadeloupe, son enfance et les figures qui l’ont inspirée.
Le résumé
Devenue autrice par conviction et par choix, Estelle-Sarah Bulle, comme beaucoup d’auteurs, anime aussi des ateliers d’écriture. Accompagnée par une professeur de français, la voici devant une classe d’un CAP coiffure pour ouvrir les élèves à l’écriture. C’est un pari pas simple car quelques uns d’entre eux manient difficilement le français et la motivation reste incertaine. Cherchant des textes sur le thème des cheveux, l’autrice est amenée à réfléchir sur son propre rapport aux siens, crépus, qu’elle n’a eu de cesse de vouloir discipliner par des tresses ou des lissages.
Mon avis
J’ai apprécié mieux comprendre, via l’expérience de l’autrice ce qu’avoir des cheveux crépus signifiait en terme de soins, de temps passé, de regard des autres. Les laisser libres, être « en cheveux » est terriblement mal vu, alors certaines préfèrent porter des perruques, se mettre des produits dangereux sur le cuir chevelu, passer des heures à se faire tresser. De plus, les salons de coiffure lambdas n’accueillent pas ces clientes. C’est un cheveu à connaître. Je dois dire que les expériences parfois désastreuses de la jeune Estelle-Sarah Bulle m’ont brisé le coeur. Son ouvrage n’est cependant pas qu’intime, il s’ouvre au monde et prend de la hauteur sur ce que s’ouvrir à la diversité veut dire aussi en terme de reconnaissance. Voir à la télévision, au cinéma, en politique, des gens qui nous ressemblent pour mieux s’accepter et être accepté.
Editions Bayard – 2 avril 2025
J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…
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