Crise existentielle de couple : récits et témoignages de ceux qui l’ont traversée

Publié le 22 mai 2025 par Michele Montagnon @Travailencouple

Lisez aussi : comment surmonter les tensions dans son couple — un article complémentaire qui explore les outils pour faire face aux crises relationnelles profondes.

Comprendre la crise existentielle en couple : un mal bien réel

Se retrouver plongé dans une crise existentielle après une rupture ou suite à une situation amoureuse trouble est une expérience fréquente mais rarement exprimée en profondeur. En tant que conseiller conjugal et à travers ma propre traversée de périodes similaires, je peux affirmer une chose avec certitude : ces crises sont douloureuses, mais elles révèlent souvent un questionnement plus vaste sur soi-même.

La plupart des personnes qui expriment ce bouleversement partagent un même fil conducteur : un déséquilibre entre ce que l’on ressent et la manière dont on donne ou reçoit de l’amour. À travers les témoignages que vous allez lire, c’est toute une mosaïque d’émotions qui se dévoile — du manque de confiance en soi à la jalousie de voir l’autre avancer, en passant par l’impression de vide existentiel.

Quand la rupture déclenche un tsunami émotionnel

Dimitri : « Depuis que j’ai revu mon ex, c’est comme si tout en moi s’était fissuré. Une crise existentielle brutale, profonde. Je ne veux pas la récupérer, mais j’ai été bouleversé par cette vision d’elle, radieuse. Je ne comprends pas pourquoi je ne peux pas passer à autre chose aussi facilement. »

Ce genre de témoignage est glaçant de réalisme — le choc de revoir une personne qu’on a aimée et de se comparer, de s’auto-saboter en permanence. En tant que thérapeute de couple, j’ai entendu des dizaines de récits similaires, et à chaque fois, la même question revient : « Pourquoi ça me fait autant de mal, alors que c’est fini ? ». C’est souvent parce que cette rupture est l’occasion, voire le prétexte, d’un questionnement plus vaste sur l’estime de soi, le besoin d’être désiré et la peur de l’abandon.

Le regard des autres et la pression sociale post-rupture

Player : « Je ressens la même chose… cette impression d’être transparent. Pourtant, je me bouge : sport, vie familiale riche, études. Mais ça ne suffit pas à effacer ce sentiment d’inexistence. »

Ce que partage Player illustre bien le paradoxe de notre époque : être objectivement « adéquat », mais se sentir intérieurement vide. La société actuelle valorise l’image extérieure : réussite, entourage, charme. Or, lorsque notre monde intérieur crie son manque d’amour ou de connexion, ces apparences ne suffisent plus. C’est dans cette faille que la crise existentielle s’installe.

Ces conseils qui font mouche, car ils viennent du cœur

Milady : « Tu rejettes les raisons de t’apprécier. Ta langue est belle, ton introspection lucide, mais tu refuses d’y croire. C’est un vrai problème de perception de toi-même, pas d’objectivité. »

Le retour extrêmement lucide de Milady offre un soutien rare dans les forums : elle dénude le mécanisme mental de Dimitri avec une finesse psychologique remarquable. Parce qu’en grande partie, ces crises sont alimentées par notre incapacité à se voir comme aimables ou séduisants. Le doute de soi prend toute la place, effaçant les qualités dont nous devrions nous nourrir.

Hommes et femmes face à la rupture : vrais écarts ou idées reçues ?

Un autre membre : « Statistiquement, les femmes sont plus sollicitées post-rupture à cause de codes culturels. Mais ces rencontres sont souvent superficielles et frustrantes. Le vrai désir, celui qui épanouit, est rare pour tous. »

C’est une idée très répandue : les femmes tourneraient plus facilement la page parce qu’elles peuvent plus rapidement reconstruire une vie sentimentale. Mais cette vision est faussement simpliste. Les rencontres « faciles » n’apportent que rarement la paix intérieure. Et cela vaut pour tous les genres. La véritable reconstruction commence par soi-même, en dehors du prisme de la séduction.

Comment avancer quand le passé nous paralyse ?

Barney : « Accepte ton état. Ne fais rien que tu ne ressentes pas. Pleure. Parle. Reste à l’écart de ton ex. C’est normal d’aller mal, mais tu dois enclencher ton propre deuil. »

Je ne pourrais mieux dire. On veut trop souvent “aller mieux” rapidement, passer à autre chose comme si on effaçait un fichier sur son ordinateur. Or, on ne guérit pas d’un amour en cliquant sur « supprimer ». Il faut se donner le droit d’être mal. Le processus de deuil post-rupture a plusieurs phases : choc, déni, colère, tristesse, acceptation. Les ignorer rend la crise plus longue.

L’estime de soi au cœur de tout

Dimitri : « Je suis sorti, j’ai même évité les endroits où je pourrais la croiser. Mais je sens que je dois me reconstruire, en comprenant ce qui cloche en moi. »

Je trouve ce témoignage bouleversant parce qu’il illustre une prise de conscience : la rupture n’est pas la seule blessure, c’est le révélateur de douleurs intérieures plus profondes. Travailler sur soi, c’est parfois ralentir, accepter le doute, relire Castaneda, discuter avec un psy, et, surtout, se permettre d’exister, même sans amour extérieur temporairement.

Ce que je retiens de ces témoignages

  • Se sentir vidé après une rupture ne veut pas dire qu’on n’est pas fort : c’est justement en acceptant ses failles qu’on les dépasse.
  • Hommes et femmes souffrent également, chacun à leur manière, face au deuil amoureux.
  • Parler, écouter, lire les mots de ceux que l’on ne connaît pas mais qui nous comprennent, peut nous « recoller » un peu à nous-mêmes.
  • Enfin, l’estime de soi est un muscle : il se travaille, et chaque petit acte (un compliment accepté, une sortie assumée, une thérapie commencée) le renforce.

Vers une guérison par la parole

Les forums comme celui-ci sont précieux. Ils nous rappellent que peu importe la profondeur de la tristesse qu’on ressent, il y aura toujours d’autres personnes pour qui ces mots sont des miroirs. En tant qu’expert, j’encourage ces dialogues, ces fragments de vécu partagés.

Vous vivez une crise existentielle après une rupture ? N’ayez pas honte. Cherchez l’échange, la réflexion, la parole — qu’elle soit écrite ou parlée. C’est souvent là que commence la véritable transformation intérieure.

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