Riding to Vanity Fair : L’Évolution Étonnante de l’un des Joyaux Cachés de McCartney

Publié le 25 mai 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

« Riding to Vanity Fair », une chanson de Paul McCartney, fait partie des trésors cachés de son album Chaos and Creation In The Backyard. D’abord rejetée par le producteur Nigel Godrich, elle a été transformée en un morceau intime et mélancolique. Avec une instrumentation soignée et des effets sonores qui renforcent l’ambiance de solitude, ce titre se distingue dans la discographie de McCartney par sa profondeur émotionnelle et son atmosphère unique.


Parmi les joyaux cachés deChaos And Creation In The Backyard, le treizième album solo de Paul McCartney,Riding To Vanity Fairoccupe une place à part. Cette chanson, initialement conçue comme un morceau enlevé, a connu une métamorphose sous l’impulsion du producteur Nigel Godrich, qui a poussé McCartney à revoir complètement son approche. Ce processus, parfois douloureux pour l’ancien Beatle, a donné naissance à l’un de ses titres les plus introspectifs et poignants.

Sommaire

Une genèse marquée par le doute

L’albumChaos And Creation In The Backyard, sorti en septembre 2005, s’inscrit dans une démarche artistique plus exigeante que les productions précédentes de McCartney. Nigel Godrich, connu pour son travail avec Radiohead et Beck, ne s’est pas contenté d’un rôle d’exécutant. Il a remis en question certaines des compositions de McCartney, allant jusqu’à exprimer un désintérêt total pourRiding To Vanity Fairdans sa version initiale.

McCartney, surpris et blessé par ce rejet, a d’abord eu du mal à accepter cette critique. « Je pensais avoir un super morceau, et là, il me dit qu’il ne l’aime pas du tout. Ça m’a complètement détruit. Je n’ai pas pu continuer à travailler ce jour-là «, confie-t-il dans une interview. Pourtant, après plusieurs discussions, il finit par remodeler la chanson, en ralentissant le tempo et en l’inscrivant dans une atmosphère plus lourde, plus intime.

Une atmosphère lourde et spectrale

L’une des transformations majeures deRiding To Vanity Fairréside dans son instrumentation. Si McCartney assure la plupart des parties musicales (guitares, basse, piano électrique, glockenspiel), il est rejoint par James Gadson à la batterie et par des arrangements de cordes confiés au Los Angeles Music Player. La harpe de Stephanie Bennett ajoute une touche vaporeuse à l’ensemble.

Le morceau adopte une tonalité mélancolique, avec une ambiance quasi cinématographique. Les effets sonores travaillés par Godrich, notamment des réverbérations éthérées et des échos subtils, renforcent le sentiment d’isolement et de déception que McCartney cherche à exprimer. Loin du registre habituellement lumineux de l’artiste,Riding To Vanity Fairs’inscrit dans une veine proche du rock alternatif et du trip-hop, rappelant parfois les productions de Portishead ou Massive Attack.

Un texte empreint de blessure et de résignation

Loin des hymnes amoureux et optimistes auxquels McCartney nous a habitués,Riding To Vanity Fairparle de rejet et de désillusion. Le texte dépeint un protagoniste qui, après avoir tenté d’établir un lien avec une autre personne, se retrouve confronté à une froide indifférence.

« C’est une chanson sur ces moments où vous tendez la main à quelqu’un et que cette tentative est repoussée. C’est toujours une chose douloureuse «, explique McCartney. Il précise que ce morceau n’est pas inspiré de son ex-épouse Heather Mills, dont il était encore marié au moment de l’enregistrement, mais bien d’une autre relation, sans plus de détails.

Les paroles traduisent cette amertume contenue : « I bit my tongue / I never talked too much / I tried to be so strong «. L’effacement et la retenue du narrateur contrastent avec la froideur de l’autre, ce qui donne une impression de malaise et d’injustice subtilement décrite.

Un morceau d’exception dans la discographie de McCartney

SiRiding To Vanity Fairn’a pas été un tube radiophonique, elle reste une des chansons les plus respectées deChaos And Creation In The Backyard. Sa profondeur émotionnelle et son audace sonore en font un titre atypique, à mille lieues des mélodies ensoleillées de McCartney.

L’album, acclamé par la critique, doit beaucoup à cette capacité de McCartney à se réinventer et à se laisser guider par un producteur aux exigences artistiques fortes.Riding To Vanity Fairen est l’exemple parfait : une chanson qui a failli être écartée, mais qui, après un travail acharné, est devenue l’un des morceaux les plus intenses et intrigants de son répertoire.