Paul McCartney et The Kiss Of Venus : une chanson entre science et poésie

Publié le 30 mai 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

Sorti sur McCartney III en 2020, The Kiss Of Venus est un morceau intime inspiré par un livre sur les motifs géométriques des planètes. McCartney y mêle poésie et astronomie, sublimant cette harmonie cosmique en une ballade acoustique épurée. Plus tard, Dominic Fike en propose une version pop-funk moderne pour McCartney III Imagined. Ce titre illustre la fascination du Beatle pour l’univers et sa capacité à transcender les générations musicales.


Lorsque Paul McCartney sortMcCartney IIIle 18 décembre 2020, l’album se démarque par son caractère intime et introspectif. Enregistré en solo pendant le confinement dû à la pandémie de Covid-19, ce disque marque un retour aux racines artisanales de l’ancien Beatle. Parmi les morceaux qui s’y trouvent,The Kiss Of Venusbrille par sa poésie et sa simplicité, tout en révélant une source d’inspiration fascinante.

Sommaire

Une inspiration céleste et mathématique

Comme souvent dans son processus créatif, Paul McCartney s’est laissé guider par une rencontre fortuite avec un livre. Dans ce cas précis, il s’agit deA Little Book of Coincidence in the Solar Systemde John Martineau. Cet ouvrage explore les motifs géométriques que dessinent les planètes au fil de leurs révolutions. Parmi ces phénomènes, celui que Martineau appelleThe Kiss of Venusa captivé l’attention de McCartney.

Ce baiser de Vénus désigne le moment où la planète passe très près de la Terre, dessinant au fil des ans une figure pentagonale parfaite autour de notre planète. Cette harmonie cosmique a frappé McCartney par son caractère presque mystique :« Quand j’ai lu ce livre, j’ai été émerveillé par ces designs complexes dans l’univers, et cela m’a fait penser : Oui, c’est magique ! », écrit-il dansThe Lyrics: 1956 to the Present.

Une ballade acoustique et introspective

Musicalement,The Kiss Of Venusest l’un des morceaux les plus dépouillés deMcCartney III. Portée par une guitare acoustique délicate et un clavecin aérien, la chanson évoque un McCartney en pleine méditation sur les liens invisibles qui unissent les éléments de l’univers. Sa voix, légèrement voilée, ajoute une touche de fragilité qui contraste avec la beauté sereine de la mélodie.

Les paroles jouent sur cette tension entre la rigueur mathématique du cosmos et l’émotion humaine. La chanson évoque des promesses et des regrets, tout en laissant transparaître une fascination pour l’inexorable mouvement des astres :« The kiss of Venus has got me on the go »(Le baiser de Vénus m’a mis en mouvement), chante McCartney, comme si cette danse céleste avait insufflé une nouvelle énergie à son inspiration.

De l’intime au collectif : la réinterprétation de Dominic Fike

L’histoire deThe Kiss Of Venusne s’arrête pas àMcCartney III. Lorsque McCartney décide de revisiter son album à travers des réinterprétations modernes pourMcCartney III Imagined, il confie ce morceau au jeune artiste Dominic Fike. Ce dernier en livre une version radicalement différente, transformant la ballade acoustique en un titre pop-funk contemporain, porté par un groove énergique et des arrangements électroniques.

Le clip accompagnant cette reprise voit Fike incarner un journaliste interrogeant McCartney, qui fait une brève apparition à la fin. Ce clin d’œil souligne la volonté du Beatle de tisser un pont entre les générations, confiant son héritage musical à une nouvelle vague d’artistes.

Un testament musical à la fascination pour l’univers

À traversThe Kiss Of Venus, Paul McCartney rappelle qu’il est non seulement un mélodiste hors pair, mais aussi un observateur émerveillé du monde qui l’entoure. En puisant dans les mystères de l’univers, il transforme un concept scientifique en une chanson empreinte de poésie et de sensibilité. Ce morceau s’inscrit ainsi dans la lignée des compositions de McCartney qui, à l’instar deBlackbirdouCalico Skies, captent en quelques accords la beauté fugace de l’existence.

Avec cette chanson, McCartney nous invite à lever les yeux vers le ciel, à contempler les mystères qui nous entourent et à nous rappeler que, dans l’infini du cosmos, il y a toujours une place pour l’émerveillement.