C’était un 1er juin en 1997 : la naissance de Yellow-Sub.net

Publié le 01 juin 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

C’était un 1er juin à 19h30.

Comment ne pas oublier ce 1er juin 1997, à quelques minutes de passer à table, quand ma main tremblante et posée sur la souris de mon PC Olivetti 386SX, à fait glisser sur le serveur offert par Wanadoo, les quelques fichiers qui allaient devenir le site yellow-sub.net. À l’époque, le site ne s’appelait pas encore Yellow-sub.net mais A Day In The Life, chanson qui m’avait bouleversé dès sa première écoute. Quant au contenu, seulement une dizaine de pages, essentiellement les paroles des chansons des Beatles et quelques billets d’humeur. 

Depuis, les jours, les mois, et les décennies sont passées, et le souvenir de ce lancement reste dans ma mémoire, et à chaque fois que j’y pense, j’entends le ronronnement  du ventilateur de cet ordinateur, je sens à nouveau l’humidité de la cave où mon père avec les moyens du bord m’avait construit ce petit bureau, berceau de yellow-sub.net. C’est dans ce bureau que jusqu’au décès prématuré de mon père, je créait toutes les pages du site, d’abord en HTML et puis en PHP. À cette époque étudiant en comptabilité, je me surprenais moi-même à coder des heures durant, et à mettre en œuvre des savoirs qui ne relevaient pas de mes champs de compétence. 

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Il y a eu des tempêtes, des naufrages, des larmes, du plaisir, et des déceptions… 

Mais même dans les moments les plus sombres, même dans les moments de reconnaissance, je n’ai jamais tiré un profit personnel du site, qu’il soit financier ou moral… Et j’ai toujours gardé en mémoire ce jeune homme que j’étais en 1997, et qui avait programmé ce site pour y regrouper des informations sur les Beatles, à l’attention des autres fans qui, comme lui, ne pouvaient pas toujours s’offrir le dernier disque, le dernier livre pour en savoir plus sur les Fab Four. Parce que ne nous y trompons pas, c’est cette envie de partager qui a toujours été l’ADN du site… Et une furieuse envie d’anonymat, parce que je me trouvais illégitime à jouir d’une mise en avant médiatique. Je me souviens ainsi avoir fui les interviews lors du décès de Linda McCartney ou lors de la mort de George Harrison… Et encore tout récemment lors de la publication de « Now and Then ». 

Si je devais garder des mauvais souvenirs de ce site ce fut ce combat imbécile et fraticide qui fit rage entre 1998 et 2006 avec d’autres sites francophones Beatles : bleu contre jaune…. Et cela sous l’impulsion de certains fans imbéciles qui ne pouvaient imaginer que la Toile puisse avoir deux beaux sites sur les Beatles…  Inutile de le dire, mais cette rivalité à l’époque m’a  épuisée car je ne la voulais pas. Mais certains fans ne pouvaient imaginer un Web beatles avec une certaine pluralité…. Quelle douleur, quel gâchis….

Je regrette encore parfois que certains internautes imaginent des « rivalités » entre sites internet….

Un autre mauvais souvenir ? 

Sans doute le départ de la gestion du site de ceux que je considérais comme des amis : Olivier co-web le Cannois, David l’ami d’Israël, et Phil le Belge….  Jamais je ne les ai oubliés, et même si le temps a séparé nos chemins, je les porte dans mon estime et dans mon cœur, avec une reconnaissance qui transcende le temps.  J’ai à cette époque sans doute été arrogant et sourd à leurs demandes…  Ces départs successifs m’ont aussi blessé parce qu’il n’y a rien de plus triste qu’un « Au revoir » .

All apologies !

Des souvenirs heureux ? 

Il y en a aussi beaucoup. Ma rencontre avec Céline, de Nice, qui partagea ma vie quelques temps et que je n’ai jamais oublié car elle fut ma muse, mon énergie de propulsion et de stimulation à aller plus loin. Sans son regard, son amour et la douceur de ses mots, le site aurait disparu dès le début des années 2000.

Parce qu’il était bon de casser le virtuel, il y eut une brochette de très belles rencontres à l’occasion d’événements comme les concerts de Paul McCartney, les Yellow-sub Days, ou encore les Beatles Day de Mons.  Parmi les noms qui me traversent l’esprit,  je peux mentionner  : Francis Shakin’mates, Phiphi, le Che, CAD, Calico, Olivier NorthernSongs, Luigi, Jack In The Box,  ou encore mon acolyte Sant Bernez, ADneo, Tiphaine…  Et j’en oublie. 

Je n’ai jamais eu la chance d’avoir une  descendance, mais depuis ce 1er juin 1997, j’ai veillé sur ce site comme si c’était « mon bébé », et en qualité de géniteur, j’ai toujours veillé à grandir en relevant des challenges rédactionnels et techniques que je n’aurais jamais cru atteignables. 

Le site internet s’est étoffé, et j’ai grandi en conservant dans mon esprit ce garçon en embonpoint , dans son bureau, lançant ce petit site internet qui désormais comporte plus de 50 000 pages, et qui est devenu une référence. 

Cet anniversaire, ce 28eme, ce nouvel an au compteur suscite un vertige empreint d’une nostalgie lacrymoyante.  Jamais ce jeune homme aveyronnais, dans la fraîcheur de son bureau, un 1er juin 1997, n’aurait pu imaginer écrire ces lignes rétrospectives aujourd’hui. 

Que serait-il devenu si ce site n’avait pas existé ? Sans doute quelqu’un de différent,  mais certainement pas la personne qu’il est devenu… Parce que chacune des lignes de ce site internet furent de son propre temps offert à une communauté de fans… Chaque facture (elles sont nombreuses…) payées furent de son argent personnel offert à une communauté de fans parfois peu reconnaissante…. Si ce site a tenu aussi longtemps alors que d’autres nombreux sites ont disparu, c’est parce qu’il s’appuie sur des piliers sains : la générosité, l’altruisme, et le partage.  C’est parce que Yellow-Sub.net a existé que je suis ce que je suis : quand le virtuel s’allie à l’ADN. 

Quel avenir pour le site ?

C’est souvent une question que l’on me pose. À l’heure de l’intelligence artificielle, des réseaux sociaux, nul ne peut prédire quel sera l’avenir du site. Cette question était aussi de mise en 1997 et les années suivantes, car il est bon de rappeler que derrière ce site, il n’y a qu’une seule et unique personne, et non une équipe.

Alors quel avenir pour le site  ? Nul ne le sait vraiment. En effet, les curseurs depuis quelques temps déjà ont bien bougé. Le Big-Bang technologique que le web a vécu rend de plus en plus obsolète le contenu de notre site et de l’ensemble des sites internet. Il est difficile de se réinventer dans cette spirale actuelle : mobilis in mobile. Même si la passion des Beatles est loin de s’émousser, le site n’en demeure pas point une succession de “0” et de “1”.

Outre cela, la maintenance rédactionnelle et technique du site demeurent lourdes pour un « capitaine abandonné » qui est bien fatigué et bien malade, et qui anticipe chaque nouvelle tempête comme la dernière.

Au moment où j’écris ces quelques lignes, c’est le jeune homme tapis dans sa cave, derrière son ordinateur Olivetti, en 1997, qui se tourne vers moi et me dit « merci »…. Un peu comme si la destination avait été atteinte après un long voyage magnifique, un peu comme si les photos en couleur avaient perdues de leur éclat et étaient désormais en noir et blanc. 

Clive L.D.