Lingerie ou tenue du quotidien ? Cette exposition revient sur ces pièces mode qui ont flirté avec la frontière entre l’intime et le public depuis que
Marie-Antoinette s'est exhibée en robe de chambre, corsets provocateurs ou nuisettes assumées et qu'elle a été portraiturée par Elisabeth Vigée-Le Brun en 1783 ni coiffée, ni maquillée, portant un ample chapeau de paille simplement posé sur la tête, vêtue d’une robe de mousseline au tissu vaporeux et transparent.Nombreuses sont les femmes qui adopteront cette silhouette jugée provocante. Le vêtement de dessous deviendra alors officiellement tenue de dessus et la confusion règnera au fil des époques. Les textiles, les coupes, les coloris et les matières associées aux sous-vêtements se jouent des codes et réinventent la mode par la même occasion.Entre tissus légers, coupes audacieuses et détournements historiques, et illustrant les propos de l’écrivain français du XVIIIe siècle Louis Antoine Caraccioli : Il y a souvent plus d’art dans le déshabillé que dans la grande parure, cette exposition explore comment nos vêtements du dessous ont pris le dessus. C'est l'occasion de voir ou revoir des créations iconiques.
A commencer par la pièce choisie pour l'affiche : Cardigan et robe, de Lolita Lempicka, automne-hiver 1998-1999, dentelle de viscose, polyamide et élasthanne, jersey damassé de polyamide et d’élasthanne. Don de la Société 3 Suisses en 2016.Comme je le signale dans le premier article consacré ce mois ci à ce musée l’exposition est prétexte à redécouvrir des oeuvres du musée appartenant à une autre catégorie, comme ce Maillot "Bains municipaux Roubaix n°2" en porcelaine, 2016 d’Isabelle Ramnou.
L’exposition et les oeuvres annexes démontre l’étendue de la palette de l'intime, du rouge intense (non photographié) au jaune acidulé. La lingerie -originellement produite en lin dans l'Antiquité- se développe en Occident à partir du XVI° siècle et séduit alors par sa blancheur et son éclat, gages de propreté, de respectabilité et de richesse. Portée en dessous des vêtements d'apparat, elle protège et dissimule une anatomie intime alors associée à la luxure.
Dès le XVII°, les dessous vont se faufiler sur les dessus. Le linge de corps immaculé dépasse des poignets de manches et du col de l'habit masculin. Dans les années 1920, arrivent les couleurs chair. Le glamour des années 1950 annonce l'arrivée de couleurs vives sur les dessous et les dessus, déclinées en une multitude de teintes dès l'apparition de pigments de synthèse dans les années 1970.
Sens Dessus Dessous du 1er mars au 8 juin 2025Cabines de la Mode du Premier étageCommissariat scientifique et régie : Amélie Boron, chargée de la collection ModeA La Piscine – Musée d’art et d’industrie André Diligent23 rue de l'Espérance - 59100 RoubaixFermé le lundi et plusieurs jours fériésL'exposition étant présentée dans les espaces dédiés aux collections permanentes, elle est accessible gratuitement chaque premier dimanche du mois.