Sortie en 1976, Let ‘Em In de Wings est bien plus qu’une chanson entraînante : c’est une ode à l’ouverture et aux relations humaines. Entre références personnelles et figures emblématiques, Paul McCartney fusionne l’intime et l’universel dans un morceau porté par des cuivres chaleureux et une rythmique hypnotique. Toujours populaire, ce titre reste un classique des concerts de McCartney, symbole d’un message d’accueil et de fraternité.
« Let ‘Em In » reste l’une des chansons les plus emblématiques de Wings, un groupe fondé par Paul McCartney après la séparation des Beatles. Enregistrée en 1976 et sortie en single au mois de juin de la même année, cette chanson est bien plus qu’une simple mélodie entraînante. Elle illustre l’approche débridée de McCartney, entre l’intime et l’universel, la légèreté et la profondeur. à travers l’harmonie de ses paroles, la richesse de son instrumentation, et le jeu subtil des membres de Wings, « Let ‘Em In » s’impose comme une œuvre à la fois personnelle et universelle, ancrée dans une époque mais toujours résolument intemporelle.
Sommaire
- Une Chanson Enracinée dans l’Intime
- L’Influence des Expériences Personnelles sur l’Œuvre
- L’Art de la Composition Musicale : Entre Simplicité et Complexité
- Le Succès Commercial et Critique de « Let ‘Em In »
- Une Performance Durable en Concert
- Un Hymne à l’Ouverture et à l’Unité
Une Chanson Enracinée dans l’Intime
« Let ‘Em In » est une invitation, un appel à la porte pour accueillir différents personnages, une idée qui trouve son origine dans la simplicité des rencontres humaines. Dès les premières notes, un carrefour entre l’intime et l’extérieur s’instaure. La chanson s’ouvre par le bruit d’une sonnette de porte, un son qui symbolise l’instabilité, la surprise, l’arrivée inattendue. McCartney ne cache pas l’inspiration personnelle qui nourrit ce morceau : les personnages mentionnés dans les paroles ne sont autres que des figures importantes de son entourage personnel, ainsi que des références aux relations intimes qu’il tissait, tant avec sa famille qu’avec ses amis.
Dans « Let ‘Em In », le nom de chaque personnage est une allusion à des moments et des rencontres qui ont marqué la vie de McCartney. On y retrouve sa tante Gin (ou Jinny, pour l’intimité), son frère Mike, ainsi que son épouse Linda, à travers l’évocation de « Sister Suzie », un surnom affectueux que McCartney avait attribué à Linda en raison de ses aventures musicales avec son groupe « Suzy and the Red Stripes ». La chanson se fait également l’écho de figures historiques et culturelles, comme « Martin Luther », sans doute une référence à Martin Luther King Jr., ou « Phil and Don », les frères Everly, qui étaient des influences musicales notables dans la carrière de McCartney.
Si ces personnages semblent sortir d’une simple narration familiale, le compositeur nous invite à les voir comme des symboles d’ouverture. Dans un monde en constante évolution, la chanson nous montre que l’ouverture d’esprit est essentielle pour accueillir des personnes de tous horizons. McCartney fait la part belle à la diversité dans un cadre pourtant privé, entre la famille, les amis et les figures de la culture pop. En résumant, « Let ‘Em In » semble nous dire que la porte de l’intimité est toujours prête à s’ouvrir à ceux qui en ont besoin.
L’Influence des Expériences Personnelles sur l’Œuvre
Paul McCartney a toujours eu la capacité de transposer ses expériences personnelles en musique de manière fluide et créative. Lorsqu’il parle de l’influence de la culture jamaïcaine sur son travail, cela se ressent dans la manière dont il a injecté une certaine légèreté et chaleur dans « Let ‘Em In ». Il raconte comment, lors d’un séjour en Jamaïque, Linda, avec ses cheveux blonds, était surnommée « Suzy » par les locaux, un surnom qui allait vite se transformer en nom de groupe pour Linda et son groupe « Suzy and the Red Stripes ». Ce surnom apparaît alors dans la chanson, lui conférant une dimension intime et affectueuse, presque une forme de complicité avec l’auditeur.
Mais « Let ‘Em In » n’est pas seulement une chanson sur les relations familiales et amicales. Il y a également un aspect de jeu avec les mots, presque une mise en scène de la mémoire. McCartney prend un malin plaisir à mélanger réalité et fiction. Par exemple, la figure d’« Uncle Ernie « pourrait rappeler le personnage du même nom joué par Ringo Starr dans l’opéra rockTommydes Who. Mais McCartney s’amuse à brouiller les pistes, à jouer avec les attentes du public, dans un processus créatif qui va bien au-delà de la simple composition musicale.
L’Art de la Composition Musicale : Entre Simplicité et Complexité
Dès le début de « Let ‘Em In », le choix de la sonnette de porte comme introduction donne le ton : simple, mais percutant. Cette simplicité apparentée à une comptine se mêle à une construction musicale soignée, où chaque instrument trouve sa place sans jamais empiéter sur l’autre. Paul McCartney, en tant que compositeur et producteur de la chanson, apporte une touche personnelle à la direction musicale du morceau. Le piano, joué par McCartney lui-même, sert de colonne vertébrale à la mélodie, soutenu par une rythmique solide et des cuivres qui apportent de la richesse à l’ensemble.
Les flûtes, jouées par Howie Casey, Thaddeus Richard, Steve Howard, et Tony Dorsey, ajoutent une texture singulière qui donne à la chanson une couleur jazzy et aérée, contrastant avec l’aspect plutôt rock des autres morceaux de l’albumWings At The Speed of Sound. Cette utilisation subtile des instruments à vent est un choix réfléchi, qui donne à « Let ‘Em In » son caractère particulier. McCartney, toujours à la recherche d’innovation, a su intégrer ces instruments dans un cadre rock sans jamais briser l’harmonie du morceau.
Le mélange des genres et des influences se poursuit avec la section rythmique. Jimmy McCulloch, à la basse, et Joe English, à la batterie, forment un duo solide, qui sert de socle à la composition. La basse groovy de McCulloch est l’un des moteurs de la chanson, appuyée par la batterie dynamique d’English. Ensemble, ils créent une atmosphère à la fois énergique et légère, un équilibre subtil qui fait le charme de ce morceau.
Le Succès Commercial et Critique de « Let ‘Em In »
« Let ‘Em In » est une véritable réussite commerciale, se hissant en deuxième position au Royaume-Uni et en troisième place sur le Billboard Hot 100 aux états-Unis. Sa popularité ne se limite pas aux classements, car la chanson trouve également sa place dans le cœur des fans, devenant un classique des concerts de Wings. Elle incarne parfaitement l’esprit de l’albumWings At The Speed of Sound, qui, bien que salué pour son accessibilité, contient des morceaux où McCartney laisse parler sa créativité sans contrainte.
La chanson a été récompensée par une nomination aux Grammy Awards en 1976 dans la catégorie « Meilleur arrangement », bien que le prix ait été attribué à « If You Leave Me Now » de Chicago. Ce prix n’a cependant pas terni la réussite de « Let ‘Em In », qui continue à captiver les auditeurs grâce à son caractère entraînant et son message ouvert.
à travers les décennies, « Let ‘Em In » a trouvé sa place sur plusieurs compilations de McCartney, commeWings Greatest,All The Best!,Wingspan: Hits and History, etPure McCartney. Elle reste l’une des chansons les plus emblématiques du répertoire de Wings et continue de résonner auprès des générations successives de fans.
Une Performance Durable en Concert
Si la chanson a connu un immense succès sur disque, elle n’a pas manqué de marquer les concerts de McCartney. Lors de la tournéeWings Over The Worlden 1976, « Let ‘Em In » était régulièrement jouée, offrant au public un moment de pure énergie et de communion avec le groupe. La performance au Forum de Los Angeles en juin 1976 a même été immortalisée sur le disqueWings Over America.
McCartney a continué à interpréter ce morceau lors de ses tournées solo, notamment lors de laWorld Tourde 1989-1990, avec un enregistrement de Tokyo en mars 1990, ainsi que sur les tournéesDriving World(2002) etBack in the World(2003). Ces interprétations live ont permis à « Let ‘Em In » de rester un pilier du répertoire de McCartney et de Wings, offrant aux fans un clin d’œil constant au passé tout en intégrant la chanson dans de nouveaux formats sonores.
Plus récemment, McCartney a encore joué cette chanson lors de ses tournéesGood Evening Europe(2009),Up And Coming(2010-2011),On The Run(2011-2012), etOut There(2013-2015), témoignant de la longévité de cette composition dans son répertoire. Chaque interprétation donne une nouvelle vie à la chanson, montrant que « Let ‘Em In » est bien plus qu’un simple tube des années 70 : c’est une chanson d’accueil, d’ouverture, un hymne à l’amitié et à la réunion.
Un Hymne à l’Ouverture et à l’Unité
à travers « Let ‘Em In », Paul McCartney a réussi à allier légèreté et profondeur, accueil et exclusivité. En racontant une histoire de portes qui s’ouvrent à des personnages réels et imaginaires, il propose une réflexion subtile sur l’ouverture d’esprit, la diversité, et les rencontres humaines. La chanson reste un témoignage vibrant de la capacité de McCartney à fusionner des éléments de son vécu personnel avec une musique accessible et mémorable.
Plus de 40 ans après sa sortie, « Let ‘Em In » résonne toujours, non seulement comme un classique de Wings, mais comme une invitation à l’unité, à l’ouverture, à l’accueil de l’autre. Un message aussi pertinent aujourd’hui qu’il l’était en 1976. Et à chaque porte qui s’ouvre, la chanson continue d’accueillir ceux qui ont soif de musique, de partage, et de fraternité.