Lyndon Whittaker, journaliste britannique décédé à 81 ans, restera célèbre pour sa critique de 1962 où il jugeait les Beatles « peu enthousiasmants ». Ce jugement, devenu culte, le suivra toute sa vie, mais il l’a toujours assumé avec humour. Sa carrière, riche et respectée, montre qu’une erreur de jugement peut aussi entrer dans la légende.
Lyndon Whittaker, ancien journaliste du Peterborough Standard, est décédé à l’âge de 81 ans, laissant derrière lui une carrière riche… et une anecdote savoureuse qui continue de faire sourire les passionnés des Beatles.
Sommaire
- Une critique qui fera date
- L’ironie du destin
- De John Lennon à John Major
- Un homme de cœur, au-delà du papier
- Une leçon d’humilité… et de rock’n’roll
Une critique qui fera date
Nous sommes en 1962. À Peterborough, une petite ville du Cambridgeshire, un jeune journaliste couvre un concert au modeste Embassy Club. La tête d’affiche ? Le crooner yodleur Frank Ifield, alors très populaire. En première partie, un groupe encore inconnu, en tournée à ses débuts : The Beatles.
Dans sa chronique du concert, Whittaker signe une critique aussi franche que, rétrospectivement, malavisée :
« Les Beatles ne m’ont pas vraiment enthousiasmé. »
Il qualifie la prestation de Ringo Starr de « beaucoup trop bruyante » et décrit leur version de “Twist and Shout” comme un capharnaüm sonore : « on aurait dit que chacun essayait de faire plus de bruit que les autres. »
L’ironie du destin
Cette phrase, aujourd’hui citée avec tendresse par les fans, symbolise ces moments où l’histoire musicale dépasse l’instantanéité du journalisme. Car quelques mois plus tard à peine, les Beatles allaient déferler sur la Grande-Bretagne, avec un premier single, “Love Me Do”, puis une ascension fulgurante vers la gloire mondiale.
Lyndon Whittaker, lucide et doté d’un humour à toute épreuve, ne renia jamais sa critique, mais il en riait souvent. Sa femme Rosie a un jour confié :
« Lyndon a toujours dit qu’il était plus gêné d’avoir encensé Frank Ifield que d’avoir éreinté les Beatles. »
De John Lennon à John Major
Malgré cette erreur de jugement devenue légendaire, la carrière de Whittaker ne s’est pas arrêtée là. Il a poursuivi un parcours journalistique qui s’étendra sur quatre décennies, devenant un mentor pour de jeunes journalistes et tissant des liens durables avec des figures de la politique britannique – dont un certain John Major, futur Premier ministre, qu’il rencontra alors qu’il n’était encore qu’un jeune député.
En 1969, ironie suprême, Lyndon interviewa John Lennon et Yoko Ono à Amsterdam lors de leur célèbre Bed-In pour la paix. Jamais il ne mentionna sa critique de 1962, preuve d’une discrétion et d’une élégance qu’on lui reconnaît volontiers.
Un homme de cœur, au-delà du papier
Si son nom reste attaché à une bourde critique savoureuse, la vie de Lyndon Whittaker fut tout sauf une erreur de parcours. Passionné de musique, de vin, amoureux de sa famille, il incarnait cette génération de journalistes pour qui les histoires devaient enrichir la vie, pas l’inverse.
Il s’est éteint entouré des siens, en laissant derrière lui une vie pleine de récits, de rires… et d’une anecdote qui aura contribué, à sa manière, à la légende des Fab Four.
Une leçon d’humilité… et de rock’n’roll
L’histoire de Lyndon Whittaker nous rappelle qu’il est parfois bon de se tromper. Car si les Beatles sont devenus immortels, les mots de Lyndon, eux aussi, ont trouvé leur place dans cette immense fresque culturelle qu’ils ont inspirée. Et c’est là toute la beauté des récits humains : même les erreurs peuvent devenir inoubliables.