Les albums qui ont bouleversé Paul McCartney : souvenirs et émotions

Publié le 26 juin 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

Dans sa rubrique You Gave Me The Answer, Paul McCartney a partagé les trois albums qui ont le plus marqué sa vie : Music from Big Pink de The Band, Pet Sounds des Beach Boys et Harvest de Neil Young. Ces disques lui rappellent des moments précis et influencent son parcours artistique. Il confie aussi que jouer ses propres chansons le ramène à des souvenirs doux avec John et George, transformant chaque concert en moment de mémoire et d’émotion.


Les chansons de Paul McCartney accompagnent depuis plus de soixante ans les moments clés de nos vies. Qu’il s’agisse de mariages, de premiers amours, de souvenirs d’enfance, ou encore de liens familiaux indélébiles, il est rare de ne pas associer au moins une mélodie des Beatles, de Wings, ou de la carrière solo de Paul à un souvenir personnel. Mais qu’en est-il pour lui ? Quelles chansons ou quels albums ont marqué la vie de McCartney lui-même ?

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Une question de fan… et une réponse intime

Ce mois-ci, dans sa rubrique You Gave Me The Answer, Paul a répondu à une question posée par Alex, via Facebook :
« Mon partenaire et moi avons récemment discuté des albums et chansons qui ont accompagné les différentes périodes de notre vie. Y en a-t-il qui vous ramènent à des moments précis de la vôtre ? Et interpréter vos propres chansons vous évoque-t-il aussi des souvenirs personnels ? »

Paul répond sans détour, évoquant trois albums-clés qui ont marqué son parcours, non en tant que musicien, mais en tant qu’auditeur :
“Music from Big Pink” de The Band,
“Pet Sounds” des Beach Boys,
et “Harvest” de Neil Young.
« Ce sont trois classiques que j’adore écouter », confie-t-il, « et chacun d’eux me rappelle des moments précis de ma vie. »

Music from Big Pink : la rencontre avec la sincérité

Sorti en 1968, Music from Big Pink est le premier album de The Band, groupe initialement connu comme les musiciens accompagnant Bob Dylan. Avec son mélange de rock, country et soul, ce disque a impressionné de nombreux artistes britanniques – dont les Beatles. McCartney y trouve une forme d’authenticité, de sobriété musicale, qui tranche avec les expérimentations psychédéliques de l’époque.

Ce retour à la musique organique, centrée sur les chansons et les voix, a marqué Paul en profondeur, au point d’influencer directement l’esthétique dépouillée du “White Album”.

Pet Sounds : la perfection émotionnelle

Que Paul McCartney cite Pet Sounds comme l’un de ses albums favoris n’a rien de surprenant. Il a déjà affirmé à de nombreuses reprises que “God Only Knows” était « la plus belle chanson jamais écrite ». Sorti en 1966, cet album de Brian Wilson et des Beach Boys a bouleversé Paul par sa richesse harmonique, ses arrangements audacieux et sa profondeur émotionnelle.

C’est en écoutant Pet Sounds que Paul se rend compte que la pop peut aussi être une forme d’art profond et introspectif, et c’est sans doute ce qui le poussera à vouloir rivaliser avec Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band.

Harvest : la douceur folk de Neil Young

Le troisième disque cité, Harvest (1972), révèle l’attachement de McCartney à des ambiances plus introspectives et mélancoliques. Neil Young y exprime une vulnérabilité brute, à travers des titres comme “Heart of Gold” ou “The Needle and the Damage Done”. Ce disque correspond aussi à une période où McCartney cherche à redéfinir son identité musicale post-Beatles, ce qui explique l’affection particulière qu’il lui porte.

Jouer ses propres chansons : une machine à souvenirs

Mais la question d’Alex ne s’arrêtait pas là. Il interroge aussi la façon dont Paul perçoit ses propres chansons, des décennies après leur enregistrement. Là encore, McCartney se montre touchant :
« Le plus beau, c’est que ces chansons me rappellent souvent le moment où je les ai enregistrées. Et cela inclut très souvent des souvenirs avec John et George en studio – des souvenirs doux. »

Chaque performance devient alors un voyage dans le passé, un pont invisible entre la nostalgie et le présent, entre les amis disparus et la foule d’aujourd’hui. En chantant “Here Today”, il pense à John. En entonnant “Something”, c’est George qui revient à ses côtés. Et ainsi, la scène devient un lieu de mémoire autant que de célébration.

Une vie marquée par la musique… des autres

Si l’on associe instinctivement Paul McCartney à ses propres compositions, il est émouvant de constater que lui aussi, comme chacun de nous, a été profondément marqué par la musique des autres. Ses choix ne sont pas ceux de la virtuosité pure, mais ceux de la beauté, de la sincérité, et de la mémoire affective.

McCartney n’écoute pas la musique pour se comparer, mais pour se souvenir. Et c’est peut-être cette humilité de l’auditeur, cette capacité à admirer sans rivaliser, qui fait de lui un compositeur aussi universel.