Sir Paul McCartney a présidé, le 29 juillet 2025 au Liverpool Philharmonic Hall, la remise des diplômes de la Liverpool Institute for Performing Arts. Devant 420 étudiants venus de plus de 30 pays, il a célébré l’énergie d’une nouvelle génération et intronisé neuf « Companions », dont l’acteur nord-irlandais James Nesbitt, le réalisateur oscarisé Sam Mendes, l’acteur Adrian Lester et le trio The Wombats, formé à LIPA. Ce titre rare engage ses récipiendaires à transmettre savoir et réseau via masterclasses et mentorats réguliers. Héritière de l’école des Beatles, LIPA affiche aujourd’hui 80 % de diplômés en emploi trois ans après la sortie et injecte 24 millions de livres par an dans l’économie locale, preuve d’un impact culturel et social qui dépasse largement Liverpool.
Mardi 29 juillet 2025, le Liverpool Philharmonic Hall a vibré au rythme des applaudissements lorsque Sir Paul McCartney a remis, comme chaque été, les titres de Companions de la Liverpool Institute for Performing Arts (LIPA). Aux côtés de quatre-cent-vingt diplômés venus de plus de trente pays, le fondateur de l’école a salué « l’énergie et la détermination » d’une nouvelle génération d’artistes avant d’honorer publiquement neuf personnalités qui, par leur parcours et leur engagement, inspirent déjà ces jeunes créateurs
Parmi elles se trouvait l’acteur nord-irlandais James Nesbitt, 60 ans, « honoured » de recevoir son titre des mains de l’ex-Beatle. « Je suis stupéfait par la créativité qui règne ici », a-t-il déclaré en rappelant la scène d’un Oklahoma! revisité, jouée pour lui lors d’une visite préparatoire. Le ton était donné : convivial, exigeant, profondément tourné vers l’avenir.
Sommaire
- James Nesbitt : un parcours multiforme couronné par LIPA
- Le compagnonnage LIPA : un titre prestigieux et rare
- Sam Mendes, Adrian Lester et The Wombats : des talents célébrés
- LIPA : de l’ancienne école des Beatles à l’excellence internationale
- Une pédagogie fondée sur la collaboration
- Paul McCartney, mentor et figure tutélaire
- Une promotion 2025 haute en couleurs
- Impact et rayonnement dans l’industrie culturelle
- Les autres Companions 2025 : diversité des métiers, unité des valeurs
- Héritage beatlesien et modernité assumée
James Nesbitt : un parcours multiforme couronné par LIPA
Né à Ballymena (Irlande du Nord) en 1965, James Nesbitt s’est imposé grâce à la série Cold Feet, mais aussi via des rôles plus sombres – le militant Ivan Cooper dans Bloody Sunday ou encore le Dr Jackman/Mr Hyde dans Jekyll, performance pour laquelle il fut nommé aux Golden Globes. Officier de l’Ordre de l’Empire britannique depuis 2016, l’acteur a su conjuguer cinéma (The Hobbit), télévision (The Missing, Bloodlands) et engagement humanitaire comme ambassadeur de l’UNICEF . Recevoir le compagnonnage de LIPA revient, pour lui, à boucler une boucle : « servir la communauté créative qui m’a tant donné », confiait-il après la cérémonie.
Le compagnonnage LIPA : un titre prestigieux et rare
La notion de Companion remonte aux débuts de l’institut. Chaque année, LIPA distingue un nombre limité de figures dont la « réussite exceptionnelle » s’accompagne d’une contribution directe à l’apprentissage des étudiants . À la différence d’un doctorat honoris causa, ce titre implique des masterclasses, des mentorats et une présence régulière sur le campus. Depuis 1996, moins de deux cents artistes et artisans – de Nile Rodgers à Simon Armitage – ont ainsi rejoint ce cercle très fermé.
Sam Mendes, Adrian Lester et The Wombats : des talents célébrés
Aux côtés de Nesbitt, Sir Sam Mendes – Oscar pour American Beauty, metteur en scène de Skyfall et de 1917 – a été salué pour ses masterclasses régulières à LIPA, durant lesquelles il dissèque la grammaire cinématographique, storyboard à l’appui.
L’acteur Adrian Lester, révélé par la Royal Shakespeare Company puis la série Hustle, a rappelé combien « le théâtre britannique doit se nourrir des nouvelles voix venues de LIPA ».
Quant au trio The Wombats, formé sur les bancs mêmes de l’institut en 2003, leur retour « à la maison » fut ponctué d’un mini-set électrique devant les diplômés, démontrant l’étroite symbiose entre la scène et l’école qui l’a vue naître.
LIPA : de l’ancienne école des Beatles à l’excellence internationale
Fondée en 1996 par Paul McCartney et l’éducateur Mark Featherstone-Witty, LIPA occupe les murs néogothiques de l’ex-Liverpool Institute for Boys – là même où McCartney et George Harrison firent leurs études secondaires – ainsi que ceux du Liverpool College of Art, foulés jadis par John Lennon . Onze ans de levée de fonds, soutenus par le producteur Sir George Martin, auront été nécessaires pour transformer ce bâtiment en centre universitaire de pointe : studios d’enregistrement, salle de spectacle modulable, laboratoire de captation 3D et espaces de résidence ouverts aux artistes du monde entier.
Une pédagogie fondée sur la collaboration
« Learn by doing » : la devise de LIPA se traduit par des projets pluridisciplinaires où acteurs, ingénieurs du son, régisseurs et managers artistiques travaillent dès la première année sur des productions grandeur nature. L’objectif ? Former des créatifs capables de comprendre toutes les composantes d’un spectacle, de la lumière à la billetterie. Ce modèle holistique attire aujourd’hui plus de 1 000 étudiants, dont 25 % de ressortissants hors-Europe.
Paul McCartney, mentor et figure tutélaire
Présent à chaque remise de diplôme, Sir Paul n’hésite pas, entre deux tournées, à superviser des sessions d’écriture ou à répondre sans filtre aux questions des étudiants : « Quand j’avais votre âge, je ne connaissais rien aux contrats d’édition ; assurez-vous de les lire ! » plaisante-t-il régulièrement. Au micro du Philharmonic Hall, il a rappelé que « la musique change des vies » et exhorté les lauréats à « rester curieux, travailler dur et aider les autres à briller »
Une promotion 2025 haute en couleurs
Cette année, le cortège était composé d’étudiants originaires de Colombie, de Hong Kong, d’Inde, mais aussi d’Irlande, d’Australie ou du Ghana . Parmi eux, la metteuse en scène brésilienne Marina Silva, qui a monté en dernière année une adaptation féministe de Hamlet en réalité augmentée ; ou encore l’ingénieur du son singapourien Wei Chen, récompensé pour une installation immersive mêlant gamelan et synthétiseurs modulaires. Autant de profils qui illustrent la dimension globale d’une école longtemps perçue comme l’écrin des rêves de son illustre fondateur.
Impact et rayonnement dans l’industrie culturelle
À l’heure où le Royaume-Uni revoit ses politiques d’immigration étudiante, LIPA défend un modèle d’école-entreprise : plus de 80 % des diplômés occupent, trois ans après la sortie, un poste rémunéré dans le secteur créatif. Les anciens, de la costumière oscarisée Jenny Beavan aux producteurs d’effets visuels primés aux BAFTA, témoignent régulièrement devant les promotions suivantes, perpétuant un réseau de solidarité essentiel dans un milieu volatil.
Pour Liverpool, l’institut représente également un moteur économique – 24 millions de livres sterling injectés chaque année dans l’économie locale – et culturel, grâce à plus de 300 représentations publiques programmées sur les scènes de la ville.
Les autres Companions 2025 : diversité des métiers, unité des valeurs
Outre les figures déjà mentionnées, Sir Paul a également distingué la directrice Gay Linvill, connue pour son travail sur The Big Bang Theory, ainsi que Sita McIntosh, militante de l’accessibilité et PDG de Go Live Theatre. Le professeur Sean McNamara, responsable du département théâtre de LIPA, et Simon Bobbett, manager des Wombats et diplômé de l’école, complètent la liste. Tous partagent la même philosophie : redonner à la communauté étudiante ce que leur carrière leur a donné.
Héritage beatlesien et modernité assumée
Vingt-neuf ans après son ouverture, LIPA continue de porter la flamme d’un héritage beatlesien fait d’audace et d’ouverture. Pourtant, l’école refuse de rester figée dans la nostalgie : cursus sur le design sonore immersif, modules d’intelligence artificielle appliquée à la composition, partenariats avec des studios de jeux vidéo londoniens. « Nous devons préparer les artistes aux scènes qu’ils n’imaginent pas encore », résume Mark Featherstone-Witty.
Ainsi le compagnonnage remis à James Nesbitt et à ses pairs n’est pas qu’un trophée : c’est l’acte fondateur d’un compagnonnage réel, une main tendue entre générations d’artistes pour que crépitent, demain, d’autres étincelles créatives à Liverpool… et au-delà.
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