Deux ans et demi après l’assassinat du journaliste Martinez Zogo, le procès est entré ce lundi dans le vif du sujet. Au tribunal militaire de Yaoundé, les premiers témoins de l’accusation ont apporté des détails glaçants sur les circonstances de la découverte du corps.
Dans la quête de vérité sur la mort du journaliste camerounais Martinez Zogo, le procès a enfin atteint une étape cruciale hier lundi, 1er septembre 2025. L’affaire, qui a secoué le pays, est entrée dans sa phase de débats sur le fond. Le tribunal militaire de Yaoundé a entendu les deux premiers témoins parmi les 44 que compte l’accusation. Leurs témoignages, poignants et parfois troublants, jettent un premier éclairage sur les circonstances de la découverte macabre du corps du directeur d’Amplitude FM.
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Un témoin et ses incohérences
Le premier à s’être présenté à la barre est un jeune cultivateur, habitant le village d’Ebogo III, près de Yaoundé. C’est lui qui, selon son récit, aurait découvert le corps le 21 janvier 2023, alors qu’il faisait son jogging. Il décrit une scène d’horreur : un corps dévêtu, dans un état de décomposition avancée, gisant dans une carrière. Il a également affirmé avoir remarqué la présence d’un fil de sèche-linge et de traces de roues de voiture à proximité.
Effrayé par sa découverte, il a cherché à alerter les autorités. Son témoignage, bien que largement détaillé, a soulevé quelques incohérences lors du contre-interrogatoire, notamment sur les lieux et les dates. Face à son angoisse, il aurait même fui son village pendant deux jours avant d’être placé en garde à vue « pour sa sécurité », selon ses dires.
Le deuxième témoin, le chef du village d’Ebogo III, a corroboré le récit du jeune cultivateur. Il a déclaré avoir été informé de la découverte le même jour, aux alentours de 19 heures. Il s’est rendu sur les lieux à deux reprises dans la même soirée, une première fois avec ses informateurs, puis une seconde avec des gendarmes et des infirmières. Le corps est resté sur place tou