Une blogueuse sachant bloguer doit pouvoir bloguer sans internet [10]

Publié le 06 septembre 2008 par Zappeuse

Privée de toute connexion internet pendant un temps qui s’annonce long, je stocke les notes dans les tréfonds du disque dur et vous les envoie au hasard de mes nomadisations wi-fi.

Jeudi 4 septembre

Les aventuriers de l’immobilier relisent “Vous plaisantez monsieur Tanner”

Il était une fois un gentil jeune homme qui avait une mission effroyable à accomplir : peindre à la bombe des protections métalliques devant une petite fenêtre. Le gentil jeune homme au look de danseur de hip-hop a réussi, et c’est un exploit, à moucheter tout le mur et tout le sol de la pièce de charmants points noirs, très seyants sur le revêtement immaculé comme la neige quand elle vient de tomber.
Il était une fois un gentil moins jeune homme qui avait une mission bien aussi à accomplir : poser des dalles de carrelage. C’est bien, comme mission, ça demande des qualités d’équilibre. J’aime la fantaisie, le moins jeune homme a du le pressentir : chaque dalle est à une hauteur différente de celles qui la jouxtent. Ça se voit à peine, c’est limite trompe l’œil. Je ne remercierai jamais assez ce moins jeune homme, qui a apporté de la fantaisie dans notre vie en rendant tous les meubles bancals.
Il était une fois un jeune homme un peu ours mais avec queue de cheval qui s’était lancé dans la tonte de notre gazon futur anglais (3 brin d’herbes à ce jour), et qui a mis une conscience professionnelle inégalée à … tondre une dalle en béton. La conscience professionnelle poussée à ce point, c’est un peu comme pour ceux qui repassent leurs chaussettes ou leurs slips : je dis “chapeau”.
Il était encore une autre fois, parce-que nous adorons les contes (qui accessoirement se transforment en comptes, mais c’est une autre histoire), une autre fois, donc, où des messieurs facétieux comme des lutins sous ectasy ont eu pour mission de poncer et peindre un escalier. C’est une mission très dure parce-qu’on peut tomber, rater une marche, … Ces lutins sont donc des gens immensément courageux, que nous remercions pour leur magnifique ouvrage : mon keum et moi-même, voulant admirer le velouté du toucher de la rampe après ponçage, avons récolté chacun une écharde dans la main. Il y a donc au-moins un heureux dans l’affaire : le pharmacien, qui nous vendit une grosse bouteille d’antiseptique. C’est important, d’encourager le petit commerce.
Il était une fois deux aventuriers de l’immobilier qui ont ressorti du carton Vous plaisantez monsieur Tanner, de Jean-Paul Dubois : plus drôle et plus efficace qu’une plaquette d’anxiolytique, et au-moins, ça ne coûte rien à la sécu. D’autant plus qu’à la lecture fort désopilante option fou rire, on se rend compte que nous pourrions subir bien pire : il n’y a pas  chez nous d’électricien transformant le home sweet home en taverne d’artificier et célébrant la messe au milieu du salon, ni de zingueur tentant de réaliser une soudure avec la flamme d’un briquet et lâchant ses sept chiens dans le jardin. Au bout du compte, on l’a échappé belle. A part ça, vous ne connaîtriez pas un plombier ? Parce-que nous l’attendons depuis trois jours …

PS qui n’a rien à voir : nous aurons peut-être le téléphone (et internet) un peu avant 2009. L’espoir fait vivre !