Le Son du Jour #414
Piers Faccini & Ballaké Sissoko
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‘Shadows Are’
Dès les premières notes, la kora de Ballaké effleure l’air comme une brise tiède au milieu du silence. Puis la voix de Faccini entre en scène, grave et caressante, murmurant des mots qui semblent avoir toujours été là, tapis quelque part en nous. Les sons ne s’additionnent pas ici, ils se fondent. Ils se cherchent, se répondent, se comprennent. Une connivence rare, presque sacrée.
Il y a dans « Shadows Are » quelque chose de l’ordre du sortilège. Une lente dérive de l’âme, une suspension du temps. Comme si chaque note, chaque respiration de cordes et de voix dessinait un espace intime, un refuge invisible. Une chanson qui ne parle à personne d’autre qu’à vous. Et pourtant, elle touche chacun, universelle et secrète à la fois.
C’est une musique de l’ombre, mais pas de celles qui effraient. Ici, l’ombre devient douce, refuge, écrin. Elle n’est plus l’opposé de la lumière mais son prolongement, son écho. Un clair-obscur qui enveloppe, rassure, élève.
Alors, oui, face à ce duo si intense, si finement tissé, on ferme les yeux. Non pas pour fuir le monde, mais pour mieux l’embrasser. Mieux l’entendre. Mieux le sentir. Car parfois, il suffit d’une voix et de quelques cordes pour que l’univers entier retrouve un peu de sa beauté première.
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